LUI
LETTRE
A MADAME DE BRKCHARD, SUPÉRIEURE DE lA VISITATION A MOULINS
Vers 1618.
Ma chère Mère, Ma chère Fille,
Ce n'est que pour simplement vous saluer et asseurer que je me presseray le plus que je pourray pour bientost vous revoir, et espère que ce sera avec nostre mutuelle consolation et de toutes nos seurs mes chères Filles. Cependant persévères courageusement a porter et supporter celles qui se treuveront foibles ; et croyes moy, ma chère Fille, ma Mère, que N. S. a qui vous estes toute, vous en
1 Cette lettre étoit restée inédite jusqu'à ce jour. Elle nous a été communiquée par M. Houet, aumônier du Sacré Cœur à Rennes, qui l'a copiée sur l'original même que possède aujourd'hui M. Guilloux, curé de Corps-Nuds. M. l'abbé Guillouy tient cet autographe, ainsi que celui de la lettre n® GXIV, page 335 du fome précédent, de la main de M. Tabbé Bossard, ancien Supérieur du Séminaire de Grenoble, et décédé Chanoine de cette ville en 1833. Voir sur l'abbé Bossard Y Ami de la Religion, tomes XXXII et LXXXII.
Sur le verso du deuxièmefeuillet de la lettre autographe, se lit l'adresse, écrite de la même main : f
A Madame Madame de Brechard à la Visitation.
Sur le verso du l*"" feuillet on a écrit : Laitre escripte de la min du bienheureux François de Sales. Elle est du reste sans aucune date.
On ignore ce que veut dire a Bons, par oii se termine la lettre, telle qu'elle nous a été transcrite, et que nous la reproduisons ici. Il est fait mention cependant d'une dame de Bons, qua.\\{]ée ôe Madame nostrg seur y dans la lettre du 13 juin 1614 (voyez, tome VII, page 251) ; ailleurs, d'une fille de Bons, etc. Voyez ce mot à la Table générale des matières.
sçaura un grand gré. Je le supplie qu'il vous comble de force, de douceur et de bénédiction, et toute cette chère trouppe de Filles qui me sont pretieuses comme la prunelle de mes yeux. A Dieu donq, ma très chère Fille, ma Mère, continues d'aymer en N. S. celuyqui est en luy très cordialement tout vostre
F. a Bons*.
LETTRE
A MADAME DE MAYRENS^
Saint François s'excuse d'être parti de ia Savoie sans l'avoir vue, et la prie de n'attribuer l'omission de ce devoir qu'à la force des circonstances et non à un sentiment d'ingratitude.
Madame ma Seur,
Ne pensés pas, je vous supplie, que je sois party de Savoye sans vous voir ni par bravade ni par mesconnoissance du devoir que je vous ay ; non, ce fut par contraincte et pour ne pouvoir pas fayre autrement. Treuvés bonne cette excuse, et ne laissés pas de continuer a m'aymer et a prier pour moy et pour mon retour, qui sera quant et quant que j'auray donné soin aux affaires que jesuisvenu traitter en cette cour. Tenés vous allègre et me tenés en vostre bonne grâce et en celle de... Monsieur mon frère.
Je souhaitte mille bénédictions a mon petit neveu et a
1 Ou peut-être PariSy ce mot est à peu près illisible.
* Communiquée par M. le comte de Sales, ambassadeur de Sardaigne près la cour de France. C'est la 327« inédite de la collection-Biaise. Quoique cette lettre soit sans date, nous jugeons convenable de la rapporter à l'époque du dernier voyage du saint évêqup à Paris.
3 La même que madame de Cornillon. Voyez la Maison naturelle de S. Franc, de Sales.
VOUS aussi qui estes ma bonne seur, et je suis, s'il vous plait,
Madame,
Vostre très humble et affectionné frère et serviteur,
François de Sales.
P. S. Quand vous verres mesdames de La Faverge et de Limognon, de grâce, salués les bien humblement de ma part, et dittes a madame de La Faverge que M. l'Evesque a receu nouvelles des affayres de mon cousin son fils.
LETTRE '
A UNE RELIGIEUSE DE LA VISITATION
Le Saint se réjouit des progrès de l'ordre de la Visitation, et annonce le projet d'un établissement d'une maison à Turin.
3 décembre 1618.
Je salue vostre cœur de tout le mien, et vous prie d'aymer tous-jours bien ce vieux père, qui vous cher it, certes, de tout son cœur, de plus en plus, ma très chère Fille, et se resjouyt d'apprendre que, grâces a Dieu, cette mayson-la s'advance en humilité^ douceur, paix et amour divin. Qu'a jamais l'éternelle bonté soit bénie.
On parle fort de faire un monastère de la Visitation a Turin. Voyla, ma très chère Fille, comme Dieu multiplie et bénit Fœuvre qu'il luy a pieu de faire commencer par la petitesse et abjection de troys petites créatures, les-
' C'est la 453e de la collection-Biaise, et la 62. [al. Ik) du livre IV des anciennes éditions.