‹ OEuvres complètesChapitre 521 sur 655 · P. 36. TRISTESSE D’ÉTÉ · texte numérisé non relu

P. 36. TRISTESSE D’ÉTÉ

(Tournon, 1864.)

Ce sonnet parut, pour la première fois, dans le Parnasse Contemporain de 1866 : non pas dans la livraison du 12 mai où se trouvaient dix poèmes de Stéphane Mallarmé, mais dans un groupe de sonnets de divers poètes réunis à la fin du recueil que formèrent les diverses livraisons de cette publication, cette année-là.

On en connaît trois manuscrits, où il se trouve joint au sonnet X'ere Novo ; l’un sous le titre « Soleils Mauvais » (Bibliothèque Jacques Doucet), l’autre sous le titre « Soleils Malsains » ( Manuscrit Aubanel), l’autre sous le titre « Soleils Malsains » (coll. H. M.).

La version de ces manuscrits ne comporte que deux vers identiques à l’état définitif du poème ( Poésies de St. Mallarmé, Deman, 1899) : nous la donnons comme document explicatif de l’élaboration mallarméenne.

Le soleil, sur la mousse où tu t'es endormie,

A chauffé comme un bain tes cheveux ténébreux.

Et, dans l'air sans oiseaux et sans brise ennemie.

S'évapore ton fard en parfums dangereux.

De ce blanc flamboiement l'immuable accalmie Ale fait haïr la vie et notre amour fiévreux.

Et tout mon être implore un sommeil de momie Morne comme le sable et les palmiers poudreux !

Ta chevelure, est-elle une rivière tiède Où noyer sans frissons mon âme qui m’obsède Et jouir du Néant où l’on ne pense pas ?

Je veux boire le fard qui fond sous tes paupières Si ce poison promet au cœur que tu frappas L’insensibilité de l'azur et des pierres !

Le Ms. Doucet est identique au Ms. Aubanel à deux vers près: Évaporé ton fard en parfums dangereux.

Et voir dans le Néant si l’on ne pense pas ?

NOTES ET VARIANTES

Dans le Parnasse Contemporain le second vers commençait par Pour l’or...

Le 8e vers de ce sonnet ne peut manquer de rappeler ce passage de Rolla d’Alfred de Musset :

Lorsque dans le désert la cavale sauvage ,

Après trois jours de marche, attend un jour d'orage Pour boire l'eau du ciel sur ses palmiers poudreux.

La version définitive du sonnet, un des plus beaux pour P. Beausire, a fait disparaître cette réminiscence.

Ce sonnet fut mis en musique par M. Henri Sauguet, en 1941.

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