CHAPITRE YII
Du principe de VAiislocrdtie française.
Les anciennes aristocraties, dont le principe était la guerre, devaient former un corps politique impénétrable, constant dans ses entreprises, vigoureux dans ses conseils, indépendant de la fortune, et qui en même temps qu'il tenait la bride à la fierté naturelle du peuple pour maintenir le repos au dedans, devait le nourrir d'un orgueil républicain, (jui le rendît intrépide, audacieux au dehors.
Autant ces compagnies stables et inamovibles pouvaientelles suivre des maximes particulières (jui n'étaient point des lois positives, autant est-il difficile aux communes de France, périodiquement renouvelées, de marcher sur un plan de sagesse, si cette sagesse n'est la loi elle-même.
Il dérive de ces considérations (jue l'aristocratie de France n'est point propre à la conquête, parce qu'elle veut une suite de résolutions qui interromprait la vicissitude et le génie divers des législatures.
Elle fera bien d'aimer la paix, et de ne se départir pas de sa nature qui est l'égalité ou l'harmonie intérieure; si jamais elle se laissait aller à l'attrait de la domination, elle verrait tout se dissoudre; les mouvements qu'il lui faudrait prolonger énerveraient d'autant plus leur force; elle perdrait au dedans ce qu'elle gagnerait au dehors, et les victoires ne seraient pas moins foudroyantes que les défaites pour la constitution chez un peuple insolent et versatile.
Après que le peuple romain eut conquis le monde, il
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acheva de conquérir le sénat : lorsqu'il fut assouvi, le délire de sa puissance le conduisit à l'esclavage.
Le principe de l'aristocratie française est le repos.