P. 61. RONDEL I
Ce rondel parut en juin 1896 dans le N° 9 d’une revue languedocienne, la Coupe, recueil d’art et d’éthique, dirigée par Richard
NOTES ET VARIANTES 1479
Wémau, il, rue de la République, à Montpellier. 11 lut recueilli dans l’édition de 1913 des Poésies (N. R. F.).
Un manuscrit (coll. Mondor), qui semble bien être un premier brouillon, donne ce texte :
Rien au monde ejue vous n'ayez Envisagé de quelque moue Ou de ce rire qui secoue Notre aile sur les oreillers.
Princesse au berceau, sommeillez.
Sans voir entre tout ce qu’on loue Rien an monde que vous n'ayez.
Envisagé de quelque moue.
Nos vains souhaits émerveillés De ta beauté qui les déjoue.
Ne connaissent, fleurs sur la joue.
Dans l’ail diamants impayés.
Rien an n/onde que vous n'ayez-
Ce texte ligure egalement sur le carnet îles I ers de circonstance copiés par Geneviève Mallarmé.
Sur un manuscrit (coll. Bonniot) on lit les variantes suivantes :
Sans que l’haleine seule avoue...
Ne contiennent , fleur sur la joue...
P. 62. RONDEl. Il
(Paris, 1889.)
Le ior janvier 1889 aurait, d’après Robert de Montesquiou ( Triptyque de France, p. 244. R. Chiberre, éd., Paris, 1921) été fêté entre Mallarmé et Méry Laurent par cette Chanson, sur un vers composé par Méry, dont les deux premières strophes, un peu différentes, étaient, ainsi qu’en fait foi le manuscrit (coll. Robin) :
Si tu veux nous nous aimerons Avec la bouche sans le dire.
Cette rose ne l’interromps En versant du silence pire
Aucuns traits émanés si prompts Que de ton tacite sourire Si tu veux nous nous aimerons Avec la bouche sans le dire.
Ce rondel et le sonnet Dame, sans trop d'ardeur faisaient partie du 6e cahier de Méry Laurent. Dans le 10 cahier se trouvaient les quatrains; dans le tie, le Mirliton de Méry (coll. A. Robin). Le Ronde! fut d’abord Chanson et, alors, au-dessous de ce titre
M ALLAKMJ.
NOTES ET VARIANTES
figurait, de la main du poëte cette note : Sur un vers composé par Méry. Tout fait croire que c’était le premier vers. En 1896, la Plume donna, en fac-similé d’autographe inédit, ce poëme, tout près d’une photographie de Mallarmé « élu Poëte des poëtes par ses pairs en février 1896 ».
En 1929 le compositeur Pierre Vellones mit en musique ce poëme qui parut, pour piano et chant, sous le titre Ronde/ chez l’éditeur Henri Lemoine en juillet 1930. La version originale est écrite pour chant, quatuor de harpes chromatiques, contrebasse et deux saxophones.