XXVI INTRODUCTION
ricté a de plus respectable, ce qui en fait la base et le lien : la religion et la dignité conjugale.
« D. — Ah! vous allez bien loin, madame... D'ailleurs il me semble que les poètes comiques et satiriques sont comme les médecins qui doivent connaître tous les maux pour chercher à les guérir.
« M""^ P. — Et quelle guérison croyez-vous que puisse opérer Clara Gazul? Ne pensez-vous pas que les horreurs que ses pièces nous mettent sous les yeux ne sont pas cent fois plus nuisibles que le but moral prétendu qu'on leur trouve ne peut faire de bien? A mon âge, cela dégoûte ; quand on est jeune cela peut corrompre. Le théâtre doit être moral...
« D. — Oui, certainement, dans l'ensemble de ses effets; mais en disant qu'une telle pièce, indépendamment de son but moral, doit offrir des tableaux moraux, vous décidez là une grande question littéraire et peut-être affirmez-vous par là que dans un état de société tel que celui qui règne aujourd'hui en Europe la comédie doit être bannie de nos théâtres.
« M""* P. — Je ne dis pas cela.
« D. — C'est au moins la conclusion rigoureuse de vos observations^. Au surplus peut-être cette vérité est-elle plus près d'être généralement adoptée qu'on ne le croit; et ce besoin que l'on ressent de faire des pièces comme celles de Clara Gazul, c'est-à-dire destinées à être lues parce qu'elles ne peuvent être représentées, peut aider à faire découvrir la divergence du but de la véritable
1. II saute aux yeux en elTet que M"* Pomaret s'inspire de Rousseau.