DE S. FRANÇOIS DE SALES A UNE DE SES FILLES SPIRITCELLES
EfTets contraires de l'amour-propre et de ramowr de Dieu ; cœur de Jésus, motif pressant d'aimer le prochain.
Au commencement de 1616.
Quand sera-ce que cet amour naturel du sang , des convenances , des bienséances , des correspondances , des sympathies , des grâces , sara purifié et réduit a la parfaite obéissance de l'amour tout pur du bon playsir de Dieu ? Quand sera-ce que cet amour propre ne désirera plus les présences, les tesmoignages et significations extérieures , ains demeurera pleyuement assouvy de l'invariable et immuable asseurance que Dieu luy donne de sa perpétuité? Que peut adjouster la présence a un amour que Dieu a fait, soutient et maintient? Quelles marques peut-on requérir de persévérance en une unité que Dieu a créée? La distance et la présence n'apporteront jamais rien a la solidité d'un amour que Dieu a luy-mesme formé.
Quand sera-ce que nous serons tous destrempés en douceur et suavité envers nostre prochain ? Quand verrons-nous
* Tirée de la Vie du Saint , par le père de la Rivière. C'est la 36oe de la collection-Biaise.
^> •'^' LETTRES SI'IIUTUELLES
îes âmes de nos prochains dans la sacrée poictrine du Sauveur ! Helasî qui regarde le prochain hors de la, il co^irt fortune de ne l'aymer ni purement, ni constamment, ni .-sgaiement ; mais la, mais en ce lieu, qui ne l'aymeroit, q:n ne [e supporteroit ? qui ne soufFriroit ses imperfections? qui le treuveroit de mauvaise grâce? qui le treuveroit ennuyeux? Or, il est ce prochain , ma très chère Fille, il est dans le sein îi dans la poictrine du divin Sauveur ; il y est comme très aymé, et tant aymable que Tamant meurt d'amour pour luy, amant duquel Famour est en sa mort, et la mort en son amour.
CGXLV.
LETTRE