‹ Œuvres complètesChapitre 63 sur 475 · Horace, livre IL, ode vin, vers · texte numérisé non relu

Horace, livre IL, ode vin, vers

m'assure que vous êtes parti de Venise après l'avoir instruite ; que vous allez à Rome et à Naples. On me fait espérer que vous pourrez faire encore un voyage en France, et repasser par Genève; je le désire plus que je ne l’espère. Vous trouveriez les environs de Genève bien changés; ils sont dignes des regards d’un homme qui a tout vu. Je n’habite que la moindre maison de ce pays-là ; mais la situation en est si agréable que peut-être, en voyant de votre fenêtre le lac de Genève, la ville, deux rivières!, et cent jardins, vous ne regretteriez pas absolument Potsdam. Ma destinée a été de vous voir à la campagne, ne pourraisje vous y revoir encore?

Ella troverà difficilmente un pittore tal quale lo vuole, e più difficilmente ancora un impresario, o un Swerts, che possa far rappresentare un opera conforme alle vostre belle regole; ma troverà nel mio ritiro des Délices, un dilettante appassionato di tutto ci che scrivete, e non meno innamorato della vostra gentilissima conversazione.

Je suis trop vieux, trop malade, et trop bien posté pour aller ailleurs. Si je voyageais, ce serait pour venir vous voir à Venise; mais si vous êtes en train de courir, per Dio, venite a Ginevra. Farewell, farewell ; I love you sincerely, and for ever.

Aux Délices, près de Genève, 12 juillet.

Madame, mon attachement, ma sensibilité extrême pour tout ce qui intéresse Votre Altesse sérénissime, avaient prévenu la bonté que vous avez eue de daigner me parler de votre perte. Je suis persuadé qu’elle éprouve tous les jours de nouvelles consolations dans des enfants si chers, si dignes d’elle et si bien élevés. Elle les voit croître sous ses yeux; elle est témoin de leurs progrès. Ce sera là, madame, le plus solide plaisir de votre vie. D’autres vont le chercher à Venise et à Naples; mais le bonheur réel est dans vous, dans votre esprit sage et élevé; il est dans la satisfaction d’être aimée. J’y compte pour beaucoup la grande maîtresse des cœurs; je me flatte que les alarmes sur sa santé sont évanouies.

On a reconnu, dans Paris, que les Mémoires de M”* de Main-

1. L'Arve et le Rhône. Voltaire parle d’un troisième fleuve (l'Aire) dans sa lettre à Adhémar, de juillet 1757. 2. Éditeurs, Bavoux et François.

tenon sont autant d’impostures, et que ses lettres, qui sont véritablement d'elle, ne contiennent pas beaucoup d’anecdotes intéressantes. Je suis persuadé qu’un esprit comme le vôtre s'amusera peu de tous ces détails inutiles.

La prise de Port-Mahon et les nouveaux traités occupent l'Europe davantage. Un homme de l’Académie des sciences, à Paris, nommé l’abbé de Gua, a voulu la faire trembler. Il a prédit un tremblement de terre pour le 9 de ce mois ; je me flatte qu’il n’aura pas été prophète.

Ce fameux Tronchin, qui a été à Paris inoculer nos princes et guérir tant de personnes, est chez moi actuellement avec une de mes nièces, qu’il a tirée des portes de la mort. J'aurais bien voulu qu’il eût été à Gotha dans ses voyages : c’est véritablement un grand homme; mais je suis encore plus incurable qu’il n’est habile. Il faut se soumettre à sa destinée. La mienne, madame, est d’être dévoué à Votre Altesse sérénissime et à toute votre auguste famille, avec le plus profond respect et le plus tendre attachement.

Aux Délices, 16 juillet.

Mon cher ange, on voit bien que vous ne m'écrivez pas les secrets de l'État, car vous m’envoyez vos lettres sans les cacheter. M. Tronchin, le conseiller de Genève, voit que vous attendez toujours avec impatience une tragédie ; il y a grande apparence que la sienne! sera la première que vous aurez. Je vous servirai un peu plus tard. Il est permis d’être lent à mon âge. Vous me pardonnerez bien de préférer quelque temps Louis XIV aux héros de l'antiquité. Je ne pourrai être absolument à leurs ordres et aux vôtres que quand j'aurai mis le Siècle de Louis XIV dans son nouveau cadre.

Souffrez que je me défie un peu de toutes les anecdotes ; celle des campements du prince Eugène, depuis le Quesnoi jusqu’à Montmartre, est plus que suspecte. Comment veut-on qu'on ait pris à Denain ce projet de campagne? Le prince Eugène n'avait pas son portefeuille dans les retranchements de Denain, où il n’était pas. Je ne veux pas ressembler à ce La Beaumelle, qui répète tous les bruits de ville à tort et à travers, qui paraît avoir

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