Éditeur, Th. Foisset
3. Ceci parait marquer le commencement des rapports de Voltaire avec de Brosses. Ils sont plus caractérisés dans une lettre de ce dernier à M. de Ruffey, en date du 14 octobre 1756.
« Je n'ai guère pu profiter, écrivait-il, de l’agréable voisinage de Voltaire, n'ayant passé qu'une soirée à mon aise avec lui, Tronchin, Jalabert et d'Alembert, l'encyclopédiste, qui s’y trouva. Nous nous ajournâmes à un grand diner pour le surlendemain. Mais, l'une de ses nièces étant tombée malade à l’extrémité, la partie ne put avoir lieu. Elle a toujours été fort mal, de sorte que je n'ai vu l'oncle que deux autres fois depuis, et assez succinctement. »
4. C'est d’après M. Clogenson que je date cette lettre du 12 septembre; avant lui, elle était datée du 21. (B.)
$. Voyez la lettre de J.-J. Rousseau, n° 3219.
driez enfin dans votre patrie. M. d’Alembert vous dira quelle vie philosophique on mène dans ma petite retraite, Elle mériterait le nom qu’elle porte si elle pouvait vous posséder quelquefois. On dit que vous haïssez le séjour des villes ; j’ai cela de commun avec vous. Je voudrais vous ressembler en tant de choses que cette conformité pût vous déterminer à venir nous voir. L'état où je suis ne me permet pas de vous en dire davantage.
Comptez que, de tous ceux qui vous ont lu, personne ne vous estime plus que moi, malgré mes mauvaises plaisanteries! ; et que, de tous ceux qui vous verront, personne n’est plus disposé à vous aimer tendrement.
Je commence par supprimer toute cérémonie.
Aux Délices, 43 septembre ? …
Priez bien Dieu, madame, avec votre chère amie, Mr de Brumath, pour notre Marie-Thérèse : et si vous avez des nouvelles d'Allemagne, daignez m'’en faire part. Notre Salomon du Nord vient de faire un tour de maître Gonin; nous verrons quelles en seront les suites.
On dit que la France envoie vingt-quatre mille hommes à cette belle Thérèse, sous le commandement du comte d’Estrées, et que cette noble impératrice confie trois de ses places en Flandre à la bonne foi du roi. Les Hollandais n’auront plus pour barrière que leurs canaux et leurs fromages. Ne seriez-vous pas bien aise de voir Salomon à Vienne, à la cour de la reine de Saba? Je suis bien étonné qu’on m'attribue le compliment à la Chèvre*; c’est une pièce faite du temps du cardinal de Richelieu. Je ne suis point au fond de mon village, comme le dit le compliment ; et il s'en faut beaucoup que j'aie à me plaindre de cette Chèvre.
Je n'ai à me plaindre que de Salomon; maïs j'oublie tous les rois dans ma retraite, où je me souviens toujours de vous.