‹ [Œuvres complètes]Chapitre 79 sur 135 · SCÈNE II Une salle basse du château · texte numérisé non relu

SCÈNE II Une salle basse du château

MENDO seul.

11 y a toujours quelque chose d'impertinent, même dans la politesse des riches. Cette duchesse s'est moquée de nous, et Don Esteban la regardait plus souvent que sa femme. Ah! je le crains, Inès se repentira d'avoir épousé un seigneur*.

INÈS entrant. Enfin elle est partie, et, à dire le vrai, je ne la regrette pas.

MENDO. Ton mari l'accompagne?

INÈS. Oui, jusqu'au bois d'orangers. Il n'a pas voulu me laisser venir avec lui, sur ma petite mule* blanche. — Savez-vous que je suis bien inquiète?

MENDO. Pourquoi?

INÈS. Il a pris ses pistolets... cependant il n'y a pas de voleurs de ces côtés.

MENDO. Peut-être... est-ce pour rassurer la duchesse.

INÈS. Quels dangers y a-l-il sur la route?

ME^DO. Aucun, je l'espère.

INÈS. Si la justice rattrapait Dona SéraKne?...

INÈS MENDO 253

MLXDo. Il faul du leinps pour venir de Budajoziei.

iNKs. Elle lui attirera malheur, cette femme qui veut donner son confesseur au Roi. Oui, mon papa, elle voulait donner un confesseur au Roi*. Elle l'a dit elle-même, dans une histoire où je n'ai rien compris du tout. — Mon Dieu! pourcjuoi mon mari l'at-il reçue?

.MBNDO. 11 ne pouvait faire autrement. N'a-t-elle pas été son amie?

ixKs. 'Hélas! (on frappe à la porie.i — Mais j'cntcuds du bruit à la grand'porte. Serait-il déjà de retour?

Entrent le corrégidor et beaucoup d'alguazils armi-s.

LE coi«iiK(;iDoii. Salutem ommbus. Nous voici, mais en force cette fois. On ne se rira plus de la justice. Rira bien qui rira le dernier, et nous verrons qui paiera les pots cassés.

INÈS. Que voule»-vous, monsieur?... Que venezvous faire ici?

LE coHKKGiDoit. Rien, que prendre et appréhender au corps un Don Esteban, seigneur de Mendoza, et une Dona Sératine, duchesse de Montalvan. Pas davantage !

MENDO. Que dites-vous, monsieur? cela ne se peut pas.

LE coHKÉGiDon. Laisscz-moî instrumenter. Je sais mon métier, et surtout pas de rébellion, ou je fais tout mettre à feu et à sang.

INÈS. Monsieur... la duchesse... est partie... et mon mari... est parti aussi...

LE coRRBGiDOK. Bah! bah! on ne nous en donne

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pas à garder. Personne n'est sorti par la grand'porle. Ainsi la pie est eneore au nid. ia deux ai^uaziis.) Vous, empêchez que personne ne sorte. (Aux autres.) Suivezmoi, vous autres.

Ils entrent dan» les appartemeng intérieurs.

INÈS. Hélas ! je l'avais bien dit ! c'est cette duchesse qui l'a perdu ! la sainte mère de Dieu ait pitié de lui!

MEM)o. Rassure-toi. Un homme riche se tire toujours d'affaire.

INÈS. Mais où est-il? quand me le rendra-t-on?

MENDO. Ah!... fasse le ciel qu'il soit bientôt de retour !

K>Ès. Vous dites cela comme si vous ne l'espériez pas !

MENDO. Moi!... je l'espère... Il reviendra bientôt.

INÈS. Vous avez dans l'esprit quelque chose que vous n'osez me dire. — Oui, vous savez ou vous soupçonnez quelque grand malheur.

MENDO. Tu te trompes, mon enfant. Rentre, ma fille. Nous ne pouvons faire autre chose que prier le bon Dieu qu'il te conserve ton mari.

INÈS. Hélas! vous m'effrayez horriblement! voilà que mille affreux pressentimens me viennent dans l'esprit.

MENDO. Rentrons. Que faisons-nous ici? ils sortent.

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