Chienne
NOTES UT ÉCLAIKCISSEMENTS 495
Perricholi se livre alors, en maîtresse absolue, aux pires excentricités ; elle exige du vice-roi un carrosse. Le scandale éclate ; c'est un toUe générai chez la noblesse, car la comédienne n'est qu'une cholita*. L'Inquisition s'en mêle. Finalement, on aboutit à une transaction et la Perricholi obtient un carrosse. Mais, à la vue d'un prêtre qui porte les sacrements à un malade, la comédienne éprouve des remords, se convertit, abandonne son carrosse au prêtre et se retire dans une retraite pieuse. « Elle mourut en 1812 dans la petite maison de l'Alameda Viejo, couverte de bénédictions, emportant des regrets unanimes et laissant des souvenirs chers au peuple liménien » (p. 133- 136). Radiguet n'indique aucune source écrite et présente rhistoire de la Périchole comme une tradition orale. Cette tradition, il l'a recueillie au Pérou ; nul, en effet, à Lima surtout, n'ignore l'histoire de la célèbre comédienne, qui est considérée comme une héroïne nationale ; on y entoure sa maison d'un véritable culte.
Mérimée, entre 1825 et 1829, n'a-t-il pas simplement recueilli cette tradition mi-historique, mi-légendaire? Et cette tradition ne la tiendrait-il pas du docteur Roulin, qui revient de l'Amérique latine? C'est une hypothèse qui me semble plausible ; elle sera confirmée, je l'espère, par le livre que M™« Marguerite Combes prépare sur le docteur Roulin : aussi je crois pouvoir la proposer 2. En attendant, « telle est mon opinion..., et je dirai avec lord Byron en la présentant :
a I only say, suppose this supposition. »
(Don Juan, cant. 1, str. 85.) (Chronique du temps de Charles IX, fin de la Préface.)
En dehors de cette tradition orale et des emprunts faits à Calderon, Mérimée doit moins aux écrivains espagnols qu'aux écrivains français. 11 s'inspire directement de