‹ [Œuvres complètes] (volume 5)Chapitre 9 sur 71 · X INTRODUCTION · texte numérisé non relu

X INTRODUCTION

l'Autre Inconnue. Il en eut du moins l'intention, annoncée dans la lettre qu'il lui écrivait le 3 décembre 1869 :

« Si vous êtes d'humeur patiente, il (lui-même, Mérimée) vous lira une petite drôlerie qu'il a faite pour la dame de Biarritz. Mais il est bien entendu que c'est /jour vous toute seule. Je ne vous donne pas la chose pour trop morale par la forme. Pourvu qu'elle le soit par le fond, c'est l'important. »

Quoiqu'il la lût ainsi à quelques intimes, Mérimée n'était pas fort content de sa nouvelle. Il écrivait le 10 février 1869 à Albert Stapfer, à propos de la Chan^bre bleue et de Lxykis :

« Elles m'ont fort amusé, mais elles ne verront pas le jour. »

Pour Lokis, il se laissa tenter, mais la Chambre bleue ne parut pas de son vivant.

Le reproche qu'il faisait à cette œuvre nous a été rapporté par Othenin d'Haussonville dans la Bévue des Deux Mondes du 15 août 1879 ' :

« Comme M. Emile Augier lui faisait un jour compliment (à Mérimée) d'une petite nouvelle intitulée la Chambre I leue : Il y a cependant un grand défaut, répondit-il, qui tient à ce que j'ai changé le dénoùment; je comptais d'abord donner à mon récit un dénoùment tragique, et, naturellement, j'avais raconté l'histoire sur un ton plaisant; puis j'ai changé d'idée et j'ai terminé par un dénoùment plaisant. Il aurait fallu recommencer et raconter l'histoire sur un ton tragique, mais cela m'a ennuyé et je l'ai laissée là. »

Augustin Filon, qui connaissait bien Mérimée pour 1. Cf. p. 771.

Page 1