‹ [Œuvres complètes]Chapitre 124 sur 135 · LE CIEL ET L'ENFER · texte numérisé non relu

LE CIEL ET L'ENFER

Page 275, ligne 3. — Sin zelos... : « Sans jalousie l'amour est comme un corps sans âme. » Ces vers sont empruntés à Luis Ferez el Gallego de Calderon (J. I, se. 3, tirade de Don Manuel. Cf. trad. de La Tour, t. II, p. 259).

— , ligne 6. — Aimas atravesadas ! Anies endiablées! L'expression est empruntée à Mes Réminiscences de l'Espagne..., par le Petit Diable boiteux de la Vieille CastiUe [ouvr. cité, p. 28). « Les femmes de Valence qui, d'après le sobriquet qui leur est appliqué dans toute la Péninsule, ont Valma atravesada (l'âme endiablée), portent presque toutes un poignard passé dans une de leurs jarretières... » M. Martinenche avait déjà signalé quelques emprunts faits par les romantiques à ce livre (cf. VEspagne et le Romantisme français. Paris, Hachette, 1922, in-12, p. 39 à 41). Je me borne à les préciser et à les compléter en ce qui concerne Mérimée.

Page 277, ligne 1. — Doi'ia Urraca : Cf. Romancero General, t. I, p. 502, pièce 770; t. II, p. 202, pièce 1214. — Moratin, El Baron. — Pour peindre le caractère de doiia Urraca, Mérimée s'inspire de la Mojigata de Moratin ; dona Clara, dont il a analysé le caractère dans l'article du Globe du 25 novembre 1824 (p. 149), est le prototype de son héroïne : étalage de religion, galanterie, hypocrisie...; à travers Moratin, qui s'inspire de Tartufe, Mérimée rejoint une fois de plus Molière.

Page 280, ligne 11. — Corps du Christ.'... Cf. Alarcon, Mudarse por Mejorarse, J. III, se. 9 (trad. A. de La Tour, p. 165). Mérimée croit devoir traduire dans la note 1 ce juron si fréquent en Espagne.

Page 281, ligne 3. — ... cette chanson mondaine... : Elle paraît être de l'invention de Mérimée.

Page 285, ligne 29. — Oui. J'en ai, par mégarde, avalé une... : Réminiscence de Tartufe, A. I, se. 4, v. 309-310.

Page 288, ligne 1. — // court un pamphlet... : L'Inquisition poursuivait, en effet, les livres.

Page 290, ligne 14. — ... petaca (1842) : porte-cigares.

— , ligne 21 . — ...je lis d'abord les offices, et puis le Kempis.. . : Dona Urraca imite la dona Clara de la Mojigata de Moratin. « Dona Clara vit retirée, lit Kempis, dit continuellement son chapelet... » (Le Globe, article du 25 novembre 1824 sur Moratin, p. 149.)

— , ligne 21. — ...la Fleur des Saints : Le titre exact est Les Fleurs des vies des Saints et des Fêtes de toute Vannée, par le jésuite espagnol Ribadeneira. Cf. Tartufe (A. I, se. 2, V. 208). — U Araucana, poème épique d'Ercilla.

Page 294, ligne 1. — ... un san-benito... : Cf. le Prologue de Une Femme est un Diable ; le sam-benito est l'écriteau que portaient les condamnés. Cette phrase évoque la scène de Gil Bios, 1. XII, ch. I (Paris, J.-J. Dubochet, 1846, gr. in-80, p. 588).

Page 295, ligne 9. — Les femmes et Vargent entrent partout : Cf. « L'amour et l'or entrent partout » (N. Lemercier, Pinto, A. II, se. 14, réplique de Lopez).

Page 296, ligne 1. — ... on me pend... : L'Inquisition brûlait et ne pendait pas. Cf. la réplique suivante de dona Urraca (... le feu à ton bûcher). La contradiction semble avoir échappé à Mérimée.

Page 298, ligne 20. — Qui n'est pas jaloux... (1842) : Cf. les vers de Calderon mis en épigraphe. Sur le thème de la jalousie dans le théâtre espagnol, cf. l'Occasion.

Page 299, ligne 15. — J'ai un poignard dans ma jarretière... : Mérimée reproduira ce détail dans les Mécontents, 1810, scène 11 (éd. Csdmann-Lévy, p. 214). Il l'emprunte aux Réminiscences de l'Espagne... du Petit Diable boiteux de la Vieille Castille (p. 28. « Les femmes de Valence... portent

presque toutes un poignard passé dans une de leurs jarretières » ; c'est « l'éventail de ces dames », ajoute l'auteur). Cf. A. Morel-Fatio, El puftal en la liga (Revue de littérature comparée, octobre-décembre 1921, p. 473-483). — Le détail sera repris par A. Dumas, Don Juan de Marana, A. III, se. 4, et Balzac, Un grand homme de province à Paris (éd. M. Lévy, 1867, gr. in-S», t. VI, p. 34).

Page 300, ligne 19. — Dona Urraca, le frappant... : Même scène dans la Moza de Càntaro de Lope de Vega (J. I, se. 4) : dofia Maria poignarde dans la prison Don Diego qui a giflé son père. — II est rare qu'une pièce espagnole ne se termine par un ou par plusieurs meurtres (cf. Calderon, El Alcalde de Zalamea : Crespo tue le capitaine. — Luis Ferez el Gallego : deux meurtres. — Amar despues de la muerte : quatre meurtres...).

— , ligne 19. — C^est là qu'on frappe le taureau : Les métaphores empruntées aux courses de taureaux abondent dans le théâtre espagnol (cf. Alarcon, La Verdad Sospecha, J. I, se. 2, trad. Royer, p. 29. — Mudarse por Mejorarse, J. II, se. 11, trad. de La Tour, p, 140... — Ramon de la Cruz, La Petra y la Juana, trad. de La Tour, p. 1 1 1 . — Los Fastidiosos, ibid., p. 130...).

L'OCCASION

Page 303, ligne 3. — « Que esa pena... » .• « Sache-le, cette peine, cette douleur, plus que de la tristesse, c'est de la fureur, et plus que de la fureur, la mort. » Ces vers sont adressés par Sirène à Mariene dans la pièce de Calderon intitulée El May or Monstruo, los celos (J. III, se. 11, début). On peut en rapprocher les paroles du capitaine dans El Alcalde de Zalamea. « Ce feu, cette passion, ce n'est pas seulement de l'amour, c'est de l'entêtement, c'est de la colère, c'est de la rage, c'est de la fureur... » (J. II, se. 2).

Page 304, ligne 1. — Les noms des personnages et leurs surnoms sont presque tous empruntés à Moratin ; Cf. El si de las Ninas : doiia Francisca — dona Irène — Rita... — La Cantedia Nueva (El Café) : Mariquita.

Page 305, ligne 1. — L'Occasion : Pour cette étude de la jalousie, les modèles ne manquaient point à Mérimée dans le théâtre espagnol. Cf. Calderon, El Mayor nionstruo los celos (type de Hérode). — El Médico de su honra (type de Don Guttiere). — A secreto agravio, sécréta venganza (type de Don Lope d'Almeida). — Luis Ferez el Gallego, etc..

— , ligne 5. — La scène est à la Havane : Pour le décor et la couleur locale, Mérimée est certainement redevable au docteur Roulin, mais il est impossible de préciser (cf. Introduction, p. XLIl).

— , ligne 13. — Kempis... : C'était déjà la lecture de doiia Urraca dans le Ciel et l'Enfer. — Pour cette peinture de l'amour au couvent, Mérimée ne manquait pas de modèles au xyiii® siècle (cf. M^^ de Tencin, Mémoires du comte de Comminges, en particulier la Préface et p. 141. — Le Siège de Calais, p. 243, 262, 265-266. 302, éd. A. Quantin, 1885, in-8°. — Diderot, La Religieuse. — Restif de la Bretonne, La Religieuse par force (les Contemporaines mêlées), éd. J. Assézat. Paris, Charpentier, s. d., in-12, t. I, p. 331...).

Page 307, ligne 25. — a Le Français amoureux. .. » : Chanson qui semble avoir été faite par Mérimée.

Page 314, ligne 22. — Et à quinzeans... : Cf. l'amourdedoîïa Francisca dans El si de las Ninas de Moratin (J. Il,, se. 1 et 2).

Page 317, ligne 8. — Madame la Supérieure m'attend pour prendre le chocolat... : Cf. Moratin, El si de las Ninas (J. II, se, 5). — El viejo y la Nina (trad. La Beaumelle, A. I, se. 2). — Ramon de la Cruz, Los Fastidiosos.

Page 320, ligne 5. — Quel péché, mon Dieu ! aimer un prêtre.. . : Peut-être Mérimée se rappelle-t-il la Dcvocion de la Cruz de Calderon ; mais chez l'écrivain espagnol la donnée scabreuse est sauvée par la sincérité de la foi catholique.

Pagfe 322, ligne 28. — ... tandis que les dragons d'Amérique. . . Sans doute Mérimée doit-il à Roulin ces détails relatifs

aux costumes. On peut en vérifier l'exactitude dans Boppe, Les Espagnols à la Grande Armée, p. 17. Du milieu du xviii« siècle au début du xix« siècle, les uniformes avaient peu changé.

Page 328, ligne 9. — On comparera utilement cette scène à la scène 4 de l'acte III de // ne faut jurer de rien, à la scène 5 de l'acte II et à la scène 8 de l'acte III de On ne badine pas avec V amour.

Page 334, ligne 14. — Quand, le soir, la Supérieure... : Passage imité de Nodier. Cf. Jean Sbogar (Paris, Dentu. 1894, in-16, p. 122-12.S).

Page 336, ligne 7. — Si tu consentais à te vouer à Dieu... :

Souvenirs d'^faio.

— , ligne 24. — Nous dansions toutes dans ce jardin, et ■ lui, debout... : Les scènes d'amour dans un jardin, au clair de lune, ne manquent pas dans le théâtre espagnol. Cf. Calderon, Peor estù que estaha, J. I, se. 1 (long récit de Florida). — El Alcayde de si mismo, J. II, se. 1. — El Secreto a voces, J. II, se. 2 ; J. III, se. 4. — Mejor esta que estaba, J. III... — Cf. également la Célestine (acte XIX : Mélibée et Calixte) et des scènes semblables dans le Moine de Lewis, p. 45-46, 49, 73... Cette poésie avait déjà passé dans le Cid d' Andalousie de P. Lebrun (A. II, se. 3 ; A. IV, se. 1) et passera dans les comédies de Musset (cf. Il ne faut jurer de rien, A. III, se. 4. — On ne badine pas avec V amour, A. III, se. 3) et dans Hernani, A. V, se. 3.

Page 338, ligne 2. — ... nous baisions les grillages... : Souvenir du Moine de Lewis (cf. ch. vu, p. 234-238).

—, ligne 9. — ... il n'entre que la nuit... : Fray Eugenio est une pâle réplique de VAmbrosio de Lewis (cf. Ambrosio au couvent de Sainte-Glaire, Le Moine, p. 173-177).

— , ligne 24. — Nous voyions la croix du sud... : Cf. Ercilla, U Araucana, ch. xx, oct. 78.

Page 339, ligne 25. — Pour un enlèvement... : Cf. Lewis, Le Moine, p. 177-178, 191.

Page 340, ligne 29. — ... jwur nous mener jusqu'à In Jamaïque... : Ici Mérimée rencontre, inconsciemment sans doute, l'abbé Prévost. « Elle (la comédienne espagnole doiia Cortona) y étoit venue (à Madère), comme elle le confessa secrettement à Gelin, avec un Inquisiteur du Saint-Office, qui avoit conçu à Madrid une violente passion pour elle, et à qui elle s'étoit fait un point d'honneur de faire abandonner son emploi et sa profession pour la suivre » (Le Philosoplie anglais ou Histoire de Monsieur Cleveland... Amsterdam. 1739. in-12, t. VII. p. 36).

Page 342, ligne 25. — Qui Vaurait pu penser... : Ce monologue rappelle celui de Belise qui hésite à se donner la mort (cf. Las Bizarrias de Belisa, J. II, se. 1, trad. B. Baret, t. II, p. 35), mais la situation est moins dramatique chez Lope de Vega. — Le ton de dofia Maria rappelle plutôt le ton des héros de Shakespeare.

Page 343, ligne 25. — ... avec le courage d'un Rotnain : Cf. Lope de Vega, Im Estrella de SeviUa, J. III, se. 4 (trad. Baret, t. I, p. 55. réplique de don Arias).

Page 347. ligne 2. — ... et vous êtes hypocrite avec moi... : Fray Eugenio rejoint ici VAmbrosio de Lewis.

Page 350, ligne 15. — Du courage!... : Cf. une scène d'empoisonnement semblable dans le Moine de Lewis, p. 80.

Page 352, ligne 24. — iVe m'en voulez pas trop... : Même désinvolture dans le dénouement de El pintor de su deshonra de Calderon (Chefs-d'œuvre des théâtres étrangers, p. 289, paroles de .leannet).

Page 353, ligne 1. — Note 1 .Effet ordinaire... : Le détail est emprunté à F.-G.-H.-L. Pouqueville. Histoire de la régénération de la Grèce (Paris, Firmin-Didot, 1825, 2« éd., 4 vol. in-8o, t. III, p. 378).

— , ligne 4. — Note 2 : « Mirad... » ; Regardez ces herbes ; elles sont encore foulées aux pieds...

— , ligne 8. — Note 4 .• « Tu te holgaràs... » .• Tu folAtreras avec elle dans un lit acheté avec mon argent.

Page 355, ligne 3. — Saynète... : La forme de la pièce est

imitée des saynètes de Ramon de la Cruz. — , ligne 4. — Tù veràs... : « Tu verras que mes bontés (mes

galanteries) t'apaiseront. » Ces deux vers sont empruntés

à la scène 16 de la 1'^^ Journée de ^Cuales mayor pcrfec-

cion? de Calderon.

Page 356, ligne 2. — Don Andrès de Ribera : D'après la tradition, le vice-roi s'appelait Don Antonio Amat (cf. Max Radiguet, Souvenirs de V Amérique espagnole. Paris, M. Lévy, 1856, in-12, p. 133).

— , ligne 7. — Camila Périchole : Dans la note 5, Mérimée résume l'histoire de cette comédienne de Lima, mais il n'indique pas à qui il l'emprunte. J'ai fait des recherches qui n'ont point abouti à des résultats précis. En 1835, lorsque Théaulon et Deforges publient la Périchole, comédie en un acte, mêlée de chant (Paris, Marchant-Barba, in-8°), ils font précéder leur pièce, dont ils avouent avoir emprunté le sujet à Mérimée, de la notice suivante : Notice sur la Périchole.

(En note : Périchole, la Périchole, sobriquet de théâtre. Le véritable nom de cette comédienne était Léonora Aguirre.)

Voici ce qu'on lit dans VHistoire du Pérou, par don José Pineïros, jésuite portugais, traduite par François Rozet, religieux minime : « Ce jour-là (8 septembre 1761, fête de la Nativité), toute la ville de Lima fut en rumeur. Une nouvelle étrange circulait, en effet, dans les salons ; il ne s'agissait de rien moins que de la conversion de la Périchole, fameuse comédienne du théâtre de Lima et maîtresse déclarée du vice-roi.

« La Périchole était une fille de race indienne, capricieuse, insolente, parpaillotte, fantasque et ne reculant jamais devant une extravagance. Sachant que la solennité religieuse que l'on célébrait remplirait les rues d'une

foule innombrable de fidèles, la fantaisie lui vint d'aller à l'église en carrosse. Il y avait alors peu de voitures à Lima et elles appartenaient toutes à des personnes de la plus haute condition. La Périchole obtint, non sans quelque peine, que le vice-roi, qui l'aimait passionnément, lui fît don d'un carrosse magnifique tout neuf, dans lequel elle se montra par la ville, au grand ébahissement des Liméniens et au grand scandale de la noblesse.

« Tout à coup, elle fut saisie d'un accès de dévotion, et, après avoir joui de son carrosse pendant une heure à peu près, elle en fit don à l'église cathédrale, voulant qu'il servît à transporter rapidement les prêtres qui allaient administrer les secours spirituels aux malades. Elle ajouta de plus une fondation pour l'entretien de cette voiture. Depuis ce temps, le Saint-Sacrement est porté, à Lima, en carrosse, et le nom de la comédienne est en grand honneur. »

J'ai recherché vainement cette Histoire du Pérou; aucun historien portugais du nom de Pineiros ne paraît avoir composé un livre intitulé ainsi. D'ailleurs, cette Notice est assez étrange ; Pineiros est mal orthographié (il faudrait écrire sans doute Pinheïros) ; — la Périchole ne s'appelait pas Léonora Aguirre, mais Mariquita Villegas, et l'erreur est d'autant plus surprenante que, dans la pièce de Mérimée, le nom propre Aguirre est appliqué au capitaine amoureux de la Périchole ; enfin le ton de cette notice, qui est presque mot pour mot une réplique de la note 5 rédigée par Mérimée, fait naître des doutes : certains mots, comme parpaillotte, sonnent faux. On pourrait donc se demander si Théaulon et Desforges, qui n'étaient pas des érudits, n'ont point été les victimes d'une nouvelle mystification : auraient-ils demandé à Mérimée d'où il tenait son sujet et Mérimée les aurait-il sciemment induits en erreur? Simple hypothèse...

Dans un article intitulé Écrivains et voyageurs français au Pérou {Revue de l'Amérique latine, 1®' octobre 1922, p. 104-114). M. Antonio Garland se demande à qui Méri-

niée a oinpiuiité le sujet de sa pièce. 11 écrit : « Quel portrait précis, quelle dévotion sympathique montre Radiguet lorsqu'il parle d'elles (les Liméniennes) (il serait curieux que ce fût lui qui ait suggéré à Mérimée l'argument du Carrosse du Saint-Sacrement, leurs noms étant unis dans cette même époque de la Revue des Deux Mondes) » (p. 111). M. Garland se trompe ; Radiguet est né en 1816, il a visité le Pérou de 1841 à 1845 ; il a publié trois études sur ce pays dans la Revue des Deux Mondes des l^*" juillet 1847, 15 juin et l^"" août 1852, et son livre intitulé Souvenirs de l'Amérique espagnole a paru en 1856, Il n'a donc pu documenter Mérimée en 1829.

Le livre de Max Radiguet (Souvenirs de V Amérique espagnole. Chili. Pérou, Rrésil. Paris, M. Lévy, 1856, in-12) est d'ailleurs fort curieux. L'auteur y parle à plusieurs reprises de « la comédienne Mariquita Villegas, plus populaire sous le nom étrange de la Perricholi » (Avant-Propos, p. xui) : elle réunit, dit-il, les deux éléments du caractère des Liméniennes, la sensualité et la dévotion. Dans le livre 1 1 intitulé Les Théâtres — Les Fêtes populaires.. . , il lui consacre des pages intéressantes. « Quelques mots de cette Perricholi, la Péruvienne la plus populaire après Sainte-Rose, trouvent naturellement leur place dans une esquisse des gens de inedio pelo ' >>, et il raconte son histoire. Mariquita Villegas débute au Goliseo de Lima vers 1760; le vice-roi du Pérou, Don Antonio Amat, sent « fondre aux ardeurs tropicales de sa prunelle les glaces de son âge et [dépose] à ses pieds son cœur, ses trésors et sa fierté d'hidalgo ». Alors, la comédienne adroite se venge sur lui .des outrages dont les Espagnols abreuvent leurs malheureux sujets ; elle humilie le vice-roi, qui, un jour, à bout de patience, la traite de perra *. Mais la colère de Don Antonio Amat tombe vite et, dans sa bouche, le mot injurieux devient un diminutif amoureux, perricholi. La

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