La citation de Naigoon s'arrête je
La substitution de la déesse Renommée! à la sainte Vierge est une chimère qui ne se réaliserait pas dans mille ans.
La réunion du titre de Summus Pontifez et d'Imperator ne me paraît pas sans conséquence fâcheuse*.
Ce serait un grand mal qu'un médecin füt prêtre; c'en serait peut-être un bien plus grand qu'un prêtre fût roi.
PE du Seigneur sous quelque fitre que ce
Le prêtre (dites-vous) sera toujours en lui subordonné au souverain.
D'où savez-vous cela? Pouvoir s'autoriser du nom de Dieu pour faire le mal, cela est bien commode,
Tenés, monsieur Helvétius, c'est que Dieu est une mauvaise machine dont on ne peut rien faire qui vaille; c’est que l'alliage du mensonge et de la vérité est toujours vicieux, @t qu'il ne faut ni prêtres, ni dieux.
Page 59. OS nana ornée die pains temporelle et de la puissance spirituelle, et toute contradiction entre les préceptes religieux et les préceptes patriotiques disparaitra.
Oui, si le magistrat est toujours un homme de bien. Mais si c'est un fripon, comme c'est le cas ordinaire, il n'en sera que cent fois plus puissant et plus dangereux.
L'auteur termine le chapitre XV par cette conclusion intrépide : que l'inégalité apparente entre l'esprit des divers hommes me peut être regardée comme une preuve de leur inégale aptite à en avoir.
1 me semble que tout infectés des’ mêmes préjugés et soumunis à ls même mauvaise éducation, si l'on aperçoit de l'inégalité entre les esprits c'est à l'inégale aptitude à en avoir qu'il faut Ja rapporter.
Eh — Ici l'auteur me paraît tourmenté de quelque scrupule. Quelle que soit l'éducation nationale, on ne fera pas dit-il) des gens de génie de tous les citoyens.
4. « Chacun honorait dans les bardes los dintributours de la gloire et les prêtres
- su temple de la Menommés.… Quo ches un peuple la raison soit tolérés, elle ue L'Homme.
Page 64. — Pourquoi, malgré le choix des sujets et le meilleur emploi de leurs talents, la société de Jésus at-elle produit si peu de grands hommes? Helvétius en donne plusieurs bonnès raisons; mais la principale, qu'il & omise, c'est qu'ils étaient rapetissés, épuisés, abrutis par douze années de préceplorat : ils employaient à ramper avec des enfants, le temps propre à étendre les ailes du génie.
Page ibid,* — On fait de bons Savoyards tant qu'on veut; pour de grands généraux, de grands ministres, de grands magietrats, c'est autre chose. Quelque stupide qu'on soit, on sait bientôt ramoner une cheminée; on n'apprend pas tout aussi facilement à purger une société de son luxe, de ses préjugés, de ses vices et de ses mauvaises lois. Helvétius fait flèche de tout bois.
? Page 65%. — Je ne sais si le génie se décèle dès l'enfance; pour le caractère, il n'est pas permis d'en donter. Cependant Helvétius attribue indistinctement la création de Fun et de l'autre à l'éducation et au hasard, à l’exelusion de la nature et de l'organisation.
= Je pense qu'un enfant entraîné vers une science où vers un art par un penchant irrésistible qui se décèle dès sor enfance, he sera peut-être que médiocre ; mais je ne doute pains qu'ap= pliqué à toute autre ‘chose, il ne fût mauvais.
"Page 66. — Que d'hommes de génie l'on-doit à des accidents!
Les hommes de génie* sont, ce me semble, bientôt comptés, et les accidents stériles sont innombrables, C'est que les accidents ne produisent rien, pas plus que la pioche du manœuvre qui fouille les mines de Golconde ne produit le diamant qu'elle en fait sortir, .
Qui que tu sois, homme de génie ou stupide, homme de bien ou méchant, renfonce-toi le plus avant que tu pourras dans l'histoire de ta vie, et tu retrouveras toujours à Forigme des événements qui l'ont mené soit au bonheur, soit au malheurs
soit À l'illustration, soit à l'obscurité, quelque circonstance frivole à laquelle tu rapporteras toute ta destinée. Mais sot, sois bien pp farer agde a 2 arrivé su, mépris par un autre chemin. ne
pas qu'abstraction faite de cet incident
cations, tu ne fusses tombé dans: le n mm à ché. Mais homme de génie, tu tignores, si tu penses.que c'est ce hasard qui l'a fait; tout son mérite est de l'avoir produit : il a tiré le rideau qui te dérobait, à toi-même et aux autres, le chef-d'œuvre de la nature. Il ne manque au génie et à la sottise, a de PE chance. L'honnète homme, l'habile homme peut c trop tt; pour l'imbécile et le méchant, ils meurent toujours à
temps.
Page 671, — Jean-Jacques est tellement né pour le sophisme, que la défense de la vérité s'évanouit entre ses mains; on dirait que sa conviction étouffe son talent. Proposez-lui deux moyens dont l'un péremptoire, mais didactique, sentencieux et sec; l'autre précaire, mais propre à mettre en jeu som imagination et la vôtre, à fournir des images intéressantes et fortés, des mouvements violents, des tableaux pathétiques, des expressions figurées, à étonner l'esprit, à émonvoir la cœur, à soulever le flot des passions ; c’est à celui-ci qu'il s'arrêtera. Je le sais par expérience. Il se soucie bien plus d'être éloquen disert que démonstratif, brillant que logicien, de vous que de vous éclairer. Quelque élage qu'Helvétius en fasse, l ne croyait pas qu'un seul de ses ouvrages allt à la postérité c'est ainsi qu'il s'en expliquait avec moi, mais à voix basse; Âl rai gnait les querelles litiéraires, et il avait raisons
Page 69%. — Cet éloge des passions ést rai ; mais/comment ne s'aperçoit-on pas, en le faisant, qu'on. forgé des armes contre soit L'éducation ou les hasards rendront-ils passionnés Les hommes nés froids? Les passions ne sont-elles pas dès ellets &lo tempérament, et le tempérament est-il autre chase. de l'organisation? Vous aurez beau prêcher celui qui ne sent pas, vous soufflez sur des charbons éteints ; s'il y a unie étineelle
4. Note du chapitre var. « Rousseau dans nes is osprunebt occupé d'inséraire que de séduire ses lecteurs. » De À! 2: Note du chapitre 1
votre souffle pourra susciter de la flamme, mais {l faut que la première étincelle y soit.
En vérité toute cette sublime extraväffance d'Helvétius aurait “fourni une excellente scène à Molière, le pendant de celle du Pyrrhionien! : « Sans passion, point de besoins, point de désirs; sans besoins et sans désirs, point d'esprit, point dé raison; » c'est Helvétius qui le dit. Mais qu'il nous appreone done comme l'éducation ou des accidents pourront créer une passion vraie dans celni à qui la nature l'a refusée. J'aimerais autant assurer qu'on inspirera Ia fureur des femmes à un eunuque : et combien d'hommes que la nature a châtrés! Tes uns manquent de testicules pour une chose, d'autres én manquent pour une autre. Il faut que chacu- s'accouple avec la Muse qui lui convient, la seule avec Jaquelleil se sent et se retrouve; il est nul où n'a qu'une fausse érection avec les autres : elles en seraient mal çaressées,
A l'entendre, oùwrmt qu'on n'a qu'à vouloir pour être. Que cels n'est-il vrail ;
Page 72* — Les femmes devraient concevoir tant de vénération pour leur beauté ‘et leurs faveurs, qu'elles crussent n'en devoir faire part qu'aux hommes déjà distingués per leur génie, lèur courage et leur probité,
Idée platonique, vision contraire à la nature. Il faut qu'elles courounent un vieux héros, mais il faut qu'elles couchent avec ua jeune homme. La gloire et le plaisir sant deux choses fort diverses, ,
Par ce moyen leurs faveurs deviendraient un encouragement aux falents et aux vertus*, — D'accord; mais la propagation de l'espèce, que deviendrait-elle ?
Toutes les fois qu'on invente un moyen de s’honorer, si ce moyen est contraire à la nature, il arrive toujours qu'on n'a réussi qu'à étendre la voie du déshonneur,
Noulez-vous avoir bien des femmes déshonorées? honorez celles qui se jetteront* sur le bächer de leurs maris, N'en avez
L Déérphrius, dans le Mariage forcé, le double de Troaillogaa du Pastagresl Räbolaie.