‹ Œuvres complètes. ThéatreChapitre 304 sur 336 · TROISIÈME PARTIE. — LE CAVEAU PERDU · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIE. — LE CAVEAU PERDU

N'en crois rien! Tu n'es pas mon fils! non, mon Otbert!

Vois-tu, quand on est vieux, le souvenir se perdj

Mais, la nuit du sabbat, tu le sais, on égorge

Un enfant. C'est ainsi qu'on a tue mon George.

Des juifs. J'en eus la preuve. Otbert! rassure-toi.

Sois tranquille, mon fils!... — Eh bien, encore! Voi,

Je t'appelle mon fils. Tu vois bien. L'habitude! —

Mon Dieu! crois-moi, la lutte à mon âge est bien rude!

Ne garde pas de doute, obéis-moi sans peur!

Vois, je baise ton front, je presse sur mon cœur

Ta main qui va frapper et qui restera pure! ^

Toi, mon fils! — Ne fais pas ce rêve! — Je te jure...

— Mais, voyons, réfléchis, toi qui penses beaucoup. Toi qui trouves toujours le côté vrai de tout.

Je me prêterais donc à ce mystère horrible.»^

Il faudrait supposer... — Est-ce que c'est possible.^

— Enfin, j'en suis bien sûr, puisque je te le dis! — Otbert, mon bien-aimé, non, tu n'es pas mon fils!

LA VOIX, dans Tombrc.

Régina ne peut plus attendre qu'un quart d'heure.

OTBERT.

Régina !

JOB

Malheureux! tu veux donc qu'elle meure.''

OTBERT.

Dieu puissant! Aussi, moi, mon Dieu! j'ai trop lutté! Je me sens ivre et fou! Dans ce lieu détesté ^ Où les crimes anciens aux nouveaux se confrontent, Les miasmes du meurtre à la tête me montent! L'air qu'ici Ton respire est un air malfaisant.

Egaré.

Est-ce que ce vieux mur veut boire encor du sang.^

JOB, lui remettant le couteau dans la main.

Oui!

OTBERT.

Ne me poussez pas!

JOB

Viens !

iurBinraïC «atiobalk.

OTBERT.

Je glisse à Tabîme!

Je ne me retiens plus qu'à peine aux bords du crime. Je sens qu'en ce moment je puis faire un grand pas, Faire une chose horrible! — Oh! ne me poussez pas!

JOB

Donc sauve l'innocent et punis le coupable!

OTBERT, prenant le couteau.

Mais ne voyez-vous pas que j'en serais capable.'^ Savez-vous que je n'ai qu'à demi ma raison.'^ Qu'ils m'ont fait boire là je ne sais quel poison, Eux, ces spectres masqués, pour me rendre la force .^ Que ce poison m'a mis au cœur une âme corse .^ Que je sens Rcgina qui se meurt .^ et qu'enfin La louve est là dans l'ombre, et la tigresse a faim?

JOB

Il est temps! Il est temps que mon crime s'expie. Donato m'implorait ici. Je fus impie.

Otbert, sois sans pitié comme je nis sans cœur! Je suis le vieux Satan, sois l'archange vainqueur!

OTBERT, levant le couteau.

De ma main, malgré moi, Dieu! le meurtre s'échappe!

JOB, a genoux devant lui.

Vois quel monstre je suis! je le poignardai! Frappe! Je le tuai! c'était mon frère!

Otbert, comme fou et hors de lui, l^ve le couteau. Il va frapper. Quelqu'un lui arrête le bras. Il se retourne et reconnaît Tempereur.

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