‹ Œuvres complètesChapitre 243 sur 475 · La bataille de Rosbach avait été livrée le 5 novembre · texte numérisé non relu

La bataille de Rosbach avait été livrée le 5 novembre

3. Celui du 5 novembre, à Rosbach, où les princes de Saxe-Hildbourghausen et Rohan-Soubise perdirent tout, fors la vie. (CL.)

qui a raison, et tout l’attirail de Melpomène et de Thalie; c’est à Lausanne qu'est le théâtre. Nous plantons aux Délices, et actuellement je ne pourrais que traduire les Géorgiques. Cependant je vous envoie à tout hasard le petit billet! que vous demandez. Je croyais l'avoir mis dans ma dernière lettre; j'ai encore des distractions de poëte, quoique jeine le sois plus guère.

Je serais bien fâché, mon divin ange, de donner des spectacles nouveaux à votre bonne ville de Paris, dans un temps où vous ne devez être occupé qu’à réparer vos malheurs et votre humiliation; il faut qu'on ait fait ou d’étranges fautes, ou que les Français soient des lévriers qui se soient battus contre des loups. Luc n'avait pas vingt-cinq mille hommes, encore étaient-ils harassés de marches et de contre-marches. Il se croyait perdu sans ressource, il y a un mois; et si bien, si complétement perdu, qu'il me l'avait écrit; et c’est dans ces circonstances qu’il détruit une armée de cinquante mille hommes. Quelle honte pour notre nation ! Elle n’osera plus se montrer dans les pays étrangers. Ce serait là le temps de les quitter, si malheureusement je n’avais fait des établissements fort chers, que je ne peux plus abandonner.

Ces correspondances?, dont on vous a parlé, mon cher ange, sont précisément ce qui devrait engager à faire ce que vous avez <u la bonté de proposer, et ce que je n’ai pas demandé. Je trouve Ja raison qu’on vous a donnée aussi étrange que je trouve vos marques d'amitié naturelles dans un cœur comme le vôtre.

Si Me de Pompadour avait encore la lettre que je lui écrivis quand le roi de Prusse m'’enqguinauda* à Berlin, elle y verrait que je lui disais qu’il viendrait un temps où l’on ne serait pas fâaché d’avoir des Français dans cette cour. On pourrait encore se souvenir que j'y fus envoyé en 1743, et que je rendis un assez grand service; mais M. Amelot, par qui l'affaire avait passé, ayant été renvoyé immédiatement après, je n’eus aucune récompense. Enfin je vois beaucoup de raisons d’être bien traité, et aucune d’être exilé de ma patrie : cela n’est fait que pour des coupables, <t je ne le suis en rien.

Le roi m'avait conservé une espèce de pension que j'ai depuis

4. Le compliment dont il est question dans le deuxième alinéa de la lettre 3546.

2. Avec Frédéric, que Voltaire engageait, au mois d'août précédent, à faire la paix.

3. Mot dont La Fontaine enrichit notre langue, en 1680, dans sa satire intitulée le Florentin.

quarante ans‘, à titre de dédommagement; ainsi ce n’était pas un bienfait, c'était une dette comme des rentes sur l'Hôtel de Ville. Il y a sept ans que je n’en ai demandé le payement; vous voyez que je n’importune pas la cour.

Le portrait que vous daignez demander, mon cher ange, est celui d’un homme qui vous est bien tendrement uni, et qui ne regrette que vous et votre société dans tout Paris. L'Académie aura la copie du portrait peint par La Tour. Il faut que je vous aime autant que je fais pour songer à me faire peindre à présent. Quant au roman ? que vous m’envoyez, il faudrait en aimer l'auteur autant que je vous aime, pour le lire; et vous savez que je n'ai pas beaucoup de temps à perdre. Il faut que je démêéle dans Histoire du monde, depuis Charlemagne jusqu'à nos jours, ce qui est roman et ce qui est vrai. Cette petite occupation ne laisse guère le loisir de lire les Anecdotes syriennes et égyptiennes.

Puisque vous avez un avocat nommé Doutremont*, je changerai ce nom dans la Femme qui a raison; j'avais un Doutremont dans cette pièce. Je me suis déjà brouillé avec un avocat qui se trouva par hasard nommé Gripon : il prétendit que j'avais parlé de lui, je ne sais où.

M. le maréchal de Richelieu me boude et ne m'écrit point. Il trouve mauvais que je n’aie pas fait cent lieues pour l'aller voir.

Aux Délices, 19 novembre 1751.

Vous devez, dites-vous, vivre et mourir en roi; Je vois qu’en roi vous savez vivre :

Quand partout on croit vous poursuivre, Partout vous répandez l’effroi. 7 A À revenir vers vous vous forcez la victoire; Général et soldat, génie universel, | Si vous viviez autant que votre gloire, ET Vous seriez immortel.

Sire, je dois remplir à la fois les devoirs d’un citoyen et ceux d’un cœur toujours attaché à Votre Majesté, être fâché du mal

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