‹ Œuvres complètes, revues sur les éditions originales ... étude sur Diderot et le mouvement philosophique au XVIIIe siècleChapitre 109 sur 116 · CXCIII · texte numérisé non relu

CXCIII

« Nous ayous «umbattü en apparence pour les Fidiciniens, mais en effet pour nous. » Pugnavimus verbo pro Fidicinis, re pra nobis. Autre naïveté des envoyés de la Campanie au sénat, Heureusement on ne lit guère ces Hiyres-là.

GXCIY.

« Plautus, songez à vous; faites cesser les rumeurs; vous avez des ennemis qui se servent de l'apparition de la comète pour vous diffamer; vous ferez bien de vous soustraire à leur calomnie : vos aïeux vous ont laissé des terres en Asie; sérieusement, je crois que vous feriez bien de vous y retirér, vous y jouiriez d'une jeunesse heureuse dans le repos et la sécurité. » Croirait-on que ce discours fût de Néron? Il en est pourtant, Il fallait que ce Rubellius Plautus fût bien de ses amis?, Cela ferait

4. «Falteris enim, Sejane, al to mansurum in sodem ordine putas, et Liviam que C. Canari, mor Druso nupta fuerit, ex ments acturam, af cuin equits roman momet » Tierr. anal. lib. IV, Eap. XL. (N.)

À. « Populum romanum, juvandis soclls, totum torrarum orbem oseupasse. » (N.)

À Lorsqu'on compare c narré avec celui de Tacite, on voit que Diderot = mal pris le sans de eut historien, qui ne dit rion de l'amitié prétendue de Kéron pour Rubellius Plautus. Tout ce qu'on voit daas lo texto de Tacite, et 60 qu'il fait trés- Dies emtcndre sans lo dire expressément, d'est quo Kéron, oflrayé dos présages

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Un souverain, qui aursît quelque confiance dans ces pactes si solennellement jurés, ne serait ni plus ni moins imbécile que celui qui, étranger À nos usages, mettrait quelque valeur à ces très-humbles protestations qui terminent nos lettres,

Si aucun souverain de l'Europe n'oserait tremper ses mains dans le sang d'un ennemi insidieusement attiré, ou dans une conférence, ou dans un repas, exemple dont les histoires sont remplies jusqu'à nos temps, c'est que les mœurs sont changées, Nous sommes moins barbares assurément; en sommes-nous moins perfdes? J'en doute. q

GcCIl.

Aucune nation de l'Europe ne garde plus fidèlement le pacte qu'elle a juré que le Turc, capable toutefois de renouveler de nos jours les anciennes atrocités. On peut dire de nous :

Nil faciet sceloris pla dexters… Sed mala tollet anum vitiato melle elcuta.

ecrit.

« Je n'ignore pas les bruits qui courent; mais je ne veux pas que Silanus soit jugé sur des bruits!, Je vous conjure de négli-

4: Diderot traduit, où plutit paraphrase lei à ss manière un très-boau discours

moins en bien saisir l'esprit; mais il s6 contents d'en traduire les doux Hgnes, et il prend la reste dans sa tète. Co qu'il @it dire à Tibèro n'a remarquable : mais co n'est pas ainsi que cé prince parlo dans Taclte. os6 subatliner ses propres idées k.celles do l'inimitablo auteur des bien sûr de dire mieux que lui; et l'on paut d'autant moins

même três-dificila da dire ausai ban. Voyez Tacrt. Annal. ap. Eux, (N.)— Vouloir qu'en aix lignes qui servent simploment d'amorce Diderot ait eu l'intoation de lutier d'éloquones ave Tacite, etes

fin

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devient tributaire, On la spolie. L'honnête Caton en transporte à Rome les riches dépouilles comme des guenilles; cela est tout à fait à la moderne, excepté le poison. On empoisonne, on ne s'empoisonne plus.

CGVET.

Jeter des haines entre ses ennemis, acharner deux puissances l'une contre l'autre, afin de les afaiblir et de les perdre toutes deux, c'est ce que Drusus fit dans la Germanie, et ce que Tacite! approuve. Et l'on blâmera ce pape, qui fomentait Îa querelle des Colonnes et des Ursins; tantôt favorable, tantôt contraire à l'un et l'autre part; leur fournissant secrètement de l'argent et des armes jusqu'à ce que, réduits à la dernière néces— sité par des succès et des défaites alternatives, il les étouffa sans résistance de leur part et sans fatigue de la sienne!

CCvHI.

Celui qui préfère une belle ligne dans l'histoire à l'invasion

d'une province, pourrait bien n'avoir ni la province, ni la belle ligne.

La raison pour laquelle on erie contre les fermiers en France, est précisément celle pour laquelle on les institue ailleurs.

Cox.

Disgracier ceux à qui l'on aurait des pensions à faire; cela

est toujours facile, cexi.

Tout voir par ses yeux, tenir de la clarté dans ses affaires, et rendre la colonne de la recette la plus longue, et celle de la dépense la plus petite possible; il n'y a point de commerce ni d'empire qui ne prospèrent par ces moyens.

1. Hand leve decus Drusus quenvit, illiciens Germanse ed discordiss. Tac Annal. lb, 1, cap. exit. (N:)

DES SOUVERAINS

CCXVIE.

La liberté d'écrire et de parler impunément, marque ou l'extrême bonté du prince, ou le profond esclavage du peuple ; on ne permet de dire qu'à celui qui ne peut rien,

GOxXVIIT.

Un peuple fier comme le peuple romain, lorsqu'il dégénère, est pire qu'aucun autre; ear toute Ja force qu'il avait dans la vertu, il la porte dans le vice : c'est alors un mélange de bassesse, d'orgueil, d'atrocité, de folie; on ne sait comment le gou- * verner; l'indulgence le rend insolent, la dureté le révolte.

CGGXIX.

Appeler le soldat camarade un jour de bataille, c'est accepter sa part du danger commun ; c'est descendre au rang de s0ldat; c'est élever le soldat nu rang de chef. Ce ne peut être que le mot d'un homme brave, Un lâche n'oserait pas le dire, ou le dirait mal, C'est le mot de Catilina: Vel imperatore, vel milite, me utimini®.

GCXxX.

Après la bataille de Pharsale, Labienus fit courir le bruit que César était grièvement blessé. Aux portes de Mantes, le Mayenne en fit autant, « Mes amis, dit-il, ouvrez-moi, nous avons perdu la bataille; mais le Béarnais est mort, »

GCXxxI.

Salluste a fait l'histoire de toutes les nations dans le peu de lignes qui suivent. « J'ai beaucoup lu, j'ai beaucoup entendu, J'ai beaucoup médité sur ce que la république avait achevé de grand dans la paix et dans la guerre; je me suis interrogé moi même sur les moyens qui avaient conduit à une heureuse fin tant d'entreprises étonnantes, et il m'a été démontré que cette

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