DE SAINT FRANÇOIS DE SALES
Insérée dans les Mémoires de Trévoux pour l'histoire des sciences et des beaux-arts, juillet 1736, lie part., page 282 , art. LXXIX.
On ne peut trop louer le vertueux ecclésiastique dont vous m'avez montré la lettre. Je gémis avec lui sur la dévotion presque éteinte parmi nous. Je crois, comme lui, que la lecture plus commune des ouvrages de saint François de Sales serait un remède efficace au mal. Dieu a choisi le saint évêque de Genève pour être et l'apôtre des calvinistes et le docteur de la dévotion. Ses écrits respirent la charité dont son cœur brûlait; on ne peut les lire sans sentir couler dans son âme une onction céleste, qui vient sans doute de l'auteur de toute grâce. L'Église, instruite des desseins de Dieu, exhorte tous ses enfants à se conduire par les conseils du saint : Ejus dirigentibiis monitis , dit-elle dans son office. Elle assure que les ouvrages de saint François de Sales ont répandu une lumière plus sensible parmi les fidèles, et qu'ils montrent une route aussi sûre que facile pour arriver à la perfection chrétienne. Scnjptis cœlesti doctrina refertis Ecclesiam illustramt, quibus iter ad christianam perfectionern tutwn et planum demonstrat. 11 n'y mène point les âmes par des chemins écartés , trop élevés, au travers des précipices. La charité, l'humilité inséparablement unies sont les guides qu'il donne ; la douceur aplanit le chemin ; la conformité à la volonté de Dieu , la ferme espérance dans sa bonté , y font marcher avec tranquillité , avec joie. On a dans ses écrits le suc, Tessence de la morale des livres