‹ Œuvres completes. Tome premier, SermonsChapitre 18 sur 46 · RENE · texte numérisé non relu

RENE

il les embrassait toutes avec joie. Nul soin de ménager ses forces et sa santé. Il se laissait nourrir à l’anglaise, quoiqu'il y eût une grande répugnance et qu'il en souffrit beaucoup. Il n'eut pour ht qu'un matelas qu'il faisait étendre au milieu de sa chambre, quand il voulait se coucher. Il ne permit jamais qu'on lui allumât un feu particulier. C'était une sévérité sans relâche envers lui-même et les pénitences corporelles qu'il faisait lui donnaient encore un sentiment plus vif de toutes ses autres mortifications. L'argent qu'on l’obligeait de prendre pour sa pension allait bien au delà de ses besoins.

L'étroite pauvreté qu’il professait en augmentait de beaucoup le superflu : 1l lemployait tout entier à de bonnes œuvres et il s'imposa même, par un vœu exprès, l'obligation de n’en point faire d'autre usage. Il eut l'honneur de s’entretenir trois ou quatre fois avec le roi d'Angleterre ; il était appelé assez souvent, chaque semaine, auprès de Madame la Duchesse d’York : 1l n’a regardé en face, ni l’un, ni l’autre. Pour la princesse, il n’a pas même arrêté ses regards sur son visage, lorsqu'elle assistait aux sermons qu'il a faits dans sa chapelle durant dix-huit mois. Il semble qu'il faut être bien maître de soi-même

Page 1