INTRODUCTION V
mais vos éloges ne m'aveugleront pas et nie donneront le courage de finir mon ennuyeuse tâche.
« Agréez, mon cher maître, les sincères hommages de votre respectueux élève,
« P. MÉRIMÉE, chez M. Régnier, D. M.
« A Goulommicrs.
« Mes respects à Madame Lingay'. »
Ainsi s'ébauche Crotmvelt. Voici comment s'ébauche le Théâtre de Clara Gazul :
« Goulommiers, 21 septembre 1823.
« Mon cher maître, « Vous n'aimez pas, m'avez-vous dit, les lettres de pure politesse; aussi je ne vous fais pas ces lignes pour vous assurer que je suis toujours votre très reconnaissant élève, mais bien pour vous donner une commission. Savez-vous quelque chose du général espagnol La Romana, lequel étoit à Hambourg au moment où Buonaparte arrêta le roi Ferdinand et s'empara des places qu'il avait obtenues comme sûretés? Je crois me rappeler que ce La Romana fit embarquer la division espagnole qu'il commandait, et la ramena en Espagne, où il fut frotté à plusieurs reprises, ce qui n'empêche pas qu'il n'ait fait
1. M"* Lingay n'est nuire que M"" Romanée, maîtresse de Lingaj. Elle habitait rue Caumartin, et c'est chez elle que, à partir de 1821, Mérimée retrouvait Stendhal (cf. Stendhal, Souvenirs d'égotisme, Paris, Charpentier, in-12, 1884, p. 107). Peut-être le petit jardin de la rue Caumartin, où les trois amis se réunissaient dans les beaux soirs d'été, vit-il éclore les premiers rêves littéraires de Mérimée.
Sur Lingay, cf. Souvenirs d'égolisme, p. 101-109.