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LE PALAIS HANTÉ

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ous les lecteurs du conte le plus sublime peut-être

1 qu’ait écrit Poe, la Chute de la maison Usher, tel qu’il faut des siècles de rêverie pour en amasser les éléments de beauté dans un esprit solitaire, se rappellent, accordé avec la voix de l’héritier de la triste résidence, le chant emblématique, par le poëte momentanément prêté à son récit en prose.

«... Mais quant à la brûlante facilité de ses improvisations, on ne pouvait s’en rendre compte de la même manière. Il fallait évidemment qu’elles fussent et elles étaient, en effet, dans les notes aussi bien que dans les paroles de ses étranges fantaisies, — car il accompagnait souvent sa musique de paroles improvisées et rimées, le résultat de cet intense recueillement et de cette concentration des forces mentales, qui ne se manifestent, comme je l’ai déjà dit, que dans les cas particuliers de la plus haute excitation artificielle. D’une de ces rhapsodies je me suis rappelé facilement les paroles. Peut-être m’impressionna-t-elle plus fortement, quand il me la montra, parce que dans le sens intérieur et mystérieux de l’œuvre je crus découvrir pour la première fois qu’Usher avait pleinement conscience de son état, - — qu’il sentait que sa sublime raison chancelait sur son trône. Ces vers qui avaient pour titre le Palais hanté étaient, à très peu de chose près, tels que je les cite :

(Ils suivent.)

LES POEMES D’EDGAR POE

« Je me rappelle fort bien que les inspirations naissant de cette ballade nous jetèrent dans un courant d’idées, au milieu duquel se manifesta une opinion d’Usher que je cite, non pas tant en raison de sa nouveauté — ». Continuer la page 97 du premier volume de la traduction de Baudelaire.

C’est au sujet de ces vers selon le calomniateur Griswold inspirés par la Cité pestiférée de Longfellow, que Poe lança, bien au contraire, à l’adresse du poëte populaire une de ses fréquentes accusations de plagiat. Le chant de Poe parut longtemps avant celui de Longfellow; il est postérieur à la Maison abandonnée de Tennyson. « Mais (dit pour tout trancher, et parlant de notre poëte, Mrs. Whitman) son esprit était bien un palais hanté, résonnant de l’écho des pas des anges et des démons. »

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