‹ OEuvres complètesChapitre 313 sur 655 · LIVRE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE DEUXIÈME

Élément Roman ou Français

Mots français faits anglais : mais, les vocables que contient le Livre précédent étudiés, c’est-à-dire ceux du crû (Anglo- Saxons ou à tout le moins Gothiques), pourquoi ne pas déclarer, simplement, que tout autre est d’origine Romane; ou Normand, ou Picard, ou issu de l’Ile-de-France ? Cela n’est pas toujours; tel vient du Latin ou, si l’on veut, n’en vient point, mais en aucune façon ne procède directement du Français. — Gomment ? n’importe, et attendez le Livre prochain. Que ce mystère, fait pour interrompre plus d’une fois l’étudiant et l’auteur au cours du Livre présent, n’empêche ni l’un ni l’autre de comprendre et d’expliquer jusqu’au bout le sujet du moment : à savoir quelle est la figure faite à l’étranger par une portion considérable de notre propre vocabulaire.

A côté de mots innombrables que l’Anglais s’est plu, quoique avec presque tous nos procédés de dérivation, à faire venir une seconde fois du Latin (car voici, en trois mots, le secret), se montre aussi une série rare d’autres vocables, non moins ressemblants aux nôtres; et qui, à vrai dire, n’ont rien à faire avec la Conquête. Parallèles, ou procédant, en Angleterre et en France, du fonds Gothique, c’est isolément que s’en est accompli le développement : et tantôt ils se ressemblent d’assez loin entre eux, ce qui est le cas normal; tantôt de très près ou même tout-à-fait, ce qui n’indique rien de plus qu’une influence exercée par notre orthographe.

Des faux-semblants offerts par ces deux catégories de mots, l’un est écarté pour faire, plus tard, l’objet d’une étude considérable; et l’autre peut s’évanouir sous un regard un peu subtil : il reste un enfantillage à éviter, lequel ? Mettre trop aisément le doigt sur un vocable, comme beau,

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