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L'abbé de Bernis et l’abbé de Clermont

cile. Je serai enchanté de le voir, lui et son aimable mentor. Mais pourquoi suis-je à la fois si près et si éloigné de la mère? Pourquoi me suis-je interdit Genève? Pourquoi ne suis-je plus jardinier ? Je devrais vous faire ma cour tous les jours, et je serais le plus assidu de vos courtisans si mon goût décidait de mes marches. Mais vous étendez votre empire sur les absents comme sur les présents. Personne ne sent plus tout votre mérite, ne vous est attaché plus véritablement et avec plus de respect que le Suisse V.

Aux Délices, 25 mars.

Vous m'apprenez que je suis mort, Je le crois, et j'en suis bien aise; Dans mon tombeau, fort à mon aise, De vos vivants je plains le sort.

Loin du séjour de la folie,

Des rois sagement séquestré, J'apprends à jouir de la vie

Du jour que je fus enterré.

Me voilà revenu à mes Délices. Je ne peux pas Ôter de la tête des prêtres l’idée que j'ai été votre complice. Je me recommande contre eux à Dieu le père, car, pour le fils, vous savez qu’il a aussi peu de crédit que sa mère à Genève. Au reste, on peut fort bien n'être pas l’intime ami de ces messieurs, et vivre tout doucement. Je suis très-fâché que vous ne veniez pas voir vos sociniens en allant en Italie, très-fâché que vous ayez abandonné l’Encyclopédie, et encore plus fâché que Diderot et consorts ne l’aient pas abandonnée avec vous. Si vous vous étiez tenus unis, vous donneriez des lois. Tous les cacouacs devraient composer une meute; mais ils se séparent, et le loup les mange. J'ai recu depuis peu une lettre du cacouac roi de Prusse; mais j'ai renoncé à lui comme à Paris, et je m’en trouve à merveille. Allez voir le pape, et tàächez de repasser par les Délices; j’en ai fait un séjour qui mérite le nom qu'elles portent. Je ne crois pas qu’il y ait sur la terre un être plus libre que moi. Voilà comme vous devriez vivre. Vous avez déjà la plus grande réputation que mortel puisse avoir; mais le roi de Prusse en a aussi, et n’en est pas plus heureux. Je prie Dieu qu'il n’en soit pas ainsi de vous. Mon grand philosophe, soyez à jamais libre et heureux; je vous aime autant que je vous estime.

(Grûüssau, mars 11.8.)

J'ai reçu votre lettre de Lausanne, du 22. En vérité, tous les panégin:u que l'on prononce pendant la vie des princes me paraissent aussi see: que les ex-voto offerts à des images qui cessent de faire des mirades: « après tout, qui sont ceux qui apprécient la réputation? Souvent les tx de nos adversaires font tout notre mérite. J'ignore s’il y a un Turretn;:sonnier ? à Berlin. Si cela est, il peut retourner à sa patrie sans que :£coure le moindre risque. On dit que vous faites jouer la comédie aux Su il ne vous manque que de faire danser les Hollandais. Si vous vouliez :: un Akakia, vous auriez bonne matière en recueillant les sottises qui &* dans notre bonne Europe. Les gens méritent d’être fessés, et non p& pauvre président, qui pourrait avoir fait un livre sans beaucoup l'esau:e mais ce livre n’a fait ni ne fera jamais dans le monde le mal que fonties «Fr tises héroïques des politiques. S'il vous reste encore une dent, emphie-! à les mordre: c’est bien employé. Les mauvais vers pleuvent ici, ma” grandes affaires de votre comédie sont trop respectables pour que je ‘evous distraire par ces balivernes. Adieu. Je suis ici dans un couvea' " l'abbé dira des messes pour vous, pour votre âme, et pour vos com"

Aux Délices, 4 avril

Mon cher et respectable ami, je ne devrais être étonné de riet à mon âge. Je le suis pourtant de ce testament. Je sais, à ‘tt pouvoir douter, que le testateur‘ était l’homme du sacré «ok qui avait le plus d’argent comptant. Il y a sept ou huit ans l’homme de confiance dont vous me parlez lui sausa cinq ® mille livres qui étaient en dépôt chez un homme d'affaires d le nom ne me revient pas; c’est celui qui se coupa la gorge po faire banqueroute, ou qui fit croire qu’il se l'était coupée. eut le temps de retirer les cinq cent mille livres avant cette be aventure.

Certainement, si M de Grolée® ne se retire pas à Grepobk.

1. Œuvres de Frédéric le Grand, Berlin, 1852, tome XXII, page 19. — #3 lettre est tirée de la Bibliothèque de l'Ermitage de Saint-Pétersbourg-

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