‹ Œuvres complètesChapitre 20 sur 65 · L. Filin est mis là pour Voisin · texte numérisé non relu

L. Filin est mis là pour Voisin

DE Théophile.

Et certes je commence à craindre Qu'un passant, au lieu de te plaindre, Ne s'amuse à se mocquer d'eux.

Dessus ces fantasques tableaux Je mettray ces riches peintures , Dont parmy les races futures Tous les traicts seront trouvez beaux Socrate en la fin de sa vie , Ta belle Maison de Sylvie , Thisbé, Pirame en son malheur, Dont la pitoyable advanture Estonna si fort la nature Qu'un fruit en changea de couleur.

Du plus hardy traict de nostre art, Dessus ce monument superbe Sera le portraict de Malherbe , Et plus haut celuy de Ronsard, Qui, s'ostant chacun la couronne Dont leur docte chef s'environne , Diront, par cette humilité, Qu'on ne peut refuser hommage A la grandeur de ton ouvrage Sans un excez de vanité.

Bref, enfin ma main te promet, Sous la faveur d'un bon augure , D'y placer encor ta figure.

Que je gardois pour le sommet :

Là, d'un air aussi doux que grave, Mon dessein veut que je la grave Toute droicte, eslevant les yeux.

Pour dire aux âmes insensées Que tu ne prenois tes pensées En aucun lieu que dans les cieux.

0 Dieu , le triste souvenir De ta mort, cher amy, me tue,

10 Le Tombeau de Théophile.

Et fait qu'au bas de ta statue

J'escris ces six vers pour finir :

iCy gist un homme incomparable , jQue le sort rendit misérable ; rPassant, son ios ne périra :

Car son œuvre n'a que reprendre ;

Son nom , si tu le veux aprendre ,

Tout l'univers te le dira.

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