A UNE DAME MARIÉE A UN SÉNATEUR
Il l'exhorte à se donner tonte à Dieu . l'assurant que c'est l'unique bonheur.
17 août 1611.
Madame ,
Le souvenir de vos vertus m'est si aggreable, qu'il n'a pas besoin d'estre nourry par la faveur de vos lettres; elles vous acquièrent néanmoins une nouvelle obligation sur raoy, puisque je reçois par icelles et beaucoup d'honneur et beaucoup de contentement, de voir que non seulement vous avés réciproquement mémoire de moy, mais que vous Tavés aggreablement; aussi n'en sçauriés-vous conserver pour personne qui ayt plus de sincère affection pour vous, a qui je souhaitte continuellement devant nostre Seigneur mille be' nedictions , et celle-là sur toutes et pour toutes , que vous soyés toute parfaitement sienne : soyez-le , Madame, de tout vostre cœur, car c'est le grand , ains l'unique bonheur qui vous puisse arriver; et si , Monsieur le sénateur n'en aura point de jalousie, puis que vous n'en serés pas moins sienne, et en recevra de l'utilité , puis que vous ne sçauriés donner vostre cœur a Dieu que le sien n'y soit engagé.
Je suis. Madame, mais je suis de tout le mien, vostre, etc.
1 Tirée du monastère de Saint -Nicolas du Chardonnet. C'est la 24 1^ de la coilecuun-Blaise.
^9S LETl'RES SPIRITUELLES
CLVfl.
LETTRE