‹ Œuvres complètes, revues sur les éditions originales ... étude sur Diderot et le mouvement philosophique au XVIIIe siècleChapitre 40 sur 116 · CHAPITRE Vis · texte numérisé non relu

CHAPITRE Vis

Donnez-moi la mère de Vauconson!, et je n'en ferai pas davantage le (lüteur automate. Envoyez-moi en exil, ou enfermez-moi dix ans à la Bastille, et je n'en sortirai pas le Paradis perdu® à la main, Tirez-moi de la boutique d'un marchand de

1.» Pour premier rcemple je citerai Vaucanson. Sa dévots mère avait an direc. œury A habitait une eollule À laquelle Ia sallo do l'horloge sarvait d'antichambre… DRE RE 2 mèro plenreit do ropontir.… Cependant, comme dans l'état do sations ladifféreuies, le jeune Vaucanson, regle piller el d'un balancior, veut en connaitre la cause et sa curiosité s'éveillo, ote. » De

2 « Un bwsard de la mâmo espèce allume le géié do Milton. » De l'Homme.

laine‘, enrôlez-moï dans une troupe de comédiens, et je ne + Composerai ni Hamlet, ni le King Lear, ni le Tartuffe, mi la Femmes savantes, et mon grand-père avéc son pfdt à Dieu n'aura dit qu'une sottise®, J'ai été plus amoureux que Corneille”, J'ai fait aussi des vers pour celle que j'aimais; mais je n'ai fais ni le Cid, ni Rodogune. Oui, monsieur Helrétius, on vous objectera que de pareils hasards ne produisent de pareils effets que sur des hommes organisés d'une certaine manière, et vous ne répondrez rien qui vaille à cette objection.

Il en est de ces hasards comme de l'étincelle qui enflamme un tonneau d'esprit-de-vin, où qui s'éteint dans un baquet d'eau.

Page 26.— Le génie ne peut étre que le produit d'une attention forte. (et page 27) Le génie est un produit de hasards.

On conviendra que voilà d'étranges assertions.) Ja me,rongérais les doigts jusqu'au sang que le génie ne me viendrait pas. J'ai béau rêver à tous les hisards heureux qui pourraient me le donner, je n'en devine aucun.

Mais accordons à l’auteur qu'avec une attention forte et concentrée dans un seul objet important, on acquerra du génie. Vous verrez que, de quelque manière qu’on soit organisé, oi est malire de s'appliquer fortement! 11 y a des hommes, et eest le grand nombre, incapables d'aucune longue et vialente contention d'esprit, Ils sont toute leur vie ce que Newton, Helvétius étaient quelquefois. Que faire de ces gens-là? Des commis.

Page ibid. — La seule disposition qu'en naissant l'homme

4. her gens gen lets Là mauvaise condojur no l'oût forcé de quilier son commerce €k sa fût point associé à dos libertins, ni point vo der Paie de M meût point été réduit À se sauver À Londres, À d'engager dans una a comédiens, ot qu'enfin, ennuyé d'être un actour er ii REC, auteur, l'inmeast Shakespeare n'eût jamais été ke célèbre l'Homme.

2. « Le grand-péro de Molière mimait la enmédia, Ît y mena mscremt : fils. Le joune Rene ri da 1e de SP ES = en colère si l'on veut faire de son Bis un comédien. Pldé à Dieu, ré Père, qw'it fé aussi Don acteur que Monrose! Ce mot frappe le prend en dégoût s00 métier, et la France doit son plus gras do cœtio réponse. » De l'Homme. ps

3, « Corneillo nismo, il Ésis des vers pour sa maltresso, compee Miite, puis Cinna, Rodogune, ete, » De l'Homme.

INTITULÉ L'HOMME. 285 SEE rimes ou la faculté de comparer et de com-

ma mmmmenté vidus? Si elle ést variable d'un enfant ou d'un homme à un autre, est-il toujours possible d'en réparer le défaut? S'il artive que cette inégalité se compense à la longue, ce ne peut être que par l'exertice, le travail et des frais qui retardent d'autant les progrès dans la carrière. L'un de ces coursiers aura atteint le but avant que l'autre ait délié ses museles inflexibles et ses jambes raides. Entre ces derniers, combien garderont toujours une allure. lourde et pesante !

Page 27.— Lui-même cependant (Rousseau) est un exemple du pouvoir du hasard. Quel accident particulier le fit entrer dans la carrière de l'éloquence? C'est son secret; je l'ignore.

Moi, je le sais et je vais le. dire. L'Académie de Dijon pro posa pour sujet de prix : Si Les sciences étaient plus nuisibles qu'utiles à la société. J'étais alors au château de Vincennes. Rousseau vint m'y voir, et par occasion me consulter sur le parti qu'il prendrait dans cette question. «Il n'y a pas à balancer, Aui dis-je, vous prendrez le parti que personne ne prendra.

—Vous avez raison, » me répondit-il; et il travailla en consé=

Je laisse là Rousseau, je reviens à Helvétius et je lui dis : Ce n'est plus moi qui suis à Vincennes, c'est le citoyen de G J'arrive. La question qu'il me fit, c'est moi qui la lui fais ; il me répond comme je lui répondis. Et vous croyez que j'aurais passé trois ou quatre mois à étayer de sophismes un mauvais parndoxe; que j'aurais donné à ces sophismes-là toute la couleur qu'il leur donna; et qu'ensuite je me serais fait un système philosophique de ce qui n'avait été d'abord qu'un jeu d'esprit? Credat judæus Apella, non ego.

Rousseau fit ce qu'il devait faire, parce qu'il était lui. Je Eos fait tout autre chose, parce que j'aurais été moi.

1 lorque Helvétius Si le paragraphe de Rousseau par ces mots : Rousseau, ainsi qu'une infinité d'hommes illustres, peut done étre regardé comme un des chefs-d'œuvre du hasard. je Memande siicela peut avoir d'autre sens que le suivant : c'était un baril de poudre à canon ou d'or fulminant qui serait peut-

Ja cuisse et la jambe et la machine entière. Est-ce l'écorchure légère, est-ce le petit bouton ou l'intempérañce continue de cet homme que je regarderai comme la véritable cause de sa mort?

Page 28.— Faut-il, pour défendre son opinion, soutenir que d'homme absohrment brute, l'homme sans art, sans industrie et inférieur à tout sauvage connu, est cependant et plus vertueux et plus heureux que le citoyen policé de Londres et d'Amsterdam? Rousseau le soutient.

Je trouve que Jean-Jacques à bien faiblement attaqué l'état social, Qu'est-ce que l'état social? C'est un pacte qui rapproche, unit et arcboute les uns contre les autres une multitude d'êtres auparavant isolés. Celui qui méditera profondément la nature de l'état sauvage et celle de l'état policé, se convainers bientôt que le premier est nécessairement un état d'innocence et de paix, et l'autre un état de guerre et de crime; bientôt il s'avouera qu'il se commet et qu'il doit se commettre plus de scélératesses de toute espèce, en un jour, dans une des trois grandes capi= tales de l'Europe qu'il ne s'en commet et qu'il ne s'en peut commettre en un siècle dans toutes les hordes sauvages de la terre. Donc l'état sauvage est préférable à l'état policé. Je le nie, M ne suffit pas de m'avoir démontré qu'il y a plus de crimes, il faudrait encore me démontrer qu'il y a moins de bonheur.

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