V. Tallemant
SUR Théophile. xix
étoit pendant. Le procureur général est allé à Saint- Germain , il a parlé au roi de Théophile , et il ajoute : « Vous savez la peine que j'ai toujours eue de Tesprit « de celui duquel on a trouvé les lettres, combien de a fois j'ai accusé son libertinage; mais je me plaindrois «justement, à cette heure, de sa trahison à l'amitié « et au témoignage que je lui en ai rendu. Celui qui a « les lettres les a montrées à tout le monde et à M. le
rt premier président, qui n'épargne pas » Il ne
s'agit pas de Théophile : Mathieu Mole en parleroit ouvertement. Ce n'etoit pas de Théophile quil s'étoit tant occupé. N'est-il pas question de des Barreaux, conseiller au Parlement comme son père ? Théophile l'a gourmande pendant sa captivité :
Sans eux (sans mes périls) je n'aurois veu jamais ton ame Tousjours la lascheté m'avoit esté couverte ; [ouverte:
L'excez de mon malheur n'est crue) qu'en ce point Qui me dit malgré nioy que tu ne m'aimes point.
Des Barreaux aura eu peur : ses lettres a Théophile auront été trouvées... De là scandale, rumeur. Et pour quelle part l'amour de Corydon pour le bel Alexis entroit-il dans ce scandale ? C'est ce que savoient les contemporains, c'est peut-être ce que Tallemant nous a répété... Mais MoIé parle seulement de l'esprit de celui duquel on a trouvé les lettres de son libertinage.
Prenons donc Théophile pour un homme de plaisir , menant gaîment son existence de poète, vivant sur le pied d'une noble familiarité avec de jeunes courtisans dont les mœurs n'étoient pas meilleures que les siennes, et incapable d'abriter les libertés de sa vie sous le voile de l'hypocrisie. Ces heureuses années s'écouloient , et elles avoient amené au Louvre une jeune et belle reine; elles avoient emporté Concini, éloigné la reine-mère, vu poindre la faveur de Luynes. La pièce que nous avons déjà citée* nous apprend que Théophile « avoit « été exhorté plusieurs fois de n'escrire point, comme il