UPON
Côtoyant ou point la Grammaire, cette étude se montrerait incomplète, même au point de vue exclusif du Dictionnaire, si rien n’y était dit de la terminaison du participe passé régulier ed. Les Suffixes nous l’ont présentée comme un d’eux : oui, dans certaines formes toutes faites; mais, la plupart du temps mobile, cette terminaison copule au gré de qui en fait une application exacte, avec le nom, cela pour composer un adjectif destiné à durer une minute ou toujours, suivant que la langue ou l’autorise comme la simple manifestation d’un de ses jeux naturels ou l’admet dans son répertoire définitif. Exemples (car aux Mots Composés eux-mêmes peut venir s’ajouter cette particule de composition) : lion-heart(ed) ou eagle-ey(ed), fairhair(ed) et four-sid(ed).
Tout est dit, dans un cercle nécessairement limité à l’investigation, sur les Mots Simples et les Mots Composés appartenant à la couche originelle de l’Anglais, à savoir l’Anglo-Saxon ou le Saxon. Les mots de ce genre appelés à naître aujourd’hui et dorénavant à la langue, ce sont forcément des termes restés jusqu’à présent provinciaux, c’est-à-dire patois, puis acquérant droit de cité; et d’autres, onomatopées ou dégradations de vocables de chaque jour, que forme ou déforme l’argot multiple, mais d’après une analogie avec le fonds naturel du parler; enfin, les composés nouveaux. A la faveur du don merveilleux de Composition, rajeunissement de toute heure tiré de sa provenance germanique, l’Anglais, en effet, par le génie de Shakespeare
LES MOTS ANGLAIS
qui crée to unsex ( dessexer ) ou la hâte du journal demandant hier qu’on décrétât cTunseaworthiness les vaisseaux incapables de supporter la mer, peut infiniment accroître le trésor de son lexique. Heureuses, de telles alliances, survivent quelquefois à l’auteur comme à la génération qui les risquèrent, prenant une place dans le Dictionnaire : oubliées quelque part ou même inconnues, elles n’en ont pas moins librement jailli, utiles, neuves, charmantes, pour une heure; ce qui ne messied pas à la parole ailée.
Résumé
L’étude d’un vocable comporte, pour qui raisonne bien, des opérations diverses que commandent plusieurs questions : Ce mot est-il de terroir, c’est-à-dire Anglo-Saxon ? Oui.
— Est-il simple ? je le rattache à quelque famille ou, tout bonnement, retrouve ses dérivations de l’état de nom à l’état de verbe, etc., et ce qu’il est dans le cas actuel. Composé? en voici les deux ou trois éléments : pas tout-à-fait simple, mais pas visiblement composé? c’est qu’il a un Affixe, que j’écarte comme avec un instrument habile de dissection, Préfixe ou Suffixe; peut-être même est-ce moins, quelque simple lettre venue de loin à travers les âges comme le plus subtil des déterminatifs, je la tiens. Composer des mots, en effet, il faut laisser cette tâche aux Anglais eux-mêmes : nous, Français, pouvons les analyser. Très bien : car on ne voit presque jamais si sûrement un mot que de dehors, où nous sommes; c’est-à-dire de l’étranger.