A LA MÈRE FAVRE
Il la loue de l'humble aveu qu'elle lui a fait d'avoir manqué de charité envers une personne, et l'exhorte à se réconcilier parfaitement avec elle, et à supporter les défauts de tout le monde.
18 décembre 1615.
Il est certes vray, ma chère Fille, vos consolations me consolent grandement , mais sur tout quand elles sont fondées sur une si ferme pierre comme est celle de l'exercice de la présence de Dieu. Chemines donq tous- jours ainsy
* C'est la 360e de la collection- Biaise, et la 53« {al. 46«) du livre IV des anciennes éditions.
VE S. FRANÇOIS HK SAl-ES. 529
près de Dieu ; car son ombre est plus salutaire que le soleil.
(Je n'est pas mal fait de trembler quelquefois devant ?eluy en la présence duquel les Anges rnesmes trémoussent^ quand ilz le regardent en sa Majesté ; a la charge toutefois que h saint amour, qui prédomine en toutes ses œuvres, tienn-^. aussi tous-jours le dessus , le commencement et la fin de vos considérations.
Yoyla donq qui va fort bien , puisque ces petitz esclain de vostre esprit ne font plus leurs saillies si soudaines, et que vostre cœur est un peu plus doux. Soyés tous-jours fidèle a Dieu et a vostre ame. Gorrigés-vous tous-jours de quelque chose ; mais ne faites pas ce bon office par force , ains taschés d'y prendre playsir, comme font les amateurs des exercices champestres a esmonder les arbres de leurs vergers.
Nostre Seigneur sans doute suppléera a tout ce qui vous defaudra d'ailleurs , alfin que vous puissiés faire une plus parfaite retraitte auprès de luy, pourveu que ce soit luy qva vous aymiés , que vous cherchiés, que vous suivies. Aussi faites-vous, je le sçai, ma Fille; mais faites-le donq bien tous-jours, et me recommandés a sa miséricorde , puisque de tout mon cœur je suis vostre très affectionné serviteur, etc.
* Au lieu de : Aussi, comme le vçulent toutes les éditions, ne seroit-U pas mieux de lire : Ainsi?
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