‹ [Œuvres complètes]Chapitre 3 sur 135 · IV INTRODUCTION · texte numérisé non relu

IV INTRODUCTION

riez croire combien il est pénible de relire à tête reposée ce que l'on a fait avec enthousiasme. Ne vous moquez pas de cette expression, car, outre qu'elle est roma/iftg'Me, elle est vraie. Il y a un enthousiasme pour faire Athalie et Othello, et un enthousiasme pour faire Cromwell. Désenthousiasmé donc, je ne découvre plus qu'absurdités, faussetés, ridicule dans ma sublime tragédie. Je vous avouerai à ma honte que je croyais avoir fait quelque chose de plus supportable. Mais je vois maintenant combien je me suis trompé. Un Anglais même ne trouverait dans ma pièce que des peintures de mœurs manquées et n'éprouverait d'autre sentiment pour son auteur que de la pitié.

« D'abord, pour qu'on prenne de l'intérêt à un ouvrage dramatique, il faut qu'il y ait un personnage intéressant. Or, ni Cromwell, ni le Roi, ni Ludlow ne sont intéressans. Cromwell, comme ambitieux, ne plaira à personne. Le Roi, représenté comme ill'était réellement, indignera les royalistes. Et les hommes qui se disent républicains en se laissant sabrer par les gendarmes ne pourront aimer le fanatique et bavard Ludiow. A ce petit défaut (du manque d'intérêt), ajoutez la longueur excessive de l'ouvrage dont je ne m'aperçois que trop en le copiant.

« Ne croyez pas cependant que je sois devenu classique. Dieu m'en préserve! Mes principes romantiques sont encore plus affermis par la société de certains classiques de province avec lesquels je romps régulièrement une lance tous les soirs. De grâce, Monsieur, si Y Athénée, le Journal de Paris et Dante vous laissaient un moment, écrivez-moi quelques lignes pour me remonter le moral. Je sais bien que vous aurez la bonté de m'encourager;

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