P. 62. CHANSONS BAS
(Paris, 1889.)
Ces petits poëmes furent écrits pour servir de prétextes ou de légendes à des dessins de Jean-François Raffaëlli qui parurent sous le titre général de Les types de Paris en livraisons successives d’une dizaine de pages, au prix de 2 fr. 50 la livraison (édition du Figaro. E. Plon, Nourrit et Cie imprimeurs-éditeurs, Paris). Celle à laquelle collabora Mallarmé est le n° 7 ; elle contenait une esquisse de Paul Bourget, intitulée Professeur libre et les poëmes de Mallarmé sous le titre de Types de la Rue. La signature des collaborateurs y est reproduite en fac-similé. Chacun des poëmes est illustré d’un dessin de Raffaëlli, dont un en couleur pour la Marchande d’habits.
Dans ce recueil, le premier poëme était intitulé la Petite ?narchande de Lavande et devint le second dans Chansons Bas sous ce nouveau titre : la Marchande d’herbes aromatiques ; Mallarmé en modifia la seconde strophe qui était, primitivement :
...s'il
En décore la faïence Où chacun jamais complet Tapi dans sa défaillance Au bleu sentiment se plaît :
et l’avant-dernier vers :
Pour décerner à l'époux...
L’ordre, ensuite, était ainsi :
Le Marchand d'ail et d’oignon.
Le Carreleur de souliers (devenu le Savetier ); l’avant-dernier vers était alors :
11 recréerait nos souliers
Le Cantonnier.
Le Crieur d'imprimés.
La Femme du Carrier.
La Adarchande d'habits.
NOTES ET VARIANTES
Aucun de ces textes ne fut autrement modifié par la suite : le Vitrier ne figura pas dans l’album de Raffaëlli, et fut ajouté dans l’édition de 1913 des Poésies ( Nouvelle Rente française). Pour l’édition Deman (1899) Mallarmé n’avait conservé, sous le titre de Chansons Bas, que les deux plus longues pièces : le Savetier et la Petite Marchande de Ravaude qui, disait-il dans sa Bibliographie, « commentent, avec divers quatrains, dans le recueil les Types de Paris, les illustrations du maître-peintre Raffaëlli, qui les inspira et les accepta ».
Sur un carnet relié de cuir noir où sont, recopiés de la main de la fille du poëte, la plupart des Vers de circonstance , on trouve toutes ces pièces, y compris le Vitrier, avec cette indication : « Pour les dessins de Raffaëlli », et dans cet ordre :
Le Cantonnier.
Le Marchand d'ail et d'oignons.
La Femme de l’ouvrier (précédemment : la Femme dit carrier).
Le Carreleur de souliers.
La Jeune marchande d’herbes aromatiques.
Le Vitrier.
Le Crieur d'imprimés.
La Marchande d’habits.
En dépit de son titre modifié, le texte de la Jeune marchande d’herbes aromatiques y est conforme à celui de l’album Raffaëlli : tous les autres textes sont identiquement reproduits dans Poésies (N. R. F., 1913).
En 1920, parut aux Éditions de la Sirène un cahier de mélodies. Chansons Bas, comprenant le Savetier, la Marchande d’herbes aromatiques , le Cantonnier, le Marchand d’ail et d'oignons, là Femme de l’ouvrier, le Vitrier, le Crieur d’imprimés et la Marchande d’habits, mis en musique, à Rio-de-Janeiro en octobre 1917, par M. Darius Milhaud.
Dans un billet adressé par Mallarmé à Méry Laurent, on peut lire : « Voici, pour toi seul, petit Paon, ces vcrsiculets ne m’appartenant plus, ma collaboration à l’Album de Raffaëlli, dont je reçois et t’envoie, pour t’amuser, les épreuves. » Sur l’une de ces pages on voit ce titre : La jeune marchande de lavande ou d’herbes aromatiques.