CHAPITRE VI
également au chien, à la belètte, à l'huître, au dromadaire? Si Jean-Jacques nie ce syllogisme, il a tort; s'il le trduve frivole, il pourrait bien avoir raison.
Descartes avait dit : « Je pense, donc j'existe. »
Helvétjus veut qu'on dise : « Je sens, donc je veux sentir
J'aime mieux Hobbes qui prétend que pour tirer une consé= quence qui menât à quelque chose, il fallait dire : « Je sens, je pense, je juge, done une portion de matière organisée comme moi peut sentir, penser et juger. »
En effet, si après cette première enjambée on en fait une seconde, on est déjà bien loin.
Qui croirait qu'après une marche aussi franche et aussi ferme, le dernier de ces philosophes s'est aussi laissé gagner par La terreur et à terminé son sublime ouvrage De la Nature de L'homme par des visians si étranges, si superstitieuses, si folles, qu'on en pere aussi indigné que surpris?
Sentir, c’est penser, ou l'on ne pense pas, si l'on n'a senti. Sont-ce deux propositions si diverses que la première étant trouvée, l'on puisse regarder l'autre comme une découverte bien merveilleuse ?
Si, partant du seul phénomène de la sensibilité physique, propriété générale de la matière ou résultat de l'organisation, il en eût déduit avec clarté toutes les opérations de l'entendement, il eût fait une chose neuve, difficile et belle.
J'estimerai davantage encore celui qui, par l'expériencé ou l'observation, démontrera rigoureusement ou que la sensibilité physique appartient aussi essentiellement à la matière que l'im—
ilité, ou qui la déduira sans réplique de l'organisation.
J'invite tous les physiciens et tous les chimistes à rechercher ‘ce que c'est que la substance animale, sensible et vivante.
Je voïs clairement dans le développement de l'œuf et quelques autres opérations de la nature, la matière inerte en apparence, mais organisée, passer par des agents purement physi< ques, de l'état d'inertie H l'état de sensibilité et de vie, mais la liaison nécessaire de ce passage m'échappe.
4. Ge livre, De la Noture humaine, venait d'êre traduit en français par le DER Loire (man, 1733, peut in-8°, Dideroc s'attaque ici au
1! faut que les notions de matière, d'organisation, de mouvement, de chaleur, de chair, de sensibilité et de vie soïent encore bien incomplètes.
Il faut en convenir, l'organisation où la coordination de parties inertes ne mène point du tout à la sensibilité, ot la se0sibilité générale des molécules de la motière n'est qu'une suppesition, qui tire toute sa force des difficultés dont elle débarrasse, <e qui ne suffit pas en bonne philosophie. Et puis revenons à notre auteur,
Est-il bien vrai que la douleur et le plaisir physiques, peut étre les seuls principes des actions de l'animal, soient aussi les
ipes des actions de l'homme?
Sans doute*, il faut étre organisé comme nous et sentir pour agir; mais il me semble que cæ sont là les conditions essentielles et primitives, les données sine qua non, mais que
nt autre chose.
alcali et sans sable, il n'y a point de verre; maïs ces éléments sont-ils la cause de la transparence? Sans terrains incultes et sans bras on ne défriche point: mais sont-ce là les motifs de l'agriculteur quand fl rare Prendre des conditions pour des causes, c'est s'éxposer à des paralogismes puérils et à des insignifiantes. Si. + Il faut êvre pour sentir, il faut sentir pour Etre faut être animal ou homme pour être # loux ; done la jalousie, l'ambition, l'avarice l'organisation, la sensibilité, l'existence.
s empêcher de rire? Et nr 7 ndition de toute action animale pin
assurément je le fais pour sentir agréssentir doulourcusement: mais le mot
du plaisir physique à posséder uné belle J ue de la pois PAU e ER RNEEES la mort ou par l'inconstance?
4. Le On de L + Es étà cée par Nalguon (Mémoires), sf le deuxième
La distinction du physique et du moral n'est-elle pas aussi solide que celle d'animal qui sent et d'animal qui raisonne ?
Ge qui appartient à l'être qui sent et ce qui appartient à l'être qui réfléchit ne se trouvent-ils pas tantôt réunis, tantôt séparés dans presque ioutes les actions qui font le bonheur ou le malheur de notre vie, bonheur et malheur qui supposent la sensation physique comme condition, c'est-à-dire qu'il ne faut pss être un chou?
Tant il était important de ne pas faire de sentir et de juger deux opérations parfaitement identiques.