SCENE m. — RoDOLFO, Anafesto
Rentrée soudaine de la Tisbc :
«Je reviens seulement pour te dire un mot : Je t'aime! Maintenant, je m'en
vais. »
— Cette charmante trouvaille est ajoutée après coup en marge. A la fin de l'acte, la date : S février, midi.
DEUXIÈME JOURNÉE
En tcte, la date : 6 février.
A la marge de la description du décor, un petit croquis à la plume de ce décor :
SCkNE IL HOMODEI, RoDOLFO.
Première version, en partie biffée avec soin sur le manuscrit.
RoDOLFO. — ... Catarina Bragadini! la femme du podesta! — Dites-moi, est-ce que vous ne trahissez personne ici ?
HoMODEi. — Encore des questions sur moi, monsieur. Je vous ai déjà dit que je n'y réponds pas. Si vous avez peur, il est temps encore, voici la porte ouverte, allez-vous-en.
RoDOLFO. — Mais Catarina?...
HoMODEi. — Qui vous dit que je ne viens pas de sa part?
RoDOLFO. — De sa part? Ah oui! il a raison. Quel trait de lumière! Suis-je fou de ne pas avoir deviné cela! Oh! merci! et pardon! Oh! que Dieu vous récompense! Je n*ai sur moi que ma bourse. . .
HoMODEi. — Je suis payé. — Restez-vous ?
246 ANGELO
RoDOLFO. — Si je reste I si je reste I Mais c'est pour elle et non pour moi <jue je craignais. As-tu pu te méprendre à ce point I Que m'importe ma vie? Oh! la revoir. . .
Victor Hugo s'est vite aperçu que Rodolib se fiait bien légèrement à la seule parole d'Homodei. Il a cherché des raisons meilleures et écrit en marge le récit fait par Homodci de l'attaque nocturne, dont Rodolib ne peut douter puisqu'il en a été le principal acteur.
Dans une première version , la scène finissait ainsi :
RoDOLFO. — Oh! est-ce que je ne peux rien pour vous?
HoMODEi. — Rien. — Au Êiit, si.
RoDOLFO. — Quoi?
HoMODEi. — Remettre ce billet vous-même de ma part à madame Catarina.
RODOLFO, prenant la lettre. Jc le ferai.
HoMODEi. — Adieu.
RoDOLFO. — Ma vie est à vous.
HoMODEi. — Jc le sais.
Victor Hugo a renoncé à ce moyen qui aurait dénoncé trop tôt la trahison d'Homodcj. Le sbire, quand Rodolfo va au balcon, pose simplement la lettre sur la table de Catarina.