Dans son apologie, Garasse avoue avoir remplacé le mot
SUR Théophile. liij
« 6" Job recogneut fort bien les flammes éternelles, « mais il ne les mérita jamais , et pria Dieu de l'en <i garentir; et Théophile, recognoissant des flammes «c éternelles , estoit ou si insensible de les désirer, ou a si profane de les appliquer à ses impudicitez , car « c'est ainsi quil parle en la page cciii de ses œuvres :
Moy, je demande seulement Du plus sacré vœu de mon ame Qu'il pleust aux dieux et à ma dame Que je brusle éternellement.
a Je prie le bon Dieu, pour le zèle que je porte à «c son salut , qu'il ne luy accorde pas,le contenu de ses a requestes, car elles sont de la nature de celles dont « parloit Seneque , lesquelles ne peuvent estre accor- « dées aux postulans qu'à un très grand préjudice de ^« leur bonheur. »
Au sujet du Traité de l'immortalité de l'âme : « Je a m'attens bien qu'on me mettra devant les yeux , pour cr m'imposer silence, le Traicté de l'immortalité de Tame, « faict et imprimé par un je ne sçay qui , soy-disant a Théophile , qui est estimé Tun des principaux chefs a de la bande libertine, et que par conséquent j'ay tort a de diffamer ainsi mal à propos des personnes d'honte neur, qui sont en crédit et authorité aux meilleures a compagnies. Il est vrai que j'ai leu ledit Traicté de « l'immortalité de l'ame conjoinctement avec sa Larissa, « qui est une pièce grandement deshonneste. iMais à « cela je respons deux choses : la première , que j'ay a bien veu des Bréviaires imprimés à Genève , quoy a qu'à Genève on ne recite ny vespres ny matines , et K ceux qui se moquent de nostre Bréviaire sont ceux-là « mesmes qui le font imprimer à cause qu'ils voyent « que c'est un livre de bon usage , qui se débite aise-
incague par des points , afin d'assimiler cette épigramme au sonnet sodoniite du Parnasse satyrique et à la satire des Sueurs impudiques « où se trouve profanée la sainte ampoule de Reims ». Plusieurs mots de ces pièces ne sont imprimés qu'à moitié et sont terminés par des points. C'étoit , de la part du jésuite , une escobarderie.
liv Notice
« ment. Ainsi ce Théophile, pour relever un peu les « brèches de sa réputation et endormir les plus foibles « esprits, s'est advisé, durant les longueurs de son a bannissement, de traduire le Phaedon et le faire imti primer, luy donnant ce tiltre De ï'immorlalUé de « l'ame , d'autant qu'il s'est apperceu que c'est la « commune créance de tout le monde, et que, pour « effacer ses anciennes flestrissures , il n'y avoit un plus « souverain remède que de faire l'hypocrite aux des- « pens de Socrate , et faire suer les presses d'impri- « merie un peu plus honneslement qu'il ne sua jadis te par ces anciennes sueurs dont il se vante Iny-mesme « en la première page du Parnasse satyrique.
« C'est ainsi que Lucilio Vanino, le plus infâme « atheiste de nos jours, a cependant escrit contre les « atheistes, ainsi qu'un usurier crie contre les autres, « quoy que ce soit avec un dessein bien différent. Ainsi « Théodore de Beze a faict des epigrammes contre « l'impudicité; ainsi les autheurs de la Quintessance ft satyrique ont composé contre l'yvrognerie , et j'at- « tens qu'au premier jour le ministre Moulin fera un « livre contre la bouffonnerie.
a La seconde chose que je responds à l'Immortalité de « ce Théophile, c'est qu'il a beau dire, ses actions dea mentent sa paroUe; sa plume n'est pas semblable à « son discours ; les tavernes regorgent encore des honte teuses et vilaines propositions qu'il a vomy dans leurs te sales. 11 me souvient que Martin Luther, pourmonstt trer avantageusement qu'il ne croyoit point l'imt( mortalité de l'ame , dit que, quant à luy , il ne prête noit aulre consolation qu'à manger et à boire y te ainsi que j'ai rapporté cy-dessus. Or, c'est le mesrae « sentiment et la mesme profession de foy que faict ce te Théophile, car voylà comment il parle en la page tt cent vingt et deux de-ses œuvres ramassées , quand il ee descrit l'entretien de ses tristes pensées durant son « bannissement :
Autrement, dans Tennuy d'un lieu si solitaire , Où l'esprit ny le corps ne treuve rien à faire,
SUR Théophile. Iv
Où le plus philosophe , avecques son discours. Ne sçauroit sans languir avoir passé deux jours , Le chagrin m'eust saisy, sans une grande chère Qui deux fois chasque jourenchantoit ma misère: Car je n'ay sceu trouver, de l'humeur dont je suis , Un plus présent remède a chasser mes ennuys ; Et si , comme tu dis , vous avez tous envie De me faire passer un jour de douce vie , Appresle de bons vins.
« Telle fat la consolation de Martin Luther, et telle est ft aujourd'huy la consolation de Théophile : boire , mantt ger, senyvrer; au partir de là, bon esprit et sainct « personnage.
a ... Si Luther est le premier qui ait proféré cette « parolle, que pour cent ans de vie en ce monde il « quitteroit volontiers sa part de paradis, il peut avoir a cette misérable consolation qu'il a esté suivy de a beaucoup d'autres, autant ou plus libertins que luy : 0 car, pour laisser les horribles blasphèmes des autheurs « du Parnasse de Théophile , qui posent leur paradis M en leurs impudicitez, et leur enfer en Tesloignement « de la cour , et , faisant bonne chaire deux fois le jour , a disent que Job n'a jamais enduré un martyre pareil « au leur, qui est une profanation très impie de TEsa criture Saincte, ce qui me faict hérisser le poil et gla- « cer le sang dans les veines, c'est l'impunité avec laa quelle nos libertins font courir deux sonnets non im- « primez parmy les gens de la cabale, l'un et l'autre si n blasphématoires, que le diable, voulant faire des sona nets , ne sçauroit en composer de pires. »
ce Au premier, ils mettent la félicité du paradis à a l'enchère et vendent tous les plaisirs des bien-heu- « reux , tous les contenteraens de l'autre vie et tous les « meubles du ciel empyrée pour un double, comme « si Dieu estoit un banqueroutier, ou que, pour s'aca quiter de ses debtes, il fust contraint d'exposer à a l'encan tous ses moyens. Au second, qui est addressé o à un seigneur assez renommé parmy les libertins , ils a protestent qu'ils ne sont pas de ces buses qui se lais-
Ivj Notice
« sent prendre à la pipée pour Tesperance d'un paradis « imaginaire; que c'est une lycanthropie d'esprit qui « a introduit cette fable du paradis et de l'autre vie ; a que, pour eux , ils n'en croyent rien non plus que des ce fables d'iEsope, et que, pour se guérir l'esprit de ces « sottes imaginations, le meilleur remède est de s'ente yvrer profondement.
« Je vous demande pardon, lecteur catholique, si « j'ose profaner vos oreilles par le récit de si horribles ce impietez , et je vous asseure que si ces deux pièces ce de poésie n'estoient communes et trivialles entre tous a les libertins, je n'en eusse faict aucune mention. Je te n ay pas voulu neantmoins les transcrire ny coucher a sur le papier, de peur de les enseigner à ceux qui ne ce les sçavent pas : il me suffit que vous appreniez avec te horreur que l'impiété est maintenant en règne, et qu'à te grande peine pourra-t-elle jamais s'estendre et des- « border au-delà de ce que nous voyons. »
La section vingt et unième est faite sur le mot Rien. 11 paroît que Théophile avoit dit, en parlant du péché originel, que nos premiers parents avoient été chassés pour rien du paradis , et sur ce rien Garasse entasse toute sorte de déclamations. 11 paroît aussi que les mots Vinquisition d'Espagne, la tyrannie du pape , éio'ieni employés par Théophile dans ses discussions religieuses, et ils prouvent que le huguenot avoit été mal converti; ils prouvent aussi que les espions des jésuites écoutoient aux portes, te Un je ne sçay qui disoit , il n'y a pas un te moys, à une personne, laquelle il redouble : Je campe te maintenantj depuis le retour du roy. » Et le révérend cite Tertullien : Sedes incerta, vita cruday libido promiscua.
Les injures ne tarissent pas , et le poète est accusé d'avoir décrié son pays : ce Nous le descrire comme les a faux-bourgs d'enfer , c'est en cela qu'il sera desad- « voilé de tous ceux qui accompagnèrent le roy à la t( conqueste de ses villes rebelles, qui confessent que dea puis la feue ville de Tonins jusques à Clerac est le oc plus agréable paysage et le meilleur terroir qu'ils
SUR Théophile. Ivij
« ayentveu en France : car, en effect, on dit que les huit guenots et les crapaux ne se logent jamais qu'en a bonnes terres. » Le poète a eu le malheur d'appeler son pays son bannissemeîit.
Panât est aussi bon catholique que luy.
Les libertins ont leur bibliothèque : Pomponace , le Paracelse , Machiavel, et au second rang Hierosme Cardan, Charron et Lucilio Vanino.
« Le troisiesme ordre qui se void en la bibliothèque a des libertins sont des livres qui concernent non « seulement la créance, mais qui touchent aussi les moi- « nés, et sont des ouvrages d'une si horrible impudi- « cité que j'ay honte d'en parler clairement; seulement « diray-je que ces vilains, et nommément l'Amy de a Dieu , qui porte la marotte , et faict un bouchon de a son nom au Parnasse et à la Quintessance, ont faict en « sorte qu'on estimera désormais aucunement honnestes « et passables les Priapées , le Petronius , le Martial a et les impudicitez de Beze.
« Outre et pardessus ces trois ordres de livres , les « libertins ont en main le Rabelais, comme l'enchiridion a du libertinage. Ce vaurien ne mérite pas la peine « qu'on en parle; je dis seulement que, pour le bien a qualifier , il faut dire de luy que c'est la peste et la « gangrené de la dévotion. Il est impossible d'en lire a une page sans danger d'offenser Dieu mortellement , « je dis quand mesme il ne seroit point défendu par les a censures ecclésiastiques. Je proteste en conscience que « je n'en ay jamais leu quatre lignes de suitte; mais, à Ci voir ce qui est rapporté de luy dans les œuvres de a maistre Estienne Pasquier , lesquelles j'ay assez dili- « gemment feuilletées , j'estime que Rabelais est un très « maudit et pernicieux escrivain , qui succe peu à peu « l'esprit de piété, qui desrobe insensiblement l'homme « de soy-mesme, qui anéantit le sentiment de religion, « en un mot KiîTTToâytos Yuxox>i7TTïj5 , qui a faict plus a de degast en France par ses bouffonneries que Calvin ce par ses nouveau tez. »
Les dernières lignes de ce livre indigeste sont un
Iviij Notice
dernier reproche adressé à Théophile : il a changé son nom , il s'appelle Théophile tout court.
Ces extraits peuvent donner une idée de ce gros inquarto appelé la Doctrine curieuse, V Anti-Théophile ^ espèce de ragoût assaisonné d'une prodigieuse érudition et de cette éloquence populaire qu'affectionnaient les prédicateurs de la Ligue. Autant de sections , autant de litanies de maudits : Luther et Calvin , Charron et Lucilio Vanino; enfin, Théophile.
La Doctrine curieuse fut bientôt suivie d'une Apologie. En effet , Ogier, prieur commendataire de Chomeil, s'étoit empressé de publier une réponse à Garasse : Jugement et censure de sa Doctrine curieuse, Paris , 1623, in-8. Ce jeune Ogier étoit grand ami de Balzac, et il écrivit, dans cette circonstance, sous ses inspirations, comme il fit en écrivant V Apologie de Balzac. Cet ouvrage passe même pour être de Balzac. Nous verrons que ce dernier avoit une vieille rancune contre son ancien régent Garassus , qui étoit comme lui d'Angouléme , et y avoit fait les quatre vœux en 1618, après avoir consacré plusieurs années à l'enseignement. Il va sans dire qu'Ogier fait bon marché de Théophile ; mais, en attaquant l'ouvrage en lui-même , il mit le jésuite dans la nécessite d'en défendre le but et de préciser ses précédentes accusations.
Ogier reproche notamment à Garasse de parler à chaque instant de la Pomme-de-Pin et du Cormier : a II a y nomme incessamment ces lieux de desbauches, la « Pomme-de-Pin et le Cormier, jusques à en saouler le a lecteur, non à deux pistolfes par teste , car il ne luy a sert autre mets que ces deux noms de taverne :
Il ne donne au lecteur (viandes malheureuses) Que des pommes de pin et des cormes pierreuses.
« Tellement que qui veut maintenant sçavoir où «t sont les fameuses tavernes , qu'il lise Garasse ; qui ce veut sçavoir à quel prix on y est traicté , qu'il lise a Garasse ; qui veut sçavoir où se vend le bon vin ,
SUR Théophile. lix
« qu'il lise Garasse. Vrayment , s'il vient à mourir,
Marris en seront les voisins, Car il enseignoit les bons vins.
et Quant à la Pomme-de-Pin , je ne sçay pour quelle « raison il en fait mention nommément ; pour le Cor- « mier, sans doute il luy met un bouchon dans son lia vre , pour le recompenser d'un traictement qui luy « fut faict lorsqu'il preschoil cest advent passé à Sainct- « Eustache. »
Le jésuite répond dans son Apologie :
« Lucilio Vanino et ses compagnons ont, à leur ad- « vis , quelque froide excuse en leur impiété, sçavoir : « une .resolution philosophique qui les porte au mespris « de la mort, et de là les jette furieusement jusques à « celuy de leur ame. Théophile Viaud et ses complices u semblent se mettre à couvert des reproches qu'on « leur faict par un lasche et faux desadveu de leurs « vilainies. Les frères de la Croix de Roses sont du naa turel de la rose , et ont quelques demangezons amou- «» reuses, comme les appelle Julian l'empereur, car les « amorces de sçavoir toutes choses , le désir de se ren- « dre immortel, l'espérance, quoyque vaine, de s'enri- « chir sans travail , sont veritablementE/swrtxà y.vi<JiJ.xroc, « Les illuminez de Seville n'ont pas faute de couleur « pour plastrer et enduire leurs erreurs; mais quand « 1 abomination de désolation se loge dans ce sanctuaire, « c'est-à-dire quand les ecclésiastiques changent trais- « treusement de party , et se glissent dans les tentes de t( l'anlechrist non lanquam exploralores, sed tanquam « transfuga^ nous pouvons dire que l'affaire est deses- « perée, et adjouster, en gémissant , ce que nostre Sei- « gneur disoit : Quand vous verrez ces choses , levez « vos testes , pour ce qu'asseurement le jour de vostre « rachat s'approche.
a Je ne suis point entré dans les cavernes , et moins « dans les tavernes , pour descouvrir les blasphèmes a horribles de Viaud et ses complices, car ce qu'il (Ogier) « dit touchant le sieur Cormy, et du soupper que j'y
Ix Notice
a pris , il a esté fort mal informé ; et, s'il se fut enquis a plus outre , il eust appris que le sieur Cormy me don- « noit à soupper tousjours devant les advens , suyvant « la cousturae et la commission qu'il avoit de Messieurs a les marguilliers de Sainct-Eustache , et que souvent a il souppoit avec moy luy-mesme et un très honeste « homme de ses amis, qui ne receurent jamais que très a bonne édification de ma hantise.
« Nostre ecclésiastique, reconnu dans Paris, ou pour le a moins dans les cabarets de Paris, pour compagnon et « camarade éternel de Théophile Viaud , se fasche fort « contre moy de ce que , pour qualifier la secte des lift bertins , je ne l'appelle quasi point autrement que ïes- « cholle de nos jeunes veaux.-.
« Le dernier remède est d'envoyer nos jeunes sodomia tes et épicuriens en galère.
a Théophile est un beau nom , mais il est accompagné « de très laides circonstances. Pour mon particulier, je a proleste devant le ciel et les anges que le motif que « j'ay de luy faire la guerre ne vient d'aucun interest « personnel ou particulier , et que , s'il est autre que je a ne pense, je suis son très fidelle serviteur; voire qu'il « soit ce qu'il est, je dis pour sa personne, je me mette trois en pièces s'il falloit employer ma vie pour son c< salut.
« Mais pour ce qu'il est publiquement ennemy de ce Dieu et lui faict la guerre par ses propositions séance daleuses, par ses mœurs , par ses desbordemens ordicc naires, je dis courageusement que, tandis qu'il sera a autre par effect que Théophile , ou qu'il sera seulert ment Théophile de nom, qu'il se bandera contre l'hona nesteté de mœurs , la religion et la pieté , il peut atct tendre de moy service, mais non pas paix. Je ne puis a perdre rien de plus ny rien de moins que la vie ; je ne a puis craindre rien de plus ny rien de moins que la ce mort. Jusques là j'auray du mouvement , du zèle et ce de la parole ; quant aux effects, ils suivront, si Dieu « le veut : Incrementum dal Deus.
« Tout le monde dit publiquement qu'il est atheiste,
SUR Théophile. Ixj
« corrupteur de la jeunesse et abandonné àtous les vices a imaginables ; mais quand il faut le déposer juridique- « ment, il se trouve peu de personnes qui ne soient a muettes...
a Je ne veux non plus rapporter les horribles blaso phemes et brutalitez du Parnasse satyrique qui por- « tent son nom , puisqu'il desadvoûe le livre et est « réduit à ceste nécessité d'avorter etestouffer son fruict « pour se justifier.» (Ce qui n'empêche pas le jésuite de revenir quelques lignes plus loin sur le sonnet et la satire.) 11 veut bien n'accuser que ces propositions :
Fragments d'une histoire comique. Première journée : Que le tempérament du corps force le nwuvement de l'âme.
a C'est-à- dire que qui a le tempérament du corps et (t la complexion portée à l'impudicité ou l'yvrognerie «doit estre yvrogne nécessairement et impudique... a Proposition tirée de l'eschole d'Epicure.
« ...11 faut avoir de la passion pour les belles fem- « mes.... Proposition brutale, contraire au texte de l'E- « vangile. »
...Il ne se porte plus aux voluptez secrettes qu'avec quelque modération , « qui est publiquement au- « thorizer l'impudicité. » Il aime la bonne chère , les a livres.
La bonne chère, « chose horrible et scandaleuse à un « homme de lettres ».
Le sonnet à Isis : Les dieux seroient contraints de pécher avec elle.
Sur la mort d'un de ses amis : Trois larmes en feront la raison : l'ame est mortelle.
Philis le regarde de travers : Dieu le père se venge sur lui de la mort de son fils : « parolles scandaleuses a qui mettent la mort de Jésus-Christ en parangon de a l'œillade d une garce. »
« Il est au Castelet, on va le conduire à la Conciergea rie. Au lieu de songer à sa conscience, il fait des stan- « ces. On parle à Paris de le faire brusler tout vif, et il a s'amuse à faire des rymes. »
Ixij Notice
Un divertissement qu'on doit permettre à l'homme, Et que Sa Saincteté ne permet pas à Rome,
la sodomie*.
« ...Pour conclusion de ce qui touche Théophile « Viaud , je dis que cet esprit desnaturé ne fait jamais « bien qu'en meschanc3té, et nettement qu'en vilenies ce Je dis nettement quant au style, et horriblement pour a les pensées et paroles. »
Théophile devoit payer seul les frais de cette petite guerre. Garasse se réconcilia avec Ogier, et lui écrivit le 7 février 1624 : « J'ay senti un contentement singulier, V sçachant et de vous et de ceux qui vous hantent ce plus familièrement que, grâces à Dieu, vous avez en « horreur les libertinages dont quelques uns vous accu- « soient trop légèrement , et que mesmes vous n'aviez a de vostre vie veu de cinquante pas seulement ce pau- « vre homme aussi mal nommé que mal morigéné, qui a a donné le principal sujet à mon livre de la Doctrine a curieuse.
« Nous sommes en cela semblables, car j'ay rendu oc grâces à Dieu mille fois de ne l'avoir jamais veu, tant a pour faire veoir au monde que je n'escris contre luy a pour aucun interest personnel , ainsi que quelques a foibles esprits se sont persuadez , comme aussi pour « ce que j'estime la veuë de semblables personnes du « naturel de celle du Basilic. Ab /i/s, dit Tertullian, vel a videri invisum est. »
La vue du poète ne devoit plus blesser les yeux de ses ennemis. Le Roi et le Parlement lui permettoient de fuir lentement; le P. Voisin et le lieutenant le Blanc ne le permirent pas. 11 faut lire dans la Requête et dans V Apologie au roi, dans la Prise de Théophile * et dans le Procès-verbal de son emprisonnement 3, la triste histoire de sa capture et de tout ce qu'il eut à souffrir; il faut voir se bander la grande et noire machine. Voisin
X. Le jésuite a changé punit en permet. V. l'Apologie de Théophile.