Acte 111, scène vi
INTRODUCTION XXXlll
l'a peinte, y'eh ai lanl vu de ces femmes qui faisaient ce vil métier, etc.!
« Remarquez bien, madame, que l'hypocrisie est, comme toutes les choses de ce monde, soumise à un perfectionnement graduel. La tartufferie religieuse n'est peut-être pas aussi profondément mise en œuvre que du temps de Louis XIV, mais enfin, relativement aux besoins du siècle où nous sommes, cette branche de [l'jindustrie intellectuelle est assez passablement cultivée. Que si vous vouliez prendre la peine de sonder la tartufferie ;\ la mode, résultat immédiat des événements et des gens au milieu desquels nous vivons, vous verriez que Tartuffe, quoique affublé d'un costume différent de celui que lui a donné Molière, existe toujours parmi nous, ou qu'au moins il a laissé une race nombreuse.
« M"" P. — Vous vous moquez de moi; mais je vous laisse dire. Vous qui parlez toujours du beau, je n'aurais pas cru que vous eussiez tant de pénétration pour découvrir le laid.
« D. — Je défends moins mon goût que je ne plaide la cause des poètes comiques. On veut discuter leurs droits, je les défends.
« M""* P. — Vous êtes plus mordant qu'eux encore en faisant leur apologie. Eux, en peignant des êtres sortis de leur imagination, laissent au moins quelques moyens de contester l'évidence de ce qu'ils avancent comme vrai ; mais vous, vous nommez, cela n'est pas bien.
« I). — Allons, faisons la paix, madame. Mais que voulez-vous? Vous me niez Tartuffe. Je veux vous prouver son existence. Comment le puis-je faire autrement qu'en citant des faits?
Clara Oaxul o