‹ OEuvres complètesChapitre 581 sur 655 · P. 254. LES POÉSIES PARISIENNES · texte numérisé non relu

P. 254. LES POÉSIES PARISIENNES

(Sens, 1862.)

Ce second article parut dans le numéro du samedi 22 mars 1862 du Sénonais.

NOTES ET VARIANTES

Parmi les papiers du poète, figurait ce texte, découpé dans le journal, et collé sur deux feuilles, portant une correction manuscrite que nous avons introduite ici.

Au 3 e paragraphe : annonceront au lieu de « annonceraient ».

HÉRÉSIES ARTISTIQUES L’ART POUR TOUS (Sens, 1862.)

On ne s'explique pas comment cet article est demeuré si longtemps ignoré, même des mallarméens; l’Artiste, où il parut le 15 septembre 1862, étant une revue familière aux historiens de la poésie et des beaux-arts du xixe siècle. Mallarmé, par la suite, ne le jugea pas digne de figurer dans l’un de ses recueils de prose, lui reprochant vraisemblablement ce ton, un peu, d’invective dont il se garda, dès qu'il fut maître de son style; mais, tel qu’il est, cet article est un précieux témoignage, et surprenant, de la précocité de ses convictions artistiques et de la fermeté avec laquelle, dès le début, il s’y conforma.

Cet article figura dans l’Artiste du 15 septembre 1862 (p. 127, col. 1 et 2; p. 128, col. 1 et 2).

Ce numéro comptait entre autres collaborations, celle de Charles Coligny, avec un article sur les Expositions de Province et de l’Étranger et celle, pour les Théâtres, d’Hector de Callias, qui devait, peu après, épouser Nina Gaillard (future Nina de Villard) dont Mallarmé avait fait la connaissance à Fontainebleau en mai précédent.

Mme Noulet a eu le mérite de montrer l’importance de ce jeune manifeste : « Ni les contemporains, dit-elle, ni les disciples, ni les critiques ne l’ont découvert... Quant à Mallarmé, on comprend mieux que, l’ayant publié par ferveur et par inadvertance, qu’ayant pris ensuite conscience de sa valeur indicatrice, il ait contribué, par son silence, à le faire oublier. Fidèle pendant trente ans à cette page première, il agit envers elle comme envers ses plus chères fidélités, il la tient secrète... Hâtons-nous de surprendre, à l’état naissant, une pensée qui se voudra bientôt inaccessible; à l’état irréfléchi, une doctrine qui s’ignore en tant que doctrine. Mallarmé n’écrira plus rien qui ait cet élan ni cette juvénile intransigeance. » (E. Noulet, l’Œuvre poétique de Stéphane Mallarmé, pp. 36-37.)

SYMPHONIE LITTÉRAIRE (Tournon, avril 1864.)

La Symphonie littéraire parut dans le numéro du Ier février 1865 de P Artiste et ne fut réimprimée qu’assez récemment dans l’appendice de la Bibliographie de Stéphane Mallarmé, par MM. Montel et Monda (Giraud-Badin, Paris, 1927).

MALLARMÉ

NOTES ET VARIANTES

La Bibliothèque Jacques Doucet (Université de Paris) en possède un manuscrit qui porte le titre de Trois poèmes en prose.

Le 13 mai 1864, Mallarmé recevait de son ami Eugène Lefébure la lettre suivante : « Je me hâte de vous donner mon avis sur vos poëmes. J’en trouve l’idée originale et juste : la forme en est fouillée d’une manière exquise comme tout ce que vous écrivez; vous avez partout de rares bonheurs d’idées et de mots. Baudelaire, en paysages surtout est neuf, étrange et puissant... Oui Gauthier {sic) est bien la perfection grecque, Baudelaire le parfum du péché et Banville la poésie jeune. Toutefois il me semble qu’en peintre ami, vous avez un peu flatté vos portraits. Banville surtout se trouvera grandi... S’il y a profusion de lauriers, ils ne s’en plaindront pas, I arn sure. Ils ne se plaindront pas non plus du petit miracle que vous avez fait : je veux dire qu’en les peignant, vous vous êtes peint vous-même et que vous avez mis quatre poètes dans trois... »

Comme Mallarmé communiquait alors à son ami Lefébure tout ce qu’il composait, aussitôt qu’achevé, on peut en conclure que cette Symphonie littéraire dut être terminée à la fin d’avril et que l’auteur en fut assez satisfait pour penser à la publier aussitôt.

En effet, dans une lettre à Albert Colignon, directeur de la Revue Nouvelle, le 26 juin 1864, il disait : « Si vous aviez encore Trois poëmes en prose que je vous avais envoyés il y a environ six semaines, je vous serais bien obligé de me les adresser, car je n’en ai qu’un brouillon incomplet. »

Le texte de cet état de la Symphonie Tittéraire, envoyée à Colignon, peut-être le premier (collection H. M.), semble être semblable à celui qui aurait été communiqué à Eugène Lefébure. Il présente avec le texte définitif de si nombreuses variantes, qu’il faudrait le reproduire en entier. Il a bien pour titre : Trois poëmes en prose.

C’est vers le même moment qu’ayant envoyé ses Trois poëmes à Théodore de Banville, celui-ci lui répondait : « J’ai lu et relu vingt fois les belles pages que vous m’avez envoyées. Si je ne puis m’empêcher de voir que vous me louez mille fois trop et d’en être confus, je me rassure en songeant que je suis là seulement un prétexte, grâce auquel vous chantez d’une façon merveilleuse un des plus beaux aspects de notre chère et sainte poésie. Baudelaire et Théophile Gautier sont exprimés avec un enthousiasme communicatif et avec un art profond (mais il y a là quelque chose de plus que l’art !) dans les deux poëmes qui leur sont consacrés. Tout cela m’a fait beaucoup de bien et m’a rendu très heureux. »

Le 1 8 avril 1 864, il devait n’y avoir qu’un de ces poëmes d’achevé, car une lettre d’Emmanuel des Essarts dit à Mallarmé : « J’ai beaucoup aimé ton poëme et il me fait bien augurer des deux autres; beaucoup aussi la dédicace à l’impuissance. C’est très original et très nouveau. »

Après la publication dans V Artiste, nous n’avons trouvé dans la correspondance du poëte aucune allusion à cette Symphonie

NOTES ET VARIANTES

littéraire , non plus que dans les lettres de ses amis ; quant aux trois maîtres ainsi loués, on ne sache pas que Baudelaire, alors à Bruxelles, ait répondu à ce témoignage d’admiration. Si Théophile Gautier le ht, sa lettre ne s’est pas retrouvée dans les papiers de Mallarmé; pour Banville, il avait, nous l’avons vu, marqué sa gratitude avant la publication même.

Ernest Raynaud dans Une page retrouvée de Stéphane Mallarmé (En marge de la Mêlée symboliste , Mercure de France, 1936) appelle ces pages : « une rêverie très personnelle autour de l’émotion intellectuelle provoquée par ces trois poètes ».

M. Henry Charpentier (De Stéphane Mallarmé, Nouvelle Revue Française, Ier nov. 1926) a dit : « Mallarmé public en 1865, dans l’ Artiste, un important article où il rend à Baudelaire, à Gautier et à Banville, les honneurs qu’il leur doit, mais qui sonne comme un adieu. »

Nous avons trouvé parmi les papiers du poète un exemplaire, découpé et corrigé, de cet article de F Artiste, précédé d’une feuille sur laquelle, d’une écriture datant de 1880-90, était inscrit ce titre : Trois livres de vers sur mon divan. — Invocation puis soliloque.

Les corrections de l’auteur, que nous avons incorporées à notre texte, sont les suivantes :

I. — 4e ligne avant la hn : émersion au lieu de « immersion ».

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