‹ Œuvres complétes Volume 10Chapitre 69 sur 79 · DE LA MÈRE FAVRE A S. FRANÇOIS DE SALES · texte numérisé non relu

DE LA MÈRE FAVRE A S. FRANÇOIS DE SALES

Elle lai rend eompte de ses peines, tant intérieures que corporelles et extérieures, et de la disposition de son âme.

Monseigneur et mon très cher Père ,

Que puis-je vous dire de moy? Je ne vois que croix en mon chemin. Outre les imperfections de mon esprit, je commence a ressentir importunément le contre-poids de mon corps , etc.

Nous vivons dans les incertitudes , rebuts et humiliations de telle natui^e , que je ne sçais quelquefois où nous en vjmmes. Vostre pauvre grande fille a bien besoin d'estre .'ortitiée. En ces rencontres journalières de mortifications, ie n'ay maintenant nul sentiment de courage , ny quasi dp. confiance, bien que , grâces a Dieu, je ressente tous-jours en la pointe de l'esprit de i'atiection a tout ce qui arrive , parce que je le vois comme chose permise de Dieu pour m'humilier. Il faut advoùer, Monseigneur, que tout ce qui se passe conduiroit fort a l'humilité quiconque en feroit son profit. Il me semble que le fruict que nostre Seigneur nous

■^ Tirée de la Vie de la mère Favre. par la mère de Chaugi. C'est la Ô64« de k collection-Biaise.

veut faire tirer de la est un dénuement de toute chose créée, et l'affection de ne tenir qu'a luy seul. J'ai de tems en tem,^ ces veuës avec quelque sentiment , et d'autres fois je les ay sans aucun goust ; et d'ordinaire je vis sans satisfaction. Dieu vueille que ce soit a sa gloire , et cela me suffit.

CGXLIV.

LETTRE

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