‹ OEuvres complètesChapitre 316 sur 655 · F A WN · texte numérisé non relu

F A WN

EU, ce son, dans lequel se neutralisent en Anglais tant d’efforts de la voix, ne se transpose pas facilement s’il vient de l’étranger; et, tandis qu 'hébreu, je suppose, devient hebrew (pr. ou), voici notre furet qui se changera en ferret : et cela non sans une tentative sérieuse d’imiter ce qui se dit ici chez nous, en prononçant œu précisément.

Quant aux consonnes, c’est principalement autour du son guttural fort par excellence, K, que se produit l’hésitation; tantôt du côté des sifflantes, C ou SS, S ou Z; tantôt du côté de l’aspirée H. Signe qui ne se trouve qu’à l’état d’étranger dans nos abécédaires, le K n’est pas donné sans motif comme le son fort qui régit en Anglais l’ordre guttural plus cjue C dur : il entraîne à une orthographe spéciale force mots qui, chez nous, se contenteraient de C dur ou de QU. Y a-t-il une différence de prononciation : oui, subtilement; non, dans la pratique. Nos vocables, au moins, nous apparaissent comme revêtus d’une étoffe uniforme dans la liste que voici : to attack — quer, cock — q , cockade, cocarde,

DUKE - C, TO EVOKE, INVOKE et PROVOKE - quer , FROCK,

pour froc, frank — c, Jack — ques, jacket — quette, to mock — quer, musk — c, obelisk — c, park — c, racket — quette, risk — isque, rock et rook, roc, rocher et roc, pion d’échec, etc. Noter que, fort souvent, le C français reparaît avant le K anglais, qui n’est qu’ornemental; et qu’un G même peut lui faire place, comme dans rank, ou simplement le mot rang.

Échange de C dur en CH tel que l’aspirerait le Français, oui : dans chenil qui fait kennel; mais le contraire se produit plus souvent, ainsi de chancre on a canker, de char, car, ou de charrette, cart, et de charrier, to carry, enfin de chat, cat. Eux, ces mots : cherry et truncheon viennent de cerise et tronçon; et nous voici aux sifflantes. Grande confusion et toute à prévoir, tant de signes représentant si peu de sons : rien peut-il empêcher l’Anglais d’écrire gloze, notre glose; ou faucet, notre fausset (à mettre en perce), et au contraire leçon, lesson ? Libre à lui, le son ne changeant pas : mais

LES MOTS ANGLAIS

non de dire ransom, pour rançon, et mason, pour maçon, ni de supprimer une S, par exemple à ressource; tandis que ce fut, ma foi! dans l’ignorance que la valeur de notre S dépend aussi de sa position, un bon moyen mnémonique de le conserver dur au commencement du mot, que d’orthographier, avec SG, sentir (par l’odorat), to scent. Quoique plusieurs des cas suivants rentrent, à vrai dire, dans l’étude séparée qui sera faite des Terminaisons : tels que ceux de dance et de trance, remplaçant danse et transe (extase) qu’il a semblé commode de rattacher à des mots comme espérance, etc. ; on fera remarquer que terrasse a fait terrace et qu’à sa suite se rangent, plus singulièrement, non palace, pour palais (qui ne vient pas du Français), mais peace, pour paix, face, pour pas, price, pour prix, et vice, pour vis. Seul, ce dernier mot, ne nous fournirait-il pas l’explication de toute la série; qui sait si ce n’est pas là simplement une exacte transposition de notre habitude, ancienne pour les autres termes comme actuelle encore relativement à celui-ci, de prononcer ? A cette suggestion et non à quelque autre, il sied de rapporter plusieurs altérations qui ne coïncideraient avec rien de ce qu’on a noté et de ce qu’on notera ; embarrassantes, s’il n’était certain que de la voix, elles passèrent à l’écriture. Villon*, notre poète (je me tiens sur la limite du Français quelque peu vieux et du moderne), fait rimer Robert et haubert, avec la pluspart et poupart; barre avec terre; appert avec part; et d’autres preuves sont données par des écrivains anglais antérieurs faisant sarvice de notre mot service, que : marvel, to tarnish et to varnish offrent simplement l’orthographe comme prise sur le fait du parler primitif français. Marchandise demeure, tandis que merchant a prévalu : et quiconque objecterait perfume, traduction de parfum, ne songerait pas à une manie anglaise de latinisation de nos propres vocables, dont il sera bientôt parlé ici; en revanche, clerk, un clerc, qui garde un E, s’énonce encore à haute voix avec un A, et s’écrit même ainsi, comme nom propre.

§ 2. Cas révélés par les terminaisons seules.

Les Terminaisons de mots (dont l’aspect correspond, fréquemment, à l’une des divisions grammaticales appelées Parties du Discours) ne se montrent, dans aucune langue, d’une variété infinie. Tous ceux d’entre les vocables français, destinés à devenir anglais, se trouvaient, lors de leur transplantation d’un sol à l’autre, pourvus de finales nettes et régulières : et l’Anglo-Saxon possédait jusqu’aux désinences casuelles. Que pouvait-il, cet état du langage existant

* Villon, Édition Janet, p. 23.

LES MOIS ANGLAIS

de part et d’autre, résulter du mélange des deux parlers : sinon que certaines terminaisons d’ici glissassent peu à peu dans leurs analogues de là; ou bien persistassent, tantôt intactes, tantôt détériorées? Tels, les trois cas principaux que l’on va étudier : à qui s’étonnerait de ne pas rencontrer, dans les pages qui viennent, maintes terminaisons très familières chez nous, force est d’attendre le Livre ultérieur. Toujours à cause de cette habitude contradictoire de latiniser certains éléments français ou de franciser les latins, révélée par l’Anglais et qui affecte principalement les Terminaisons. La distribution de telles finales ou désinences, maintenant, où l’appuyer : rien que sur la classification de ces Parties du Discours à quoi il a été fait allusion. Indépendamment du cas triple de fusion, d’intégralité ou de détérioration qui s’imposera de soi-même à l’attention du Lecteur.

Deux groupes de vocables avant tout (au point de vue philologique), sont à étudier : le Substantif, matériel ou idéal, le Verbe, actif ou neutre : celui-ci accompagné du Pronom, puis de l’Adverbe et de la Préposition, acolytes dont il ne va point être tenu compte à cet endroit, car ils sont toujours de race saxonne; celui-là, de l’Article, omis au même chef, et de l’Adjectif. Rien de la Conjonction et de l’Interjection, mots essentiellement du crû; trop brefs, du reste, pour revêtir des Terminaisons.

Substantifs

— ADE (de source néo-latine, sinon française : italienne et espagnole) reste ou devient — AD : il reste dans balustrade et BARRICADE, CAVALCADE, CASCADE, OU COMRADE (pour camarade), esplanade, fusillade, limonade, parade, promenade et tirade, etc. ; il devient — AD, dans ballad,

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