‹ [Œuvres complètes]Chapitre 19 sur 135 · INTRODUCTION XXIII · texte numérisé non relu

INTRODUCTION XXIII

l'aujçmente ou le diminue à sa fantaisie. Cela peut être fort commode pour les orateurs de salon, mais un écrivain, un poète comique, un observateur entend ordinairement parle monde toutes les espèces, toutes les classes d'hommes, depuis ceux qui possèdent le pouvoir et les richesses jusqu'aux malheureux qui sont le jouet du sort et des hommes. C'est dans cet ensemble où se trouvent confondus et modifiés à l'infini les vertus, la médiocrité et les vices, qu'ils vont chercher les marionnettes qu'ils veulent mettre en scène. C'est le tout réuni que le peintre de la nature appelle le monde et c'est là où il choisit, se-. Ion son goût ou d'après les données du drame qu'il compose, les éléments divers dont il prétend se servir. C'est là enfin ce qu'il appelle le monde.

« Les personnes de la société appellent le monrfe le jargon convenu, les bienséances numérotées comme la friperie d'un théâtre, et toutes ces habitudes, bonnes ou mauvaises, que l'on fait contracter aux gens depuis le couvent et le collège jusqu'à l'entrée dans les salons : mais, en bonne conscience, madame, je ne puis vous ranger au nombre des gens qui jugent des choses d'une manière si superficielle et, bien qu'il entre dans le mérite du poète comique d'opposer le naturel de l'homme à ses habitudes acquises, de faire ressortir la disproportion de sa taille avec l'habit qu'il a la fantaisie de porter, cependant ce qui fait surtout ressortir son talent est la vérité qu'il met dans la peinture de ce qui est vrai, positif, immuable. Quand il joint à ce fond indispensable la peinture des mœurs, des ridicules et des modes mêmes, cela n'en vaut que mieux, mais cette dernière qualité, quand elle est isolée, ne distingue ordinairement que les pro-

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