‹ Œuvres complètes, revues sur les éditions originales ... étude sur Diderot et le mouvement philosophique au XVIIIe siècleChapitre 3 sur 116 · DE L'INTERPRÉTATION DE LA. NATURE · texte numérisé non relu

DE L'INTERPRÉTATION DE LA. NATURE

vivantes ne pourraient-elles pas reprendre la vie, après l'avoir perdue, pour la reperdre encore ; et ainsi de suite, à l'infini?

Quand je tourne mes regards sur les travaux des hommes et que je vois des villes bâties de toutes parts, tous les éléments employés, des langues fixes, des peuples policés, des ports construits, les mers traversées, la terre ct les cieux mesurés; le monde me püraît bien vieux: Lorsque je trouve les hommes incertains sur les premiers principes de lu médecine et de l'agriculture, sur les propriétés des substances les plus communes, sur da connaissance des maladies dont ils sont affligés, sur la taille des arbres, sur la forme de la charrue, la terre ne me parait habitée que d'hier. Et si les hommes étaient sages, ils se livreraïient enfin à des recherches relatives à leur bien-être, ct ne répondraient à mes questions futiles que dans mille ans au plus tôt : ou peut-être mtme, considérant sans cesse le peu d'étendue qu'ils orrupent dans l'espace et dans lu durée, ils ne daigneraient Jumuix y répondre.

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