DE GRANDEUR NATURELLE
Toilette de promenade. — Jupe en cheviotte gisèle, garnie en tablier par un volant et des bouillonnés en poult de soie de la nuance; chaque bouillon séparé par un rouleauté de satin, toujours de la nuance. La traîne est faite par un pli de cheviotte et un bouillonné de poult de soie. Double tunique, devant seulement : la première en cheviotte avec bouillon de poult de soie et la seconde en poult de soie, avec bouillon de cheviotte; une frange de soie achèverait bien ces deux tuniques mais taillées beaucoup plus courtes. — Corsage de cheviotte à basques, avec bouillonné de poult de soie; le parement de 1a, manche se garnit d’un rouleauté de satin et d’un bouillon de poult de soie; dans le haut, même bouillonné. Fraise et revers en poult de soie, rouleauté de satin.
Rien, dans le patron, qui demande une explication différente de celles-ci : il présente le corsage à basques de la toilette, ainsi que les manches et les revers, coupés et disposés avec clarté et presque tout faits.
IL — Gravures noires du texte Première page.
i . Costume poult de soie et velours cachou, de deux tons. Le retroussis de la tunique se trouve très en arrière retenu par un nœud en velours de même nuance. Gilet et parement de velours.
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2. Robe en cachemire bleu pâle, garnie devant d’un tablier en satin de même teinte, avec petits bouillons. Poches et manches en cachemire, garnies d’un bouillonné de satin. De grands nœuds de velours noir se posent sur le jupon ainsi que sur les manches.
Pages du milieu.
3. Petite fille de cinq à six ans. — Costume en cheviotte havane, forme princesse devant et à basques derrière (bien que ne formant qu’un seul vêtement). A partir du petit côté de devant, le jupon est monté à la ceinture avec des plis plats; le premier pli est, de chaque côté, garni de petits nœuds en faille marron, les boutons sont recouverts de faille marron, surmontant l’ourlet plié à l’endroit, lequel fait passe-poil. — Chapeau tyrolien en feutre havane, avec plume de faisan et torsade de velours marron.
4. Petit garçon de cinq à six ans. — Blouse en velours noir, unie devant et à double pli de côté et derrière. Le jupon assez court, la ceinture large, pas serrée et posée très bas de façon à faire la taille longue. — Chapeau en feutre gris clair à larges bords très-peu retroussés; il a la calotte ronde et fort étroite, garnie d’une aile de fantaisie.
Marguerite de P...
CHRONIQUE DE PARIS
Théâtres, livres, beaux-arts;
Échos des Salons et de la Plage
Non! la lumière électrique bleuissant les feuillages d’Éclimont, le château français visité par le prince de Galles, ne détournera pas maintenant mon attention du clair de lune qui frôle la toile et le carton de nos scènes parisiennes : si tant est qu’une des pièces du jour demande quelque rêverie à cet éclairage romantique. Tel n’est pas le cas A’ Une Chaîne, comédie de Scribe, qui exige avant tout les feux factices de la rampe; et même, pendant la soirée de la première représentation au Théâtre Fiançais, je me demandais pourquoi son titre, longtemps discuté par l’auteur lui-même, ne le cédait pas, afin que l’art de la pièce fût plus manifeste encore, à celui, audacieux et normal d’ Une Corde : alors que la critique unanime s’attache à remarquer que chacun des personnages y danse sur la corde roide de la passion. Quant à moi, cette figure de rhétorique me troublera toujours, parce qu’en fait de corde roide je n’aime que la véritable corde roide des danseuses et des funambules ; et que je songe à cette autre passion, sublime, grandiose et réelle, que montra, dans les temps content-
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porains du vaudeville et de sa langue misérable, Madame Saqui, dépouillant parmi l’éther du firmament une robe grossière de mendiant, pour y paraître comme un génie étincelant, nu et satisfait. Oui, quand donc le pédantisme théâtral (car il existe en dépit des efforts laits pour le cacher ici-même par de prodigieux interprètes, et Favart, et Got, Coquelin, Fèvre et Berton!) tombera-t-il, loque absurde et vaine, dédaignée enfin par l’habileté souple, vraie, brillante, parvenue à ses hauteurs! Je veux bien admettre, trois minutes, le trope consacré tout à l’heure à la critique : il y a, soit ! ceux qui s’aventurent d’un pas certain, un feu pur aux pommettes et du blanc à la semelle, sur un câble tendu (et Scribe n’en est point) ; mais que dire de ces autres qui s’amusent d’abord à l’effiler, ce câble, en mille brins subtils, rêts tout au plus propres à ne pas prendre des idées, puis, cette tâche accomplie, ne font rien de tant de ficelles? A cela, s’amusent un peu les auteurs de Gilberte, MM. Deslandes et Gondinet, ces habiles : et il faut voir leur pièce, ne serait-ce que pour se convaincre qu’elle ne fût jamais, mais que les toilettes trop tôt emportées par Mademoiselle Delaporte au fond de la Russie non sans l’écho d’applaudissements fous, et les toilettes de Mesdames Fromentin, Helmont, Angelo, étaient faites pour durer presque un hiver; car, dans ce monde paradoxal du théâtre, où toute l’histoire d’un empire peut durer le temps d’un vers bien dit, on voit une simple robe affronter des saisons.
Voilà deux des succès de l’heure, et l’on pourrait dire indifféremment deux Premières ou bien deux reprises, soit que l’on songe à l’éclat parisien de la salle ici et là, ou encore au manque égal de nouveauté dans les situations développées par une pièce et par l’autre. Cependant, je ne lâche point les métaphores, quand elles sont mauvaises ! on a eu la corde et on a le reste; je veux l’étoupe, chère aux pitres qui, dans leurs joues héroïques, l’enflamment et du vent de l’inspiration la rejettent en fumée : sachant que ce n’est là que les ficelles elles-mêmes, défaites et vaines. Vite! la farce simple et joyeuse des tréteaux composée dans un langage parfait, pour nous faire oublier la Comédie bourgeoise et moderne, qui n’a lieu que si elle n’est pas bourgeoise et que si elle est de tous les temps : est-il même nécessaire qu’elle existe en tant que comédie! Saluons le Tricorne enchanté, cette merveille de belles rimes et de verve, que reprend l’Odéon à côté de Y École des Maris, afin d’enfermer entre ces deux chefs-d’œuvre durables, exquis, la reprise vieillotte, pâle et comme évaporée du Célibataire et V Homme marié, t comédie bourgeoise, par Wafflart et Fulgence : soit! mais exhumée, elle, cinquante ans après, c’est-à-dire a l’heure où ce genre inconnu de Racine et d’Eschyle com-
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mence à avoir véritablement lieu, étant alors postiche, singulier et ancien; quels costumes adorables pour les hommes et pour les femmes, que ceux de 1821, exhibés par Porel, par Richard, par François, ou par Mme Gravier! Toutefois, ne vont-elles pas, ces estampes de Pigalle et de Carie Vernet, envahir toutes les scènes de Paris à la fois, comme pour ne donner trop amplement raison, car je les revois presque à la Renaissance avec la Famille Trouillot, sans Paulin Ménier qui a bien fait de se retirer courageusement dans sa solitude et dans son quasi-génie, hors de tout ce domaine de joie, de belle humeur, de gouaillerie magistrale, qu’installe autour d’elle, mais sans le partager avec aucun, cette femme toujours étonnante, Thérésa ! J’aime, quant à moi, de tels tableaux invraisemblables et rétrospectifs; ou bien alors la Vie Parisienne comme la Vie Parisienne, je parle de celle que représentaient, depuis la réouverture, les Variétés ; folle, incohérente et bizarre, même sans Mademoiselle Van-Ghel, Dupuis, Grenier, Berthelier, qui la rendent plus folle, plus incohérente et plus bizarre. Ou, certes, encore l’Ingénue, que regardaient il n’y a pas huit soirées, entre elles, Hortense Schneider, Marie Legault, Peschard. Grandville, Silly, Paola Marié, Zulma Bouffar, Blanche Méry, Thèse, Delphine de Lizy et des Messieurs dont l’habit noir aurait disparu sous la scintillation des croix et la cravate blanche sous le ruban de commandeur, si tout ce monde n’assistait là à une fête de famille. Cependant, quand, à Pair d’Alceste, murmuré par son gosier d’ingénue encore au couvent, Céline Chaumont dit qu’elle préfère une des ritournelles moins savantes d’Orphée aux Enfers, la moitié de la salle s’est laissé prendre à ce mot conservant un reste d’ironie en l’esprit de MM.Meilhac et Halévy, et de bonne foi a salué Offenbach qui, spirituel, ne remarqua point la maladresse. C’est qu’il faut peut-être ne pas jouer avec les choses ordinaires, parce que chacun ne sait pas bien où va le jeu ni où cela finit d’être ordinaire : ou tout au moins leur ôter, par les noirceurs, les vilenies et le drame, comme Dumas, toute ressemblance avec les us quotidiens, si l’on recule devant la franche caricature. Supériorité qu’a l’Arlequinade pure et simple, quand l’Arlequinade pure et simple ne subit pas une éclipse : or. telle est l’heure, car voici Pierrot et le matamore Pamphile, ce museau de Colombine et, lui-même, Arlequin rappelés sur des planches par M. Maurice Dreyfus et par sa fantaisie, mais surtout par le Vers, qui, bouffon, exquis et sonore toujours, fend en lune jusqu’aux oreilles ou ramène sur elle-même en bouton de rose, avec le sourire, avec le rire contenus dans ses seules syllabes, la bouche de Mimes heureux de parler; et de parler sur un rythme. Quelque
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charmante que soit, sur les mêmes planches, une autre œuvre, les Bêtes noires du capitaine , de M. Cellières, ma foi! moi, j’ai ce goût de préférer à un bijou de cette façon, fût-il de trente-neuf francs, de cinquante-neuf francs et même de soixante francs, sérieux et achetés aux bijoutiers du Palais- Royal, cet objet de chrysocale que se dispute la bande folle des fantoches et qui est le Médaillon de Colombine. Voilà deux premières à Cluny.
Où vais-je ? C’est ici qu’il faut quelque résolution, et les yeux fixés sur le peu que j’ai dit, ne pas continuer; mais, tout en sachant que ce qui fut, dans la précédente causerie, conté de cette saison théâtrale s’envole au loin maintenant parmi le vent qui emporte les feuilles, ajouter, pour moimême que, malgré cet inconvénient, je destine à une autre causerie trop de choses pour en finir tout de suite. Feindre, quelle qu’en soit l’inanité à un point de vue quelconque, de couper en trois morceaux épars une Conversation unique sur un sujet dont les parties sont étroitement liées, et dire : Ces trois tronçons se rejoindront tout seuls, comme ceux d’une vipère de la forêt de Fontainebleau; voilà donc mon obligation dérisoire, car je veux ne rien omettre de la résurrection annuelle de Paris par le Drame, la Comédie, la Farce et la Féerie, dussé-je m’y reprendre par plus de trois fois encore.
Ai-je, cependant, disserté, pendant un instant, d’autre chose ? aucunement, et le nom du perdreau, lui-même, n’a pas été prononcé dans mon discours, non plus que celui de la meute et des daims. Que Chantilly et que Paris sonnent de mille cors, je ne songe, moi, qu’à ce point : à savoir que, tandis que je narre des Livres eux-mêmes attendent, certes pour m’occuper plus despotiquement au commencement de l’hiver : car ils auront leur tour spécial et prolongé tout comme la Scène. Mais les admirables choses, cependant, qui. faites en prose et en vers, s’entassent sur notre table, non ! mais vivent dans notre mémoire, Réminiscences prêtes à se changer en Remords.
Ni la nature, qui pour nous n’est plus rien depuis huit jours, sans Croisette rencontrée ces derniers soirs, alors qu’elle inaugurait, pour 1874 et 1875, Tour du lac; ni les bibelots merveilleux de l’Exposition des Beaux-Arts appliqués à l’Industrie (nom rébarbatif donné à tant d’illustres choses et à un si noble effort) ; ni Mignonnette, vainqueur du Royal Oak, ni Perplexe, du Grand Critérium; ni le lévrier Blue-Boy, roi des courses futures de chiens; ni les chaises de poste en faveur qui, par une fiction spirituelle, semblent déboucher des résidences du Poitou et de la Touraine droit à l’entrée de l’Avenue des Champs-Élysées, n’ont su me détourner de mon devoir austère, qui était de
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dire, avant tout, à Paris et à Nevers. que les Délassements- Comiques s’intitulent, après s’être appelés déjà les Nouveautés, le Théâtre le plus Élégant de Paris (et qu’on y joue, du reste, une adorable chose, qui a ce nom : le Rhinocéros et son enfant, et ce musicien pour auteur, M. de Sivry).
Mais il est temps plutôt, et ce serait terminer dignement une pareille Chronique, de parler même après une semaine de cette représentation inouïe, organisée à l’Opéra en l’honneur de Déjazet : avec Faure, avec Tamberlick, avec l’Olympe et la terre, avec Déjazet! et où les comédiennes les plus illustres se disputèrent, toutes, l’emploi de choristes et de figurantes, comme pour montrer qu’alors que la Chanson, elle-même, ailée et presque séculaire, semble résigner sa voix, il n’y a plus, pour les meilleures d’entre les chanteuses, qu’à mêler leur chant au murmure confus de la multitude ou même à se taire. Non! car si cette jeune princesse éternelle, à travers qui semble enfin s’être développée la fée ancienne qui la dota au berceau, renonce à imiter facilement l’âge des roses cueillies de ce matin, c’est que, dans quelque lieu inconnu de nous et su d’elle, s’apprêtent les mystérieuses éclosions de talents futurs, qu’elle doit à son tour frapper de sa baguette habile à tout, même à commander, en quelques heures, une nuit de gala, digne du regard de l’Europe.
LE CARNET D’OR
La Table, l’Ameublement fait par les dames, le Jardin et les Jeux
Cinquième feuillet.
Menu d’un dîner de rentrée a Paris intime,