‹ [Œuvres complètes]Chapitre 11 sur 135 · INTRODUCTION XV · texte numérisé non relu

INTRODUCTION XV

forcera une notice sur sa vie et la préface où l'on doit parler d'elle ' . ]

« Le soir, chez ma sœur Sophie dont c'était le jour de naissance, nous avons eu avec Edward, Monod et Ugoni une conversation au sujet des pièces de Mérimée. On m'a demandé quel effet je pense que fera la publication de ces ouvrages. J'ai répondu que je m'attendais à ce que la laideur'^ qui y règne serait fort désagréable, malgré le talent de l'écrivain ; que les femmes en particulier seraient fort choquées des peintures qu'on y trouve ; que les journaux sérieux ne sauraient comment s'y prendre pour en parler sans blâme, et qu'en somme totale la peinture du laid, du vice et le mépris pour l'espèce humaine y était présentée avec une affectation et un cynisme qui devait repousser toutes les classes de lecteurs.

« Edward m'a répondu à ces objections que le siècle où nous vivions porte exclusivement à ne reproduire que de semblables peintures, et que tous les jeunes gens en ce moment ne sont frappés que du laid. Quelque bizarre que puisse paraître un tel aveu de la part d'un homme qui est jeune lui-même, il est cependant sincère, et je le consigne ici comme un fait curieux pour la connaissance de l'esprit humain, au même moment où tous les hommes

1. Ce passage a été publié dans la Revue rétrospective, janvierjuin 188'.», l. X, p. 68, et par M. Tourneux, ouvr. cité, p. 4. Sur la lithographie faite par Delécluze, cf. Tourneux, ibid., p. 4 et ."i; G. Vicaire, Manuel de l'amateur de livres du XIX' siècle, Paris, A. Rouquettc, in-8*, 1904, t. V, col. 701-702, qui reproduit les curieux renseignements donnés par Asselineau {Bibliographie romantique, Paris, Rouquette, in-8», 1872, p. 21) et surtout par Clément de Ris [Bulletin du Bibliophile, année 1875, p. 576-577).

2. C'est Delécluze qui souligne le mut à différentes reprises.

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