‹ [Œuvres complètes]Chapitre 123 sur 135 · OU LE TRIOMPHE DU PRÉJUGÉ · texte numérisé non relu

OU LE TRIOMPHE DU PRÉJUGÉ

— , ligne 5. — Que si de los zuecos... : « Si, au lieu de sabots, vous lui donnez des escarpins, la jeune fille ne se reconnaîtra plus, et, à chaque pas, elle tombera dans mille fautes. » La phrase esl empruntée au livre V (ch. v) de la deuxième partie de Don Quichotte (trad. Filleau de Saint- Martin, t. III, p. 53, où le passage en question y est paraphrasé plutôt que traduit).

Si la pièce de Mérimée offre quelques similitudes avec Las Très Justicias en una de Galderon (J. I, se. 1), avec la Comedia jamosa de la Prueba de los Ingénias (intitulée La Fausse Ingénue par le traducteur Baret) de Lope de Vega (type de Diane, mais Diane reste campagnarde par ruse), avec Las Paredes Oyen d'Alarcon (type de doiîa Ana de Contrevas), c'est surtout à Cervantes que Mérimée est redevable. Il continue à mettre à la scène le ch. v de la II® partie de Don Quichotte. Dans Inès Mendo ou le Préjugé vaincu, il semblait donner raison à Sancho ; dans Inès Mendo ou le Triompfie du Préjugé, il ne donne que trop cruellement raison à Thérèse. « J'ai bien peur que ces comtés ne soient la perdition de votre fille... », disait celle-ci à Sancho (part. II, ch. v, 1. V, p. 55).

Page 224, ligne 11. — La scène est... : On voit que Mérimée ne craint pas de violer l'unité de lieu.

Page 225, ligne 9. — Le vin de la Rioja... : Les dramaturges espagnols, Galderon surtout, aiment à citer des proverbes populaires et souvent leurs pièces ont pour titre un proverbe.

— , ligne 11. — J^ enrage... : Cette scène est le commentaire des paroles de Thérèse, femme de Sancho. « Vraiment

Clara Gazul 81

ce serait une jolie chose que nous allassions marier notre fille avec quelque baron, qui, quand il lui en prendrait fantaisie, lui chanterait pouille en l'appelant paysanne, fille de pitaud et de meneurs de cochons... » (Don Quichotte, part. II, 1. V, ch. v. Trad, Filleau de Saint-Martin, t. III, p. 53).

Page 226, ligne 17. — ... tu leur donnais, de ton côté, ample sujet de rire... : Cf. Cervantes, Don Quichotte, part. II, 1. V, ch. V, p. 56. « Si Dieu me garde mes cinq ou six sens de nature, je m'empêcherai bien de leur donner à jaser ; oui, par ma foi, je m'en empêcherai bien » (Thérèse à Sancho).

Page 227, ligne 8. — «... il nous faut prendre nos grands airs... » .• Cf. Cervantes, Don Quichotte, ibid. « Voyez, voyez comme elle fait la glorieuse, la gardeuse de pourceaux !... et elle fait la suffisante... » (Ibid.).

Page 232, ligne 14. — ... vers le Portugal : L'action se déroule on 1640.

Page 233, ligne 3. — ... en fait de mariage, il faut toujours cfiercher V égalité des conditions... : Cf. Cervantes, Don Quichotte, part. II, 1. V, ch. v, p. 55. « Voyez- vous, mon ami, j'ai toujours aimé l'égalité... » (Thérèse à Sancho). — Alarcon, La Prueba de las Promesas : Don Juan fait comprendre à Blanca qu'elle ne peut épouser un grand d'Espagne, un marquis de Tarifa.

— , ligne 7. — Quand le sort nous a fait naître... : Cf. Cervantes, Don Quichotte, ibid., p. 54.

— , ligne 10. — Il faut rester là... : Ibid., p. 53. Mendo parle exactement comme la femme de Sancho.

Page 237, ligne 11. — Avis : ville du Portugal, dans la province d'AIentejo.

Page 238, ligne 9. — Je ne sais quelle conspiration portugaise... : Toute cette partie historique concernant le duc de Lerma, Olivarès, Philippe IV, Joan de Braganza et la révolution de Portugal est exacte. En dehors des historiens officiels, comme De Valdory (Anecdotes du ministère du comte-duc d'Olivarès... Paris, Musier et Barois, 1722, iu-12), Verlot (Histoire des révolutions de Portugal. Paris,

NOTES ET ÉCLAIUCISSEMENTS 483

K. Ditlot, 181G, in-12), A. Habbe (Résumé de l'histoire de Portugal. Paris, Lecointe et Durey, 1824, 2^ éd., in-18), Mérimée se rappelle la pièce célèbre de N. Lemercier, Pinto ou la Journée d'une conspiration, comédie historique en cinq actes et en prose.

Page 238, ligne 14. — ... à Ségovie : Cf. Lesage, Gil Bios, 1. VIII, ch. III et VI ; 1. IX, ch-. iii, iv, vu, viii ; 1. X, ch. Il, XII ; 1. XI, ch. ii. iv, xiii.

Page 242, ligne 21. — Il faut naître duchesse pour avoir de belles mains... : Cf. Byron, Don Juan, ch. iv, str. 65, trad. Pichot, t. V, p. 182 ; ch. v, str. 106, ibid., p. 236, et les notes. — A. Pichot, Essai sur la vie, le caractère et le génie de Byron (trad. des Œuvres complètes de Byron. Fume, 1836, t. I, p. 171). — Th. Gautier, Les Jeunes- France. Onuphrius, p. 61.

Page 245, ligne 28. — ... traiter la justice avec plus de respect. . .: Cette scène entre Don Esteban et le Corrégidor rappelle la troisième journée de El Alcalde de Zalamea de Calderon (cf. se. 4, y, 13, 15, 17).

Page 246, ligne 18. — ... des coups de plald'épée : Mérimée renvoie lui-même (note 8) à Cervantes. Cf. Rinconete y Cortadillo (trad. Viardot, p. 45, § 2, p. 72). — Calderon, Dar Tienipo al Tiempo, J. I, se. 20 : « ... esta noche Ha habido mil cuchilladas. »

Page 247, ligne 13. — Tristan, iMncelot, Amadis... : Mérimée songe évidemment à Don Quichotte. 11 utilisera les mêmes héros des romans de chevalerie dans la Jacquerie.

Page 255, ligne 6. — A Joan de Braganza : Cf. De Valdory, ouvr. cité, p. 339.

— , ligne 16. — Don Rodrigo Saaet Fernand Menezes ont jeté Vasconcelhos par la fenêtre... : Cf. Histoire du royaume de Portugal depuis l'origine de ce royaume jusqu'en 1760 (Paris, Moulard, 1785, in-8o, p. 437). — Vertot, ouvr. cité, p. 93. — En réalité, Menezes s'appelait Antoine et non Fernand, et il ne frappa pas Vasconcelhos. — Cf. De Valdory, ouvr. cité, p. 337. — A. Rabbe, ouvr. cité, p. 283.

— , ligne 25. — ...le roi don Sébastien : Cf. De Valdory, ouvr.

cité, p. 298. — Vertot, Ibid., p. 27. — Histoire du royaume de Portugal..., p. 372-373 et p. 687 (note XXXVI). — Mais il a suffi sans doute à Mérimée de trouver cette légende dans le Romancero General (éd. A. Duran, 1851, t. II, p. 222-223, no 1246) et dans les Romances historiques, traduites de Vespagnol, par Abel Hugo (cf. Romancero de Sébastien de Portugal, p. 281-289 et p. 294, note 2). Il reviendra sur cette question de mort mystérieuse dans l'article sur les Mémoires contemporains relatifs au faux Démétrius, par Oustrialof [Journal des Savants, février 1852, p. 93). Son ami d'Antas publiera, en 1865, une étude sur le Faux Don Sébastien.

Page 256, ligne 20. — Don César de Belmonte : Aucun personnage de ce nom ne dirigea le siège d'Avis. Mais il existe dans la province de la Manche un château de Belmonte que Mérimée visitera plus tard (cf. Une correspondance inédite, p. 246. — Lettres à une Inconnue, t. II, p. 76. — Lettres [de Mérimée] à Viollet-le-Duc. Paris, Champion, in-8°, 1927, p. 55 : lettre du 23 novembre 1859.

Page 257, ligne 3. — Les garnisons espagnoles se retirent... : La révolution ne dura qu'une huitaine de jours.

Page 261, ligne 21. — ... Vhonneur espagnol... : Thème fréquent chez les dramaturges espagnols. Cf. en particulier Lope de Vega, La Fuerza la^timosa (trad. Baret, p. 157- 166). — Calderon (dans la traduction des chefs-d'œuvre des théâtres étrangers : Le Peintre de son déshonneur. — Le Dernier duel en Espagne, p. 361. — Louis Perez de Galice, p. 135, 157, 160, 184, 195, 200. — Il ne faut pas toujours caver au pire, p. 236, 282, 284, 312-313, 322, 325, 333. — Le Siège de V Alpujarra (Amar despues de la muerte), p. 375-376, 378-379, 381-382, 384-385, 391-393, 397, 410). — Cf., en outre, Mejor esta que estaba (éd. Hartzenbusch, 1851), J. II, se. 41. — Peor esta que estaba (trad. Damas- Hinard), J. I, se. 1. — El Medico de su honra (trad. A. de La Tour), J. I, p. 88. — A secreto agravio sécréta venganza (Ibid.), J. I, se. 3 ; J. III, se. 6 (monologue de Don Lope...). — La Vida es Sueno (Ibid.), J. I, se. 4, etc., etc.

Page 262, ligne 11. — Le devoir doit remporter sur Vatnour : C'est le thème de Las Mocedades del Cid de Guillen de Castro.

Page 263, ligne 16. — Nous vivrons heureux loin des tijrans espagnols : Cf. N. Lemercicr, Pinto, A. IV, se. 2. — De Valdory, ouvr. cité, p. 297-298.

Page 264, ligne 16. — Beira : province au nord de l'Alentejo.

Page 265, ligne 2. — Notre Dame del Pilar : Cf. Mes Réminiscences de l'Espagne, esquisse rapide des mœurs et usages de ces contrées célèbres..., par le Petit Diable boiteux de la Vieille Castille (Paris, C. Chantpie, 1823, in-8o), p. 27 : image révérée de la Vierge del Pilar.

Page 266, ligne 1. — ... je pourrais te venger : Autre thème exploité par les dramaturges espagnols. Cf. Lope de Vega (trad. Baret, Mudarra le Bâtard, J. I, se. 4 ; J. II, se. 9). — Calderon (trad. de La Tour, A secreto agravio sécréta venganza, J. III, se. 8), etc..

Page 267, ligne 22. — Elvas : Petite ville située entre Avis et Badajoz.

Page 268, ligne 23. — Jaloux incorrigible : Thème du théâtre espagnol que Mérimée reprendra dans l'Occasion (cf. trad. des Chefs-d'œuvre des théâtres étrangers : Calderon, Luis Perez el Gallego, J. I, se. 1). — Calderon, Peor esta que estaba (trad. Damas-Hinard, J. I, se. 1, p. 255), etc.

Page 269, ligne 20. — Que je ne sois pas chevalier si les paysans... : Cf. N. Lemercier, Pinto, A. I, se. 13.

Page 271, ligne 22. — Tout VAlentejo est en armes : Cf. De Valdory, ouvr. cité, p. 343. — Histoire du royaume de Portugal..., p. 439. — Vertot, ouvr. cité, p. 108.

Page 274, ligne 13. — Note 6 : Sur le mot jornada, cf. Calderon, El postrer duelo de Espana, J. III, se. 1 (Chefsd'œuvre des théâtres étrangers. Le Dernier duel en Espagne, p. 397 et note 13). — Lope de Vega, El nuevo mundo descubierto por Christobal Colon (trad. Damas-Hinard, t I.

p, 219). — L'action de El Alcalde de Zalamea dure plus de vingt-quatre heures (cf. J. II, se. 4 ; J. III, se. 1) ; celle de Dar Tiempo al Tiempo commence le soir, se déroule pendant la nuit et continue le lendemain matin, à l'aube (cf. éd. E. Hartzenbusch. 1849, p. 158, note 6).

Page 274, ligne 20. — Note 7 ; Désinvolture ironique, puisque, en effet, le détail est emprunté à Byron.

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