‹ Œuvres complètes;Chapitre 26 sur 144 · CHANT XY · texte numérisé non relu

CHANT XY

Description du Temple d'Irminsul. Vitikin, en marchant vers Herminie, y vient implorer le secours des Dieiu- ; siège trnerminie; Vitikin arrive dans le camp ^/'Hirem.

Près d'Herminie était une forêt, Asile aux Dieux consacré d'âge en âge, Et dont l'aspect redoutable et sauvage Impose à Tàme un auguste respect;

ORGANT 151

L'ombre y répand un luxe vénérable :

Là le Silence interroge les cœurs, La Piété lui répond par des pleurs.

Et le Forfait par des remords vengeurs.

Sous une voûte antique et formidable De pins noueux que le Temps respectait; Ami des Dieux, un Temple s'élevait; Un triple rang de colonnes gothiques, Bornait l'enceinte, et formait les portiques. On aperçoit sur leurs combles mousseux, Bustes brisés, simulacres des Dieux; Un calme saint, formidable à l'impie.

Règne à l'entour, et l'àme recueillie Dans Le silence et la paix de ces bords, Entend les Dieux, et descend chez les morts. Ici l'on voit l'image redoutable D'un Dieu vengeur, armé par le coupable, Et là parait la modeste Equité, Tendant les bras au bon persécuté; Là, la Justice a gravé maint emblème De la vengeance et du bonheur suprême.

Le méchant fuit en ces lieux combattu.

Sur les degrés, usés par la vertu, On voit sans cesse un Prêtre vénérable. Auprès du Ciel ministre secourable.

Ce ne sont point ses chants mélodieux Qui vont là-haut intéresser les Dieux.

Les justes Dieux entendent le silence, C'est aux forfaits à leur crier vengeance.

Le Roi de Saxe arriva dans ces lieux.

Pour implorer l'assistance des cieux.

11 aborda d'un air pieux et sombre Le Patriarche assis sur le degré :

On l'aurait pris dans ce lieu pour une Ombre. Il le reçut de cet air assuré Dont la vertu voit les grandeurs du monde. « Ami du ciel, ah! lui dit Vitikin, « Quoi, vous vivez dans cette paix profonde,

ŒUVRES COMPLKTES DE SAIM-JUS'I'

( En ce moment où le pays voisin.

1 Dans les horreurs d'une cruelle i;uerre

< Est inondé de sang et de misère! ->

« L'inlérèt seul peut diviser les Rois,

< Dit le vieillard sans élever la voix; ( De vos cités l'opulence et le faste

. Peuvent flatter une ambition vaste; i Mais les vertus et l'humble pauvreté,

< Vils citoyens de ce lieu redouté,

w Au noir Démon dont l'esprit les anime,

« xX'ofl'riraient point un prix digne du crime.

« Fasse le ciel qu'il vienne sur ces bords

u Chercher la paixl elle fait nos trésors.

« Vous me semblez, à votre air, des gens darmes;

>< Si l'avarice amène ici vos armes,

u Entrez, ce Temple est riche et précieux,

« Sur les autels vous trouverez les Dieux. >

« Ministre saint du Ciel que je révère, « Et dont ma voix implore la colère.

. Augure mieux, lui répondit le Roi, (( De l'intérêt (pii m'a conduit vers toi. « Voici mon front; (lue le nom des Furies « N'est-il gravé sur celui des impies ! « Que les vertus et le respect des Dieux « Ne brillent-ils sur un front vertueux! " Il ajouta la peinture sensible Des longs malheurs d'une guerre terrible, L'affreux récit des différens combats Où le Destin a mal servi son bras; De son 7-ival il peignit l'injustice, Par un coupable et profane artifice, Au nom du Ciel ravageant l'Univers, Et s'arrêta sur le dernier revers Dont le Destin a frappé sa patrie, En envoyant Erâlrp en Germanie.

Après un long et fâcheux entretien.

Les yeux au ciel, son glaive pour soutien. Le Roi Saxon dans le Temple s'avance,

OIIGANT 1^3

El trouble ainsi son auguste silence :

" Grand Inninsul, ô toi (|ui dans tes mains « Tiens la fortune et le cœur des humains, " Écrase enfin l'ennemi qui t'insulte, « Lis sur mon front les revers de ton culte, '( Et dans ce jour daigne faire pour moi " Ce que mon cœur voudrait faire pour toi. '< Près de (juitter cet Univers coupable, « Et de voler dans ton sein adorable, « Je mourrai donc sans venger tes autels, « Sans t'immoler ces monstres criminels, « Dont le mépris, tout fier de ta clémence, « Ose accuser ton courroux d'impuissance! « Du haut des cieux n'as-tu pas entendu '( Le cri du sang pour ton nom répandu? <» J'adorerai ta grandeur infinie.

« Sublime en tout, sage dans ta fureur, X Qui peut sonder ta vaste profondeur?

it Si j'étais Dieu, j'épargnerais l'impie ! « Par sa faiblesse égaré quelquefois, « Son cœur ingrat a méconnu ta voix ; « Mais ces forfaits, l'opprobre de la terre, '> Dont l'arrogance assiège le tonnerre, « Avec raison accusent de lenteur « Le saint délai de ta juste fureur.

'< Depuis ({uinze ans je combats pour ta gloire, " Et mes cheveux sous l'airain sont blanchis, K En combattant contre tes ennemis.

« A tes autels accorde la victoire, « Ouvre à ma voix le cœur du prince A'aio, « Et montre-toi le Dieu de Vitikin ! »

A ce discours, baissant sa tète altière, De son front chauve il pressa la poussière.

Mais cependant nos farouches Alains, Des longs efforts d'une armée aguerrie.

Du haut des monts menaçaient Herminie; Par pelotons on en venait aux mains, Et dans ces jeux, la victoire incertaine,

15)4 ŒLVRES COMPLÈTES DE SAINÏ-.IIJST

De sang perdu noyait tonjours la plaine. Hi)''î)ii attend, pour pr('senler l'assaut, De tous côtés un corps de Ironpes Golli.

Les assiégés préparent leurs défenses; La Crainte pâle a chassé les Amours:

Les murs épais sont hérissés de lances. Sur le sommet des menaçantes tours, On voit de loin les heaumes des gens d'armes, Les mouvemens, et le poli des armes.

Mille tendrons, habillés en llousards, Le sein meurtri par Tacier qui les barde, Le eu froissé par de rudes cuissards, Jusques au jour s'en vont monter la garde Chez le soldat posté sur les remparts.

On voit par-tout balisles, catapultes, Pour repousser et porter les insultes, Fossés, glacis, où, se moquant du sort, Le soldat f en attendant la mort.

La nuit fuyait : Taube aux portes du monde, Pâle sortait de Técume de l'onde, Quand Viiiki)} et ses tiers compagnons Virent flotter les alains pavillons.

Ils s'avançaient, et leur course rapide Laisse un sillon sur la fougère humide. Dans le lointain le ramier roucoulait, Et dans le camp la Discorde dormait; Bientôt après, la trompette sonore Vint annoncer les combats et l'aurore.

Le Roi de Saxe arrive dans le camp.

Erâh^e Hirem le reçut bonnement Sous un platane aussi vieux ([ue la terre.

Là des Pasteurs, en des jours plus sereins, Venaient chanter l'amour et ses larcins; Et des brigands tenaient conseil de guerre Sous ces rameaux où des chiffres noueux, Des premiers cœurs éternisaient les feux. L'on s'attendrit en voyant ces branchages Victorieux de la foudre et des <àges.

OKGA.NT

Nos deux Héros, lun à l'autre connus, Se fètoyaient de la même franchise.

Et contemplaient d'une égale surprise Leurs fronts ridés par les mêmes vertus.

Depuis trente ans, Erâlve dans le monde Traînait par-tout sa gloire vagabonde.

Ce nom fameux a rempli l'Univers, Et de succès et de fameux revers.

Brigand parfois, parfois Roi magnanime, Tyran lui-même, et fléau des tyrans,- Il écrasa les Rois en les vengeant.

Et sa vertu fut quelquefois un crime.

Le Roi de Saxe, adroit, mais généreux, De ce barbare assouplit la rudesse, En caressant sa superbe faiblesse.

■'■ Ahl lui dit-il en élevant les yeux, " .Je le vois bien, il est là-haut des Dieux <' Pour terrasser l'injustice et le crime, -< Et protéger le juste qu'on opprime.

« Je viens chercher un rival aux Français, -' Et ta vertu m'a dit que tu l'étais. H Quitte ces champs ravagés par la guerre; - Cherche avec moi de plus heureux climats; ' Viens dans la France enrichir tes soldats. " Là des moissons embellissent la terre; " Là des châteaux, des palais, des cités, " Séjour brillant des molles voluptés, '> Ne t'offriront qu'une conquête aisée. « Dans ces pays, ta valeur abusée H N'a rencontré que des vallons déserts, " Que des débris, témoins de nos revers. " J'ai tout perdu; mais Charle et sa puissance '< N'ont pu m'ôter le cœur et l'innocence. " Les justes Dieux, pour (]ui j'ai combattu, " Tendent enfin la main à la vertu.

'■ Mon ennemi, dont l'avide furie « A bu le sang et l'or de l'Italie, " Et dont le bras, sacrilège, imposteur,

Croit honorer le Ciel par sa fureur,

liientôt peut-étr(\ au iond du précipice,

De tant de uiaux expiera l'injustice;

Quelque vengeur envoyé par les Dieux,

Les lavera de ses crimes heureux;

Son orgueilleust' et tranquille opulence,

Des Dieux trop lents accuse la vengeance.

Quitte ces bords, viens venger mes revers;

Ils sont les tiens, si tu hais les pervers.

Vous m'entendez, Dieux dont la main trop sage

Tarde à frapper un brigand qui l'outrage 1

<> Veux-tu connaître enfin nos ennemis?

Par la fortune ils sont tous amollis;

Le plus beau sang de leur Chevalerie,

Depuis quinze ans ne cesse de couler;

Notre vertu, l'amour de la patrie,

A prix de sang leur a fait acheter

Le vain honneur de vouloir nous dompter.

Mais les revers n'ont jamais pu m'abattre;

J'ai ma vertu, mon courage, les Dieux;

.l'ai des soldats, et les liens, si tu veux. »

(( Ils sont à toi, lui répondit ^Vâ/re,

Comme aux Français, s'ils étaient vertueux.

Si mon armée a noyé ces rivages.

N'en accusez ni mon ambition,

Ni l'intérêt, ni l'amour des ravages :

Je suis armé par une trahison,

Et je repousse outrages par outrages.

Vous êtes père, et je devrais, Seigneur,

Vous épargner un récit plein d'horreur.

J'avais un fils; un fils! et j'étais père!

Et je n'ai plus qu'un vautour sur la terre.

« J'avais vaincu le tyran Halays,

Et sa défaite au trône d'Ionie

Fit remonter la Princesse Elémie.

Iinan (voilà, pour charmer mes ennuis,

Ce que la mort m'a laissé de mon fils,

C'était le nom qu'il portait sur la terre,

ORGANT

Ce nom si doux dans mes embrassemens,

Kst aujourd'hui le nom de ma misère),

Iman, épris des charmes innocens

De l'adorable et touchante Elémie,

Qui me devait et le trône et la vie,

Vint ajouter, hélas! pour mon malheur,

A ces présens le présent de son cœur.

La renommée annonça dans l'Asie

Qu'il épousait la Reine d'Ionie.

Le vœu jr.loux de maint Héros trompé,

Qui d'Elémie adorait la beauté,

Au même instant l'appela sur l'arène,

Pour y vider une jalouse haine.

>' Irarnin^ l'un de ses lâches rivaux,

Le fit alors appeler en champ clos.

Dans le moment où, d'une marche fière,

Pour s'élancer, ils gagnaient la barrière.

Il apparaît soudain un Chevalier;

Il accourait sur un poudreux coursier.

Guerriers, dit-il, ma vertu vient combattre,

El pour l'amour, et pour le lîls d'Erdlre,

El je prétends envers et contre tous,

Que (ï Elémie il doit être l'époux.

Iman n'est plus le maître de sa vie;

11 doit ses jours au trône d'Ionie,

Et l'amitié réclame en ma faveur

L'antique loi de la chevalerie,

Qui m'autorise à soutenir l'honneur.

" Iman, jaloux des larmes à' Elémie,

Prix de la mort qui peut-être l'attend.

Se défendit de cette courtoisie.

Selon l'usage, il fallait cependant

Qnhnan cédât à cet empressement.

Il répondit, en levant sa visière :

Preux inconnu, si ton cœur généreux

Force le mien à céder à tes vœux,

Je jure au moins, et le Ciel et la terre,

Mon Elémie, et son cœur agité,

ir.S ŒUVRES COMPLETES DE SAINT-JUST

> Do le payer de colle loyauté.

' Noire inconna, dune démarche altière, En reml)rassant, vole dans la carrière.

" 11 s'arréla vis-à-vis son rival,

• En attendant qu'on donnât le signal.

' On admirait ramilié généreuse

" Qui rengageait sur l'arène douteuse.

" Le vœu du peuple était pour sa vertu;

> Mais les deslins Tauront-ils entendu?

« Autour de lui sa redoutable armure, « De tout le cirque attache les regards. <« Le fer était son unique parure,

« Et sur son casque on voit deux léopards <' Entrelacés, la gueule haletante, (' Les yeux ardens, et la langue sanglante; « Ils sillonnaient d'un ongle recourbé " Leur flanc étroit, entr'ouvert, déchiré.

« Iramin dit : Ton espérance est vaine, ■' Si tu prétends, par ce dehors trompeur, " Troubler mon âme et glacer ma valeur. « La main fait tout, attends tout de la tienne. « Si ta vertu ne surpasse la mienne, « Ces monstres froids ne garantiront pas « Iman d'opprobre, et ton sein du trépas. « Mais V Inconnu^ que son calme abandonne, « Pour sa réponse, ordonne le signal.

" Un cri s'élève, et la trompette sonne; » Les deux rivaux ont poussé leur cheval.

Cl Dans cette courte et redoutable attente,

• L'on est saisi de crainte et d'épouvante. " Le premier coup allait faire juger

■' Pour (pji serait la gloire et le danger.

« Les Chevaliers fougueux s'entrechoquèrent,

(« Et sur la selle immobiles restèrent.

« Leur lance vole en éclats foudroyés,

« Et les chevaux se cabrent efl'rayés.

« Mais Iramin lève un fer redoutable,

« Et le ramène avec tant de vigueur,

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Qu'il partagea le casque formidable, Et découvrit une fille adorable.

C'est Elémie. ô surprise! ô terreur! Le discourtois, enflamraé de colère, D'un second coup létend sur la poussière. Iman accourt, tremblant, désespéré; 11 veut punir un rival exécrable, Le fer échappe à son bras égaré, Le sentiment d'un coup irréparable Eteint la rage en son cœur déchiré:

Baigné de pleurs, il appelle Elétnie-^ Elle lui tend, pour la dernière fuis, Un bras mourant, qui s'anime à sa voix. A cet aspect, transporté de furie, Le déloyal et jaloux Iramin Fond sur Iman, et lui perce le sein.

Un cri d'horreur s'élève de l'arène; Le meurtrier s'échappe par la plaine.

J'étais alors au siège d'EHcan ; J'apprends la mort d' Elémie et d'Iman.

Anéanti, dans ma rage immobile, Mon cœur séché me refuse des pleurs.

Ainsi des Dieux la vengeance tranquille. Lente à frapper, recueille ses fureurs.

Bientôt après, j'abandonne le siège, Pour découvrir Iramin sacrilège.

Mon désespoir inonde ses Etats De sang, de pleurs, de flamme, de soldats. Je le poursuis de contrée en contrée,.

Pour assouvir ma vengeance altérée.

Et sur ses pas, après de vains elïorts, Le sort jaloux m'a traîné sur ces bords ; Il a trouvé dans ces murs un asile.

Vilikin fuit, Iranàn est Iranquilleî Mes Députés ont péri sous mes yeux.

Précipités de ces murs odieux.

Et j'ai juré de punir Herminie De mon malheur et de sa perfidie. »

UU) (H.IVUES COMPLKÏES DE SAI.NT-JLST

Le Roi Saxon promet au Prince Aldin De lui livrer le coupable Iramin, Et (l'ac(iuittor le serment qui le lie, En punissant le crime d'JJenninie.

Viti/àn dit. et gagne les remparts, Où des soldats erraient de toutes parts. Dans la cité tout rentre, à sa présence, Dans le devoir et dans l'obéissance.

Vous avez vu les Aquilons siffler, En sens contraire entraîner les nuages, Et sur les flots, les flots amonceler; L'onde en fureur menace les rivages; Les Matelots, au travers des éclairs, De cris perçans font retentir les airs. Jouet des vents, la nef épouvantée, Du fond des mers est au ciel emportée. Mais si le Dieu qui gouverne le monde, Se lève alors sur son trône ébranlé.

Tout est déjà dans une paix profonde, Et tout frémi avant qu'il ait parlé.

Il n'est (|u'un pas du crime à la faiblesse; Devant le Uoi. tout fuit, l'orgueil s'abaisse. Les meurtriers des Envoyés d'Hirem Suivent au camp le perfide Iramiu.

Ce faible père, en voyant cette main Qui d'amertume a rempli sa vieillesse, Sent redoubler sa rage et sa tendresse. Chargé de fers, et sombre en son remord, Iramin froid envisage la mort.

0 mon cher fils! ô ma chère Elémie, Disait Hlrem en se frappant le sein, Que répondrai-je à vot-re ombre qui crie, Et de rigueur arme ma faible main?

Que répondrai-je à leur ombre, à moi-même? Voilà la main qui frappa ce que j'aime. Qui m'a ravi l'espoir et le bonheur, Et de détresse empoisonna mou cœur.

Voici la main dont le coup déplorable

ORGANT I6i

<c Fit qu'en mourant je mourrai tout entier;

« De mes enfants voilà le meurtrier.

M Ah! punissons un monstre détestable.

« Lâche, rends-moi mes enfans malheureux!

<( Viens expier de ta tête coupable,

<( Et ton forfait, et le forfait des Dieux.

|< Oui, c'est à vous, ô Dieux, dont le tonnerre,

« De ce forfait laissa rougir la terre;

« Oui, c'est à vous que mon cœur désolé

« Demande un couple à vos yeux immolé.

'( Mais où m'égare une inutile rage?

« Dieux, que j'offense en ma juste fureur,

'< Fermez l'oreille au cri de ma douleur;

'( Je demandais seulement un vengeur.

« Me venger! Ciel! en ai-je le courage?

« Et tout le sang d'un lâche répandu

<< Me rendra-t-il le sang que j'ai perdu?

« Faut-il souiller la majesté suprême?

» Faut -il, hélas! que l'aveugle Destin,

« Du sang des Rois anime un assassin?

" Que ses remords me vengent de lui-même.

« Si l'amour seul a causé ton forfait,

« Vas, Iramin^ tu mourras de regret.

« De l'examen je charge le tonnerre ;

« Je te pardonne; Il a peut-être un père! »

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