‹ [Œuvres complètes]Chapitre 6 sur 135 · VIII INTRODUCTION · texte numérisé non relu

VIII INTRODUCTION

II rentre à Paris en octobre 1823 avec les brouillons de ses manuscrits, et il achève d'abord Cromwell. Quelques mois plus tard, il en fait une lecture mémorable chez E.-J. Delécluze, auprès de qui Stendhal et son futur éditeur Sautelet l'ont introduit. Delécluze a raconté la scène, dans les Souvenirs de soixante années* ; il a dit comment la manière dont Mérimée lut son drame, « manière absolument contraire à celle qui avait été en usage jusque-là » '^, surprit les auditeurs et annonça une petite révolution dramatique que confirmait le drame inspiré, semble-t-il, de Shakespeare^. A la même époque Mérimée termine La Bataille, dont le manuscrit porte la date du 29 avril 1824. Ce manuscrit, nous l'avons, et M. Tourneux l'a re-

1. Cf. Souvenirs de soixante années, p. 222-224. Mais, — détail curieux, — Delécluze ne dit mot de celte lecture dans son Journal, que les Souvenirs de soixante années résument fidèlement. De plus, à la date du 13 mars 1825, Delécluze note dans son Journal : « Prosper Mérimée, le fils du peintre, est venu aujourd'hui chez moi pour la première fois... » Or, la lecture de Cromwell eut lieu en 1924, chez Delécluze (« Un jour, il (Sautelet) vint avec Mérimée... » Souvenirs de soixante années, p. 222). Il y a là une contradiction flagrante. Déjà M. Tourneux l'avait relevée. « La précision de ces détails (Souvenirs de soixante années, p. 223) pourrait faire supposer que Delécluze les empruntait aux cahiers du volumineux Journal qu'il avait certainement sous les jeux en rédigeant ses Souvenirs. 11 n'en est rien, et ce silence est d'autant plus inexplicable qu'il a très expressément noté le jour où ses relations avec Mérimée, rencontré chez M. Slapfer père, devinrent plus intimes » [Prosper Mérimée, comédienne espagnole et chanteur illyrien. L'Age du romantisme, Paris, Monnier, in-4'*, 188", p. 4).

J'ai vérifié dans le Journal, et, pas plus que M. Tourneux, je n'explique ce silence; il doit y avoir confusion de In j>art de Delécluze.

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