NV
il ne pouvait cacher l'esprit qui le gouvernait. On était touché en le voyant et, quand on l’entendait parler, on n’eût pas osé concevoir des pensées indignes de la sainteté et un désir médiocre de l'acquérir. Sa seule présence inspirait des sentiments relevés à l'égard de Dieu et du salut.
On peut dire que, quelle que fût son occupation, l’oraison l’occupait toujours. Il s'était fait une si grande habitude de rapporter toutes ses réflexions aux choses célestes qu’il était incapable de considérer un motif et un intérêt humain. Comme il avait l’âme droite et éclairée, il jugeait extrêmement juste sur quelque affaire qu'il eût à traiter. Une personne sage n’avait pas de peine à l’en croire sur ses raisons; mais, quand 1l avait dit son sentiment, on demeurait tout convaincu que l'affaire était méprisable, à moins que Dieu n’en püût retirer quelque gloire. Et pour le Père, on s’apercevait bien qu'aussitôt il était rappelé à la considération des vérités éternelles, ou, pour mieux dire, qu’il ne l'avait pas interrompue en pensant à d’autres choses.
Si J'avais entrepris un éloge réglé du Père La Colombière, j'entrerais dans le détail de ses actions. Je ne pourrais pas me dispenser de le