DE MADEMOISELLE MALLARMÉ
Avant de faire partie du cahier intitulé Autres Poèmes dans l’édition fac-similé des Poésies de 1887, ce poème parut dans la Revue Critique, pour laquelle Charles Morice avait sollicité l’honneur de la collaboration du poète, en 1884 sous le titre : Éventail ; puis, sous le même titre, dans le Décadent du 9 octobre 1886 où la troisième strophe était :
NOTES ET VARIANTES
Vaste jeu ! voici que frissonne L’espace comme un grand baiser Qui fier de n’être pour personne Ne sait jaillir ni s’apaiser
et où la 4e strophe présentait cette variante :
Se couler au coin de ta bouche.
Sur une épreuve, revue par Mallarmé, de l’ Anthologie du XIXe siècle, on relève cette autre variante, à la dernière strophe :
Stagnants sur l’or des soirs, ce l’est...
N’y aurait-il pas, dans le départ de ce poème, une réminiscence peut-être inconsciente du début de la petite pièce d’Aloysius Bertrand, la Jeune Fille :
Rêveuse et dont la main balance
Un vert et flexible rameau...
Aloysius Bertrand dont, au début de 1866, Mallarmé réclamait le Gaspard de la Nuit à son premier éditeur Victor Pavie qui, en vingt-trois ans, n’en avait pas vu s’épuiser le tirage pourtant peu nombreux, et dont, vers 1884, Mallarmé recommandait la lecture à Gustave Kahn.
« Chacune de ses cinq stances », a dit Albert Thibaudet ( la Poésie de Stéphane Mallarmé, p. ni), « comme les cinq plumes aériennes de l’éventail même, tient en ses termes contournés et précieux une signification indéfinie, non indéfinie parce qu’elle est vague, mais indéfinie parce qu’elle disperse loin les ondes d’un sens souple et vivant. »
En 1913, Claude Debussy mit en musique cette pièce : elle fait partie du recueil Trois Poèmes de Stéphane Mallarmé qui parut à la fin de cette année-là chez l’éditeur Durand, à Paris.