I. — LES THÉÂTRES
Notre Journal qui, autant qu’un Recueil de Modes veut être le recueil à la mode, a sa place ordinaire sur les tables de salon : soulever la couverture et regarder au hasard cette page, deviendra comme un acte habituel à toute lectrice en quête de projets. Cette page a pour objet de grouper, sous le même coup d’œil, un tableau de tous les plaisirs qu’offre, pendant la quinzaine, Paris présent ou lointain et de décider, par quelques mots plus intimes mêlés à l’affiche le choix à faire, relativement à plusieurs soirées ou à une après-midi : mais encore faut-il vérifier si nul changement n’est survenu à un programme qui, à sa date de publication a, souvent, pour devoir de joindre des pronostics à la constatation d’actualités!
Ouvrir simplement, dans ce cas, un grand journal et consulter les théâtres du jour.
Théâtre Français : le répertoire, principalement Une chaîne, reprise, avec Favart, Got, Delaunay et Coquelin.
Opéra : inauguration, pour la saison, des représentations extraordinaires du dimanche ; les jours classiques d’opéra, le répertoire : les Huguenots, Robert-le-Diable, la Favorite, et Guillaume Tell, pour la rentrée de Faure.
Odéon : continuation de la Jeunesse de Louis XIV, avec Léonide Leblanc, Hélène Petit et Gil Naza, un succès alternant avec un autre : V École des Maris, où Isabelle, c’est MUe Blanche Baretta, le Célibataire et l' Homme marié de Wafflard et Fulgence exhibant ses délicieux costumes de 1821, soirée de répertoire terminée par cette merveille, le Tricorne enchanté de Gautier.
Opéra-Comique : le Pardon de Ploërmel (Zina Dalti et Lina Bell; Bouhy, Lherié), va céder de belles soirées à Mireille. Répertoire : notamment le Pré-aux-Clercs, avec Mme Carvalho, Duchesne, Melchissedec.
Vaudeville : le Roman d'un jeune homme pauvre, le dernier, espérons-le! de la série des Ganaches, va nous donner Jane Essler pour la pièce nouvelle de d’Ennery, Marcelle.
Gymnase : Gilberte, pièce nouvelle de Gondinet. Gilberte, M'te Delaporte, hélas! jusqu’au 10 octobre; les autres rôles, Angelo, Fromentin, Helmont, aux toilettes admirables, toutes; et Lesueur, Landrol, et Ravel, la troupe enfin.
Variétés : spectacle varié, jusqu’à la première (on dit le 10 octobre) des Prés Saint-Gervais, de Sardou, Gille et Lecocq;
PROSES DIVERSES
cet acte de Meilhac et Halévy : l'Ingénue, puis les Pommes du Voisin, hautes nouveautés.
Palais -Royal : reprise, chaque soir, de bouffonneries anciennes et du rire toujours neuf, que présente à l’esprit du lecteur d’affiches ou de journaux, ce nom illustre : Labiche, soit le répertoire.
Porte Saint- Martin : Don Juan d'Autriche, le drame de Casimir Delavigne, superbement distribué entre Dumaine, Taillade, René Didier et Fraisier, etc. : Mme Patry, etc., et non moins superbement mis en scène.
Ambigu : l'Officier de Fortune, cinq actes nouveaux, de MM. Jules Adenis et Jules Rostaing, dans un théâtre renouvelé, par M. Fisher : succès partout, dans la salle, sur la scène et dans les coulisses où manœuvre un truc devenu célèbre.
Renaissance : Thérésa dans la Famille Trouillat qui, fût-ce un chef-d’œuvre (or c’est drôle), devrait encore, sur l’affiche, laisser une place immense au nom de la diva à côté du titre de cinq ou six gaudrioles qui deviennent de grands airs.
Théâtre des Arts (anciens Menus-Plaisirs) : Mon Abonné, un acte; Revendication, trois actes; et Trente-cinq ans de bail, autre comédie de M. Paul Cellières : cinq actes, trois nouveautés.
Théâtre Scribe (ancien Athénée) : Hélène et Marcelle au premier jour.
Château-d’Eau : reprise de Paris la Nuit, avec les frères Corses nous révélant le Quadrille des Gambilleurs.
Enfin, aux théâtres Déjazet : les Heures Diaboliques, premières représentations dans une salle, pour n’interrompre pas le dernier succès, mis à neuf pendant les heures de la nuit; Beaumarchais : le Cadet de Gascogne, premières représentations, où Donato et la salle toute d’or; et des Folies Marigny : Mimi Chiffon, premières représentations, avec l’été de Bougival transporté parmi l’Automne des Champs- Élysées.