‹ Œuvres complètesChapitre 8 sur 65 · V. appendice, n» a. — 3. V. appendice, n · texte numérisé non relu

V. appendice, n» a. — 3. V. appendice, n

SUR Théophile. Ixiij

jouissoit d'un grand crédit auprès du cardinal de La Rochefoucauld, et le P. Caussin , confesseur du roi, avoit usé de toute son influence. Les espions furent bientôt sur la trace du fugitif, et le secret de ses retraites étoit •vendu. 11 fut pris au Catelet, dont le gouverneur craignit de se compromettre , et conduit ignominieusement de Saint-Quentin à Paris. 11 y arriva le 28 septembre, escorté par les archers de la compagnie Defunctis, et Yathée passa le seuil lugubre de la Conciergerie , assiégé par la foule avide de le voir. La tour de Wontgommery, le cachot de Ravaillac, le reçut. Ici commencent une nouvelle vie et un nouvel homme. Le malheur élève l'esprit et purifie l'àme. Saint Augustin et le roi-prophète furent les consolateurs du prisonnier. La lecture de saint Augustin est bien propre à ramener à la foi les esprits curieux et les imaginations vives et tendres. Ils retrouvent dans ses ouvrages toutes leurs fluctuations , la conciliation de la raison avec la foi , les effusions de l'amour divin, ce Platon m'a fait connaître le vrai Dieu », disoit saint Augustin, « et Jésus-Christ m'en a montré la voie ». Platon avoit déjà ouvert à Théophile une route nouvelle , un horizon plus vaste , et cette initiation au christianisme étoit complétée par saint Augustin. Ce fut la véritable conversion. Ajoutons que son talent acquéroit plus de maturité ; le cœur se faisoit entendre dans un langage plus sobre et plus ferme. Les vers sont plus soutenus , la prose est excellente. Le malheur est un rude conseiller, et quelquefois un sûr ami.

Le procureur général Mathieu Mole, auquel M. de Montmorency avoit écrit, dès le 16 août, en faveur de Théophile *, rédigea le projet de l'interrogatoire. Nous le reproduisons en entier ; on y remarquera la rigidité des parlements en matière de blasphèmes et d'impiétés.

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