‹ [Œuvres complètes]Chapitre 8 sur 135 · XII INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XII INTRODUCTION

[îl y a beaucoup de naturel et de talent dans ce petit ouvrage'.]

« Le défaut de tous ceux qui écrivent des pièces de théâtre sans avoir l'idée précise de les faire représenter est d'aborder toute espèce de vérités et de faire abstraction du laid et du hideux.

« C'est, selon moi, méconnaître l'essence de l'art dramatique que de ne pas toujours supposer, quand on écrit la pièce, que l'auditoire est là. C'est la condition et la convention expresse chez toutes les nations. Il est évident que si on voulait absolument faire jouer les pièces des Nègres de Rémusat^ et les Espagnols de Mérimée, tout en accordant qu'elles sont parfaites dans leur genre, il faudrait faire un choix d'assistants pour les entendre et éloigner presque toutes les femmes et les jeunes gens des deux sexes jusqu'à l'âge de seize ou dix-sept ans. »

Treize jours après cette lecture, Mérimée revient chez Delécluze, et celui-ci écrit dans son Journal :

« Aujourd'hui 27 [mars].

« Ce soir j'avais une réunion chez moi pour faire de nouveau la lecture des pièces de Mérimée. Voici les asassistants. Le Duc, Sautelet et son associé, Albert, T. Massé (?), Bertin l'aîné, Cerclet. Ampère a lu.

« Nous avons entendu trois pièces. Les Espagnols dans l'isle de Fionie, le Paradis et l'Enfer, pièce très [indévote, fort spirituelle] et où les mœurs et les caractères espa-

1. Les passages entre crochets ont été publiés par M. Tourneux, ouur. cité, p. 4.

2. Delécluze oppelle ainsi V Insurrection de Saint-Domingue, drame en cinq actes que Charles de Rémusat lut chez Dubois, le directeur du Globe (cf. Souvenirs de soixante années, p. 268-272).

Page 1