‹ Œuvres complètes, revues sur les éditions originales ... étude sur Diderot et le mouvement philosophique au XVIIIe siècleChapitre 45 sur 116 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

Page 402. — Dire comme les docteurs de l'école, qu'un mode ouune manière d'être n'est point un corps ou n'a point d'étendue, rien de plus clair. Mais faire de ce mode un être et même un être spirituel, rien, selon moi, de plus absurde.

Aussi ne le font-ils pas. Ils ne disent pas que la pensée est unêtre spirituel, mais ils disent que c’est un mode incompatible mvee lumatièré, ce qui est fort différent; et ils en concluent Fe. ce d'un être spirituel.

né prétends pas que leur système en soit plus sensé, mais je vois beaucoup d'inconvénient à le mal exposer, En lisant cet

4. Auieue d'un Traité de tactique et de tragédies, 1 ourralt ua livre et eu rotenait {mmédiatement sis lignes mot à mot, Ea le rouvrant pour vérifier, il auiaisanie tout de suite quatre autres lignes. 3

4, Dansso de Villoison avait aussi une mémoire prodigionsc. I venait, en 1779, quoique fort jeune, de faire paraltre avec ua luxe d'érudition étonnant le Levique d'Apollonius sur Homère,

endroit, « Tenez, diront-ils, voilà comme ils nous entendent et comme ils nous réfutent. »

& Page 108. — Sentir c'est juger.

Cette assertion, comme elle est énoncée, mue rigoureusement vraie. Le stupide sent, mais peut-être ne juge til pas. L'étre totalement privé de mémoire sent, mais il ne juge Pas: le jugement suppose ls comparaison de deux idées. La difficulté consiste à savoir comment se fait cette comparaison, ear elle suppose deux idées présentes. Helvétius aurait coupé un terrible nœud, s’il nous avait expliqué bien clairement comment nous avons deux idées présentes à la fois, ou comment ne les ayant pas présentes à la fois, cependant nous les comparons *.

J'avais peut-être de l'humeur lorsque j'ai lu ce sixième chspitre, mais voici mon observation ; bonne ou mauvaise, elle resters. De toute cette métaphysique de l'auteur, il résulte que les juge= ments, où Is comparaison des objets entre eux, suppose quelque intérêt de les comparer ; or cet intérêt émane nécessairement du désir d'être heureux, désir qui prend sa source dans la sensibi= lité physique. Voilà une conclusion tirée de bien loin; elle con vient plutôt à l'animal en général qu'à l'hommic. Passer brusquement de la sensibilité physique, c'est-à-dire de ce que je ne suis pas une plante, une pierre, un métal, à l'amour du bonheur: de l'amour du bonheur à l'intérêt; de l'intérêt & l'attention; de l'attention à la comparaison des idées; je ne saurais m'accommoder de ces généralités-là : je suis homme, et il me faut des causes propres à l'homme. L'auteur ajoute qu'en remontant de deux crans plus baut ou en descendant d'un cran nf 7 à de la sensibilité physique à l'organisation, de l'existence, et qu'il eût dit : Je TS sens, je juge; je veux être heureux parce que je sens; j'ai intérêt à comparer mes idées, puisque je veux être heureux.Quelle Btilité retirerai-je d’une enfilade de conséquences qui conviennent

4. « Crest cette mbme dificullé qu'uacun métaphysieien ne #'est proposée, et que Diderot a si bien éclaircie dans le second volume de ses Dialogues = (Rte de D'Alembert). N.

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